Question de feelingIl faut bien se rendre à l'évidence : avoir pulvérisé le quotidien de Zolimari en ne lui laissant finalement pas trop le choix de ne pas poursuivre une relation professionnelle toxique et destructrice s'avère vertueux.

Et je dois avouer que je ne m'attendais pas à percevoir, à ce point et dans une telle intensité, les premières externalités positives d'une telle trajectoire dont je suis intimement persuadé qu'elle est la bonne nonobstant les dénégations auxquelles j'ai fait face depuis des années.

Rien que sur le wikende qui vient de s'achever, la différence est flagrante, évidente sinon indiscutable. On a ri, joui, communiqué, partagé, échangé ... bien plus qu'à l'accoutumée ces derniers temps lorsque le tracas de boulot envenime tout et rend les angles plus saillants. Oui, j'ai trouvé énormément de plaisir à le mettre en boite sans qu'il ne soit obligé de m'en balancer des tonnes pour essayer de retrouver un peu d'applomb. On a regardé des choses à la télé, on s'est félicité d'avoir passé deux heures à regarder un film sympa, on a joué à un jeu [qui a failli emporter l'ambiance parce qu'on a perdu et que ça l'a contrarié] pandémique, on a acheté des jeux dématérialisés [ce qu'il ne voulait pas faire], il a fixé comme je lui ai demandé mon dernier cadeau de Noël et rien ne s'est fait dans l'affrontement ou le combat.

Pfiouu, ça fait du bien quand même ! Ça fait d'autant plus de bien que c'était devenu moins fréquent qu'à l'accoutumée à raison de tout un tas de soucis.

Si samedi matin on était occupés à faire des bébés de façon fougueuse, dimanche matin a été l'occasion pour lui de me confier une crainte : que je regarde sa situation actuelle de façon péjorative et que j'en vienne à lui en vouloir de ne pas trop se décarcasser pour trouver un autre boulot. C'est là que j'ai pris ma voix de stewart et, sans forcer, je lui ai à nouveau expliqué ma démarche consistant à lui laisser du temps pour autant qu'il l'utilise pour se retrouver, pour déterminer la nouvelle étape professionnelle à laquelle il doit se consacrer et que cela soit vertueux tant pour lui que pour nous. Ce discours vaguement paternaliste a produit des effets rassérénants puisqu'il s'en est trouvé être apaisé quasi instantanément, soulagé que je ne le juge pas alors que lui trouve que ce n'est pas glorieux. "T'es-tu rendu compte de l'état dans lequel tu te trouvais quand je t'ai demandé de te débrancher ?" lui ai-je demandé ... sa réponse a traduit le fait qu'il n'en avait pas tant conscience que cela.

C'est pourtant vrai : le voir à la dérive à ce point et aussi apaisé présentement alors qu'il a des choses à mettre en place [ce qu'il a commencé à faire], alors qu'il prend conscience que ce que je lui raconte depuis des années est confirmé par des professionnels, alors qu'il voit tout l'intérêt d'un équilibre qui ne soit pas dicté par son impuissance à gérer des contingences professionnelles, alors qu'il réinvestit sa maison [notre foyer], alors qu'il exprime des envies qui soient davantage étrangères aux fuites habituelles, alors que je pointe obstinément et avec une rigueur décapante tous les écarts entre son discours et la réalité ... oui, c'est déjà un bonheur.

Je sais que le chemin est long, qu'il n'attend qu'une chose c'est d'aller mieux en claquant des doigts [ou en avalant une pilule comme il me l'a dit] ... cependant en ayant échangé avec lui ce matin, une chose est claire : il se sent plus léger, il voit que je vais mieux [malgré la demi-tonne de problèmes à gérer par ailleurs], il sent bien que tout est plus fluide et il accepte [enfin !!!] de s'appuyer sur moi et de ne pas y voir une altérité dans sa virilité.

Je crois beaucoup au pouvoir des externalités positives, au mouvement du feeling en d'autres termes. C'est précisément ce qui est en train de se mettre en place et il se pourrait bien que j'en sois ravi sinon très heureux.

Tto, gonflé à bloc