2018 - LA PREMIERE FOISCovidomètre 13A vrai dire ... je suis comme toi : je suis presque passé à côté. C'est l'un des avantages de la situation. Comme personne n'est là pour ronchonner pour le changement d'heure et parce que je ne regarde évidemment plus les informations télévisées françaises, oui je te l'avoue : j'ai failli ne pas comprendre pourquoi ce matin, il me semblait qu'il n'était pas aussi tard quand je me suis réveillé.

Pourtant, je m'étais couché un peu tard après mon marathon "Le Bureau des légendes" ... oui mais voilà, l'absence d'adhérence des sujets de conversation, ajouté aux faits que les discussions sont centrées sur le Covid-19 quand tu parles aux uns et aux autres et le fait qu'on ne sait plus trop quel jour on est ... bah voilà.

Ah ça c'est un sujet d'ailleurs ! Voilà quinze jours que l'on est bloqué, confiné et c'est exactement maintenant que je commence à ressentir les effets d'un déphasage social consistant à ne plus trop identifier les jours ouvrés, ouvrables et de repos. Oh bien sur, je télé-travaille donc je dispose d'une bonne boussole en la matière et je sais que dès demain, le tourbillon infernal repart [et à distance, c'est encore moins facile à gérer voire digérer] ... par hypothèse, nous sommes donc dimanche mais c'est vrai que c'est tous les jours un peu dimanche parce qu'on s'habille un peu tous les jours comme un dimanche [ou un samedi]. C'est d'ailleurs le pari à tenir : construire de nouveaux repères pour ne pas perdre le métronome du cadencement auquel nous sommes biberonnés depuis des années ... depuis l'origine !

Sociologiquement et psychologiquement, je pense que cela va être passionnant de voir comment la suppression radicale et sauvage des repères chronologiques d'interactions sociales vont modifier notre comportement quotidien. Et surtout, comment on va revenir audit métronome une fois qu'il faudra repartir comme en 14, le confinement achevé.

Ce matin, sous ma douche et après ma séance de sport quotidienne, voilà vers quoi je me suis perdu. La reprise sera difficile mais certainement plus que je ne l'imagine ou je le redoute parce que si le confinement a été une rupture totale, la reprise va clairement carboniser ceux [dont je pense que je suis] qui essayent de tenir bon le cap mais qui sentent bien que le sol se dérobe un peu sous leurs pieds. Oui, le déboussolement est fantastique parce que global : les champions de la mondialisation ne pouvaient rêver mieux puisque toute la planète [à part les connards qui se croyaient ou croient toujours qu'ils sont au dessus des contraintes imposées à tous] est en retraite forcée. A bien y réfléchir, c'est beaucoup cela. Et le fait d'être passé quasiment à côté de l'heure d'été [si chère à ceux qui adorent passer du temps dehors, faire des barbecues et autres ... bonjour les frustrations nouvelles !!] est révélateur d'une chose : on se fait très vite à une isolation sociale et l'on perd très vite les repères qui jalonnent nos vies. Moi, c'est un peu ce que je déteste le plus quand je pars en vacances : du jour au lendemain, tous mes repères changent et je mets un peu de temps à apprivoiser les nouveaux. Là, c'est pareil et je redoute clairement qu'une fois le confinement levé, la désorientation soit comparable à celle d'un retour de vacances où le fait de pouvoir se recentrer sur soi n'était finalement pas une mauvaise chose. On a le temps de s'y préparer [puisqu'objectivement, on ne sortira pas avant fin avril si ce n'est pas mi voire fin mai] mais oui, j'anticipe déjà que cela ne va pas être simple.

Curieuse année en tout cas ...
C'est d'ailleurs le sujet de la question du jour :

As-tu l'impression de perdre un peu la notion du temps depuis le début du confinement ?
Oui
Non

Tto, tout en questions