2014 - REQUISITOIRECe qu'il y a de bien avec RMC, c'est qu'on est jamais déçus et que le niveau n'a pas vocation à remonter malgré l'auto-persuasion de contenus de qualité déversée régulièrement. En faisant passer l'ex-périphérique monégasque de moribonde à success-story à coups de jingles accrocheurs et signatures nombrilisées et exacerbées, Alain Weill [ex-directeur général du Groupe NRJ] se meut tous azimuts pour aspirer les points d'audience de ses concurrentes, tant à la radio qu'à la télé où BFMTV se gargarise d'être la première chaîne info de France. Success story ...

C'est surtout l'occasion de prendre une revanche pour nombre de ceux qui travaillent dans son écurie. Au rang de ceux-ci, Eric Brunet s'invente polémiste de droite, Marschall et Truchot font de la libre antenne etl'Himalaya est atteint avec les après-midi sport où RMC recycle des consultants qui agonisaient au café des sports. Evidemment, tout ce petit monde est réemployé aussi en version télé pour que BFMTV [raillée comme étant BFN-TV] profite du "talent" des jouteurs qui parlent fort dans le micro pour faire entendre les vérités du bon sens ma pauv'dame et la logorrhée du "on va vous dire ce qu'on vous cache". En la matière, Jean-Jacques Bourdin est orfèvre ...

Parce qu'Alain Weill l'a compris, il faut aller chercher des noms [Brigitte Lahaie n'est évidemment pas recrutée pour ses thèses de sexologie], en faire des marques et déverser tout cela dans des grilles de programmes horizontales à coups de blocs de 2, 3 ou 4 heures propices à permettre l'intervention-défouloir de l'auditeur pour combler la vacuité de l'émission. C'est la stricte transposition de la mécanique américaine qui personnalise à l'excès les shows radio et télé. Alain Weill n'a rien inventé, il a juste tout copié minutieusement [jusqu'à l'habillage de sa chaîne info]. en porte-étendard de ce rouleau compresseur, il a positionné Jean-Jacques Bourdin, venu de RTL où son petit caractère avait fini par lasser. L'avantage d'arriver sur RMC, c'est que le champ de ruines permettait de tout reconstruire comme il l'entendait ... ce qui fut fait.

BOURDIN

Tel un TYRANNOSAURUS rex, il a tout fait valser et a imprimé une ligne : celle de l'indépendance, de l'incorruptible, du parler vrai, de la compassion surjouée, de la mégalomanie et d'un populisme tellement navrant que l'animateur pulvérise le fait d'être infatué au plus haut point jusqu'à faire en sorte qu'il n'y ait plus de mots pour caractériser le melon, au delà de la caricature. Et c'est finalement par la caricature que Bourdin a perdu ses petits nerfs, lui qui comprend tellement tous les plus malheureux [on évitera de préciser qu'il ne vit pas en HLM à Sarcelles] au motif que les imitations de Nicolas Canteloup sur Europe1 étaient agaçantes. Et tellement il était énervé qu'il allait venir casser la gueule à Canteloup devant Europe1, comme un homme un vrai parce qu'il est sévèrement burné Bourdin. Le pourfendeur de la langue de bois et le chantre de l'interview sans concessions dévoilait ainsi son visage de gros beauf qui ne supporte pas que l'on se prosterne devant lui à raison des incantations qu'il se fait à lui-même [il se targue d'imposer ses conditions d'interview même aux plus puissants] ...

"Ce Canteloup commence à me fatiguer d'ailleurs et si ça continue comme ça je prendrai les décisions qu'il faut. J'irai l'attraper au collet et j'irai lui dire ce que je pense ! Je ne pense pas que ça soit un homme, franchement."
"On verra si c'est un homme à un moment donné ou à un autre, on verra. Moi, si ça continue, je vais à Europe 1, je vous le dis, dans les studios et puis on réglera ça publiquement. Je vous le dis !"
C'est admirable pour un donneur de leçons qui érige en valeur cardinale la liberté d'expression !

Enfin le langage de vérité pour celui qui tient la matinale la moins écoutée des généralistes, celui qui devait faire la différence en intimant l'ordre à François Hollande de venir dans son studio [et on a bien vu que ... la différence était dans la tête de Bourdin], celui qui accumule les approximations et les raccourcis pour se faire comprendre d'un auditoire nourri à cela, celui qui est au journalisme ce que Marine Le Pen est à la politique : un auto-proclamé anti-système qui se gave de celui-ci.

Entendons-nous bien ... je ne dis pas que Bourdin a tort sur tout, je considère juste que la posture de chevalier blanc lui va très mal, lui qui oublie de parler du lobbying des antennes auxquelles il participe pour préserver les intérêts de son patron, lui qui trouve normal d'admonester le Président de la République de "menteur" parce qu'il ne vient pas sur son plateau, lui qui fait virer son directeur de la rédaction parce qu'il lui a chipé l'interview confession de Cahuzac.
Ses ennemis, on les connaît Elkabbach en tête qu'il accuse d'être corrompu au plus haut point mais il faut toujours se méfier des Fouquier-Tinville qui haranguent les foules avec leurs vertus, à l'instar de Savonarole ils se révèlent souvent bien pire que le mal qu'ils dénoncent en surfant sur la bêtise de ceux qui leur donnent un tant soit peu de crédit.

Tto, Réellement Moins Capable d'entendre ça

Le mot du premier logoTYRANNOSAURUS : Genre de dinosaure théropode appartenant au clade des Tyrannosauridae et ayant vécu à l'extrême fin du Crétacé campanien et maastrichtien, il y a environ 65 à 70 millions d'années, dans ce qui est actuellement l'Amérique du Nord. Tyrannosaurus rex, dont l'étymologie du nom signifie « roi des lézards tyrans », est l'une des plus célèbres espèces de dinosaure et l'unique espèce de Tyrannosaurus si le taxon Tarbosaurus bataar n'est pas considéré comme faisant partie du même genre. Tyrannosaurus fut l'un des derniers dinosaures non-aviens à avoir vécu jusqu'à l'extinction survenue à la limite Crétacé-Paléocène il y a 65 millions d'années.