Hygiène mentale

Depuis que je suis rentré de vacances, j'essaye de capitaliser sur un truc tout bête, tout simple mais qui est très compliqué quand tu y regardes bien : préserver mon hygiène mentale.

Le propre d'un voyage en Antarctique, c'est qu'il t'oblige à couper de beaucoup de choses et particulièrement de sujets hystérisants, de pratiques un peu vaines et aussi mais surtout de réflexes qui n'ont pas franchement beaucoup d'intérêts quand tu envisages la facilité que l'on a à s'en détacher.

La pratique des réseaux sociaux comme la [sur-] consommation d'information figure au rang de ces petits trucs qui pourrissent un peu tout et dont je veux aujourd'hui encore me préserver, luttant un peu contre la force de l'habitude dans laquelle Zolimari est retombé la semaine dernière. 

Dès lors et alors que le péril jaune des gilets de la même couleur mériterait qu'il puisse être dit beaucoup de choses, alors que je croise ici et là des déclarations ou des postures impressionnantes d'infatuosité, de crétinerie et même plus puisqu'affinités, je fais le choix de me préserver de tout cela en ne regardant plus les informations télévisées, en tolérant doucement une heure d'information radio et en ne lisant plus rien d'autre sur des sujets qui trouveront bien une manière de se régler, même si la consultation publique lancée en ce moment mériterait peut-être que j'y participe. Je laisse les hystéries et les querelles de bac-à-sable là où elles sont et je préfère me concentrer sur autre chose, sur un ailleurs qui me correspond plus sans que cela ne veuille dire que je me désintéresse de tout. Mais là, non ...

Il en va d'un peu d'hygiène mentale et je sais bien que je finirais par retomber sur des comptes Twitter où le "moi je" est un crédo, où l'on mesure sa place dans le monde au nombre de likes sur une photo de sexe turgescent, où l'on provoque en disant n'importe quoi pour mieux se sentir exister. Je sais bien que je vais recroiser un journal télévisé où des reportages le disputent à la vacuité quand ils ne sombrent pas dans un populisme infantilisant consternant. J'imagine parfaitement que je vais finir par voir sur un écran un débat où les crypto-fascistes viendront expliquer que la négation de la démocratie est la forme supérieure de celle-ci, comme s'il fallait promettre le pire pour que les gens imaginent qu'ils auront davantage de maîtrise sur les éléments. J'espère simplement me préserver le plus longtemps possible des Barthès, Hanouna, Mélenchon, Corbière, Le Pen, Ferrand et toute la clique des saltimbanques qui ont fait de leur présence sur les estrades une raison d'être ou plus exactement un fonds de commerce. Ce faisant, les écrans complaisants de BFM-TV, C-NEWS ou toute autre chaîne d'information en continu abrutissant les consciences, je les évite soigneusement. Inutile de dire que mon compte Facebook est un truc que je n'utilise qu'à une seule fin.

J'ai à coeur de ne pas laisser ces saloperies me gâcher le peu de sérénité que je parviendrai à préserver s'agissant de ma vraie vie véritable. Aussi et c'est donc une chose que je veux : ne plus regarder les informations télévisées françaises, ne plus m'infliger des programmes télé abrutissants, ne plus parcourir des comptes Twitter sans intérêt. Depuis une semaine, la digue tient et cela démontre plusieurs choses :
1/ C'est possible
2/ Ça fait du bien
3/ Ça ne me manque toujours pas
4/ Ça libère l'esprit et du temps pour le reste

Je n'ai pas de doute que je replongerai mais pas pour rien et surtout pas pareil qu'avant. 

Tto, qui serine qu'il est serein