Rien ne va plusTu sais ce que l'on dit ... la casino gagne toujours. C'est un peu ce que je me dis ces derniers temps en envisageant, au prix d'une métaphore qui ne vaut que ce qu'elle vaut, ma vie comme une partie de craps ou de roulette.

Par la force des choses [et le mot "force" n'est qu'un doux euphémisme], j'en suis à m'en remettre au hasard. La maîtrise, jadis mise en érection comme le paratonnerre protégeant de tout ou presque, n'est plus qu'une illusion mal fagotée qui ne convainc plus beaucoup, ton serviteur d'abord. Il faut dire que les fronts sont nombreux, divers et procèdent avec une intensité telle qu'on me demande avec incrédulité comment je tiens encore debout. Moi-même, j'en suis à m'étonner certains matins de parvenir à me lever.

S'il n'y avait que le travail ... mais non, la conjuration des angoisses redouble de férocité, comme à chaque fois que je m'incline, que mon genou se rapproche du sol pour trouver d'autres appuis que ceux qui se révèlent inefficaces à la longue. Je ne comprends pas certaines attaques personnelles, je ne comprends pas les distorsions entre le discours et la réalité, je ne comprends pas les faux semblants, je ne comprends pas le besoin du rapport de force, je ne comprends pas les déséquilibres ... et finalement, au delà de ne pas les comprendre, je ne les accepte pas.

Je ne vais pas régler mes comptes ici mais une chose est sûre : je m'épuise, a fortiori quand l'issue est de faire comme si, de feindre la normalité alors que c'est tout le contraire. Ou alors, s'il m'est intimé l'ordre [un de plus] d'accepter la distance, d'exiger que je sois plus affectueux et de ne pas réagir quand je fais un bisou, de se moquer de ma fatigue, alors non, je ne me soumettrai pas à de tels diktats toxiques qui viennent en négation de ce que je suis, de ce que j'exprime, de ce dont j'ai besoin. Comme je l'ai dit lundi, je me sens de trop, je ressens le trop.

Je ne gère pas le déclin, je ne sais par quel bout le prendre, qu'il s'agisse de mon propre état de forme, de mon couple, de mes parents, de mes rêves, de mes envies ... de ma vie en général. Oh on me dira que je ne me rends pas compte de la chance que j'ai et je ferai mieux de me contenter de ce que j'ai. Mais entendons-nous bien : je n'écris pas ces lignes pour recevoir un nouveau jugement, collectionner une nouvelle étiquette. J'écris ces lignes parce que la peine est ma nouvelle compagne. En me demandant ce qui résumait le mieux l'instant présent hier soir en écoutant Imani, le mot "peine" est apparu comme le plus approprié. Tout me peine. Rares sont ceux qui voient, chez moi, l'exacte peine qui me ronge ... préférant se réfugier sur l'image inaltérable, prétentieuse ou que sais-je encore. C'est simple : j'ai tellement d'étiquettes sur le dos que je peux ouvrir une épicerie des défauts. Je me moque donc de celles et ceux qui me taxent d'enfant gâté, je me suis séparé depuis longtemps de ces "bienveillants" qui adoraient essayer de déboulonner ainsi la statue qu'ils avaient érigé eux-mêmes. 

Sans verser dans le catastrophisme, tu serais étonné(e) de la relative vulnérabilité qui est la mienne et étourdi(e) de la fragilité qui me ronge. Les crétins appellent cela de l'hyper-sensibilité parce qu'il faut bien mettre des mots à la mode sur des choses qui n'ont pas grand chose à voir, comme si les mots ne voulaient rien dire. Je m'en fous de tout cela, je me moque de ce que l'on pense, de ce qu'il faudrait être ou encore des convenances artificieuses dont on m'impose le joug. Moi aujourd'hui, je suis dans la peine parce que rien ne m'en extrait. 

La roulette tourne, la boule finira bien par s'arrêter sur un nombre, une couleur ... et j'empocherai un gain ou pas. Ce n'est finalement plus que du hasard tout ça. Et c'est peut-être ça mon problème aussi.

Tto, qui aimerait bien déjouer