C BaddouLe croisant [le moins possible, mais hélas c'est presqu'inévitable quand on regarde France 5 ou qu'on écoute France Inter], je me suis demandé ce qui faisait que je n'ai jamais accroché à la bestiole médiatique qu'est Ali Baddou ...

Voilà des années que des garçons en chaleur en ont fait des caisses sur le fait qu'il était beau, que son sourire gna gna gna et que dans les Canal boys c'était le plus désirable ... ah la la, la belle époque Canal où il ne fallait pas grand chose pour plaire aux minets en mal de tout. Ali Baddou, franchement, je n'ai jamais trouvé cela fantastique ni même au niveau d'une médiocrité élémentaire. Bah non ... mais pourquoi ?

D'abord, et c'est un procès d'intention pur et dur, Ali Baddou transpire de sa propre superficialité et de la satisfaction qu'il a de lui-même. Quand on se pique de conduire des entretiens politiques que l'on a encore moins travaillé que Léa Salamé, cela relève de la performance ... mais finalement, le but n'est-il pas d'entretenir le teint d'Ali Baddou à la lumière des projecteurs des studios qu'il arpente ? Franchement, en l'écoutant conduire des interviews, c'est presque gênant devant tant d'amateurisme.

Sur la satisfaction qu'il éprouve vis-à-vis de lui-même, c'est pareil ... c'est gênant. Il rigole de ses propres saillies sans véritablement embarquer d'autres convives que ses chroniqueurs parce que le Monsieur se pique d'être chef de bande à la faveur de productions paresseuses qui imaginent que les crash-tests de l'époque Canal n'avaient pas déjà été suffisants. Cela rend la sauce profondément indigeste, le plat de nouilles trop cuites presque repoussant et sans saveur [c'est un peu le propre des productions de Pierre-Antoine Capton comme "C à vous" et autres trucs du genre].

Pour autant, est-ce la faute des productions ou est-ce consubstantiel à Ali Baddou ?
Arf ... ce serait si simple de le victimiser. Sauf que Baddou est de cette espèce de petits chroniqueurs à la sauce Canal qui se sont pris pour des stars parce qu'ils ont eu leur carton sur les soirées de la chaîne où les substances aidaient à perdre pied par rapport à une réalité pourtant tenace. Victime de la purge Bolloréenne, Baddou a trouvé asile sur le service public après avoir déjà rempli nombre de page de la presse people, à la faveur de son histoire romanesque avec Mazarine Pingeot, avec Charlotte Le Bon ensuite, à la faveur du fait qu'il a été le professeur d'Emmanuel Macron à Sciences-Po, à la faveur de postures germanopratines si convenables au Café de Flore où l'on cultive un entre-soi si convenable et rassurant. Tellement rassurant qu'Ali Baddou a été emporté par le scandale des achats de permis de conduire [dont il a expliqué ensuite qu'il regrettait un tel délit] ... oui, finalement, Ali Baddou est un homme chanceux [il est également bien né ... sa famille étant l'exemple même de la notabilisation marocaine] : malgré une batterie de casseroles qui ferait éclat chez Téfal, il survit toujours avec des performances éditoriales discutables et des audiences qui ne sont pas folles. Baddou, c'est un peu le joker gênant, le type qui embarrasse mais dont le sourire un peu niais décourage d'être trop méchant, le Fogiel passé à l'eau de javel des prétentions, l'incommodante conscience d'une caste dont il a tout fait pour lui ressembler et qui le nourrit bien [un peu trop depuis quelques années d'ailleurs].

Je le revendique, je ne le supporte pas ... comme je ne supporte finalement pas grand monde de la clique Canal de la période 2000-2010 où les impostures sont légion. C'est dit même si on s'en fout.

Tto, qui n'en fait pas un réquisitoire mais pas loin