the end

Toi qui me lit depuis longtemps ou pas, tu sais que je suis un garçon qui fait ce qu'il dit. C'est un principe et avec ce principe, il y en a d'autres qui m'autorisent à me regarder dans la glace tous les matins, avec cette mine plus ou moins fraîche, plus ou moins désirable, plus ou moins agréable.

Il y a dix jours, à la faveur d'un aparté avec ma Môman, je me suis contenu pour ne pas exploser, contenu pour ne pas hurler, contenu pour éviter de dire des choses trop radicales mais qui sont pourtant la stricte ligne de ce que je pense profondément. Elle m'a parlé de sa difficulté à gérer les relations avec ses soeurs ... Il parait qu'il y en a une qui la hait et l'autre perverse vient le lui dire histoire de la vandaliser un peu plus moralement. Après la guerre froide de l'été qui a permis d'échapper aux réunions artificieuses d'une famille qui n'a plus que le sang en commun et non plus les valeurs [pour certains éléments la composant de mon strict point de vue et au regard de mon histoire], on fait payer à ma mère son absence de soumission aux diktats et autres crises de caractère auxquels elle avait coutume de se soumettre. Discussions froides, sans saveur ... là où elle attend un peu de chaleur et de considération.

Dans de pareilles circonstances, la tentation qui est la sienne est de tout remettre en cause, y compris elle-même alors que le venin vient d'ailleurs et qu'il est le fait de celles qui ne se remettent pas de ne plus avoir d'emprise malveillante sur elle. Oui ma Môman a toujours été la plus faible des quatre, elle a pris cher pour cela et on voudrait qu'elle continue à servir de défouloir. Depuis des années, j'ai géré à distance ce match auquel l'un de ses beaux-frères a cru nécessaire de participer alors que rien ne l'y autorise et certainement pas son intégrité morale. Petit à petit, le bal a cessé et chacun a été mis face à ses responsabilités, les traîtres ont été confondus, les pervers narcissiques démasqués, les versatiles identifiés ... à telle enseigne que l'ai écrit ici même ce qui donna l'excuse en or à celle que je pensais si proche pour me trucider et m'acabler de l'origine des dissensions familiales [tout ce qui est excessif est misérable]. Et pourtant, je continue à écrire sur ces gens qui détestent que je dise ce qu'ils font, ce qu'ils sont ...
Aujourd'hui, il y a ceux qui font semblant et ceux qui ne font plus, j'appartiens à la seconde classe [qui n'en manque pas, elle].

J'ai eu de la peine à écouter ma Môman samedi me confier son désespoir, sa colère, sa douleur d'avoir tant fait pour ne rien recevoir à ce point. Je lui ai conseillé d'aller se faire aider et de cesser d'attendre une lueur d'intelligence qui ne viendra pas, d'arrêter de croire qu'elle sera entendue par des handicapés acoustiques qui se déchaînent et rivalisent de méchanceté primaire. Moi, j'ai cessé d'y croire et je m'en porte mieux : quand on attend rien, on n'est plus déçu.

Ça oui, on la subit pourtant cette famille [une partie clairement identifiée du moins, le reste étant très agréable] et c'est bien la raison pour laquelle je suis intransigeant à l'endroit de mes amis [ou prétendus tels] parce que je n'ai pas à subir mes amis [et inversement]. Ainsi en est-il de celui ou celle qui n'écoute pas ce que je lui dis, qui ne perçoit pas les alertes que je lance, qui continue à croire tellement amusant de me faire tourner en rond alors que j'ai cessé de rire depuis longtemps, attendant des réponses pour justifier d'un échange. En amitié comme en amour, j'aime l'équilibre ... il peut être absolu ou relatif mais il doit exister en sorte que les voies sans issue m'épouvantent. Alors oui, je me ferme, je reste sourd aux paroles qui ne sont pas suivies d'effet, je rejette les promesses de sincérité qui n'engagent que ceux qui les croient, je m'énerve à considérer qu'il ou elle adopte des comportements tellement éloignés et pitoyables de ceux que j'avais imaginé être les siens. Je suis un sentimental qui se remet mal de ses déceptions. Avec excès, je les assimile à des trahisons qui rend les choses irréparables.

Zolimari me dit que je suis dur, cruel et impitoyable : dur oui, impitoyable oui mais cruel non ... je ne peux pas forcer les gens à être intelligents et ne pas me traiter avec considération et courage. Moi, je suis faillible mais je m'explique toujours. J'exige qu'il en soit de même en retour et oui, j'ai à coeur que mes exigences soient respectées comme ma personne. Quid d'une relation amicale de plusieurs années au cours de laquelle j'en arrive à la conclusion que je ne sais rien, que rien ne m'est dit franchement en dépit des questions précises posées ? Quid d'une relation qui ne favorise l'échange que si moi je parle d'abord ? Quid des promesses qui ne sont jamais tenues ? Moi non, je ne me satisfais pas d'une centaine de caractères pour jouer l'esquive en permanence [ou inonder tout le monde sauf moi de bonjours aussi stériles qu'inutiles], je déteste les questions de confiance qui n'ont pas lieu d'être, je ne supporte plus les incantations qui ne sont jamais suivies d'effet : mes amis ont tous les droits, sauf celui de me décevoir. S'ils le font, je les place sous surveillance au purgatoire [comme expliqué ici] et si j'en arrive à conclure à l'impasse, je m'en sépare avec un zeste de cruauté en effet parce qu'ils m'auront blessé. Ainsi, ceux qui ne parlent jamais ne pourront s'étonner que je ne leur parle plus, ceux qui esquiveront en permanence ne sauraient s'offusquer de mes évitements qui ne sont que la monnaie de leur pièce.

Benjamin et ChrisBi passèrent une fois au purgatoire et sont parvenus à rattraper le coup, parce qu'ils m'ont prouvé que le malentendu n'en était véritablement qu'un et que mon impression méritait d'être dissipée. Les autres ne l'ont pas voulu par manque courage ou tout simplement parce qu'ils ne m'appréciaient pas tant que cela, sinon ils auraient fait ce qu'il faut. Ils ne me manquent pas, ils me sont aussi différents qu'un POTIMARRON puisse l'être comparé à une pomme de terre ... voire même, ils n'existent plus.
Je ne demande pas grand chose, juste un équilibre et j'en donne toujours les recettes pour qui veut bien les entendre.

Le seul avantage de ma famille est celui-ci : construire des amitiés solides qui vont plus loin que la superficialité ambiante d'un tweet ou d'une discussion creuse qui ressemble à de l'eau tiède.

Tto, exigeant mais intègre

Le mot du premier logo

POTIMARRON : Groupe de cultivars du potiron, d'origine japonaise (où il est appelé kabocha). Leur forme et leur goût leur ont valu le surnom de Courges châtaignes.