Le début d'autre choseC'est curieux cette sensation ... cette paradoxale impression d'avoir voulu quelque chose que l'on redoute par ailleurs parce qu'elle s'apparente à un saut dans le vide.

Bien sur, tout cela sera passager et la torpeur de la trêve des confiseurs actuelle n'aide en rien à combattre ce sentiment de flottement. Pourtant ce matin oui, je l'avoue : cela flotte et ce n'est pas le manque de sommeil [lié au fait que l'apéro de Noël d'hier soir s'est achevé au delà d'1 heure du matin] n'arrange rien non plus.

Aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie professionnelle puisque, si officiellement et administrativement j'ai changé de métier le 1er décembre dernier, cela s'est traduit ce matin par mon déménagement, mettant donc un peu de cohérence dans les évolutions jusqu'alors impalpables ourdies par mes soins au sein de la Compagnie chérie.

"Oui mais c'est positif non ?" me lance-t-on régulièrement ... Bien sur que c'est positif mais c'est aussi un pari : je change de bureau, d'assistante, d'équipe, d'étage, de positionnement, de perspectives, ... de métier même carrément puisque je ne serai désormais plus du tout aux prises avec les affaires juridiques que j'avais le délicat bonheur de gérer jusqu'alors. Oui, l'affreux responsable juridique que j'ai pu être pendant presque 18 ans a passé la main et j'ai fini de me lasser de faire des choses, de trouver des solutions impossibles à trouver, de concilier ce qui ne pouvait normalement pas l'être ou que sais-je encore ... oui je l'avoue : je suis fatigué de ce métier pour lequel j'ai été formé, que j'ai beaucoup aimé jadis mais vis-à-vis duquel la perspective d'évolution est quasiment nulle, a fortiori puisque l'on s'obstine à ne pas écouter ce que je suggère et qui se vérifie à chaque fois.

Aussi, j'ai répondu favorablement à une proposition faite un lundi matin de début avril ... "Je voulais te proposer un truc très personnel : j'ai très envie de travailler avec toi et que l'on collabore ensemble" m'a lancée la Secrétaire générale de la Compagnie chérie. Devenant son adjoint, c'est tout un tas de choses qui sont rendues possibles mais également une montagne de problèmes à affronter, des choses parfois sévèrement complexes qui vont me tomber dessus, de la politique interne et externe à manoeuvrer ... je crois que l'on m'a choisi parce qu'il semblerait que je sois "malin comme un renard sans que l'on s'aperçoive tout de suite de ce qui se trame" ... tout bon flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.

La transition fut plus longue que prévue, sans pour autant qu'elle permettre d'appréhender mon nouveau périmètre. J'ignore si cela sera pérenne ou non ... je suis clairement dans une expectative dont il serait prétentieux de dire qu'elle est sereine parce que j'ai quand même l'impression qu'il va falloir traverser l'atlantique en pot de yaourt sans rame mais j'avais envie et besoin de changement. Curieusement et alors que je devrais être tétanisé [parce que je ne déteste rien de plus que de voir des repères bien installés être bouleversés], ça va à peu près. Juste ce matin dans les transports, je me suis regardé dans le reflet de la vitre en me disant intérieurement : "Ah ouais quand même ... genre, je change de métier et je repars presqu'à zéro là." Ce n'est pas vraiment repartir à zéro et il y a des adhérences avec mon métier d'avant [raison pour laquelle on a pensé à moi] mais c'est clairement autre chose oui ... le début d'autre chose.

Tto, tout nouveau