Quoi de mieux que d'aller à la source pour dresser des statistiques qui ne veulent rien dire ? Bienvenue en 2022 [encore une belle année de n'importe quoi] avec son cortège d'inepties ridicules mais qui témoignent d'une chose : on remplit toujours le vide avec la vacuité.

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Gleeden, le site dédié aux rencontres extra-conjugales qui compte environ 2,5 millions d'adhérents en France, s’est amusé à essayer de dresser des statistiques concernant les prénoms les plus portés par ses membres. Combien de Martine, combien de Jean-Edouard, combien de Dominique qui nique nique et s'en allait tout simplement routier, pauvre et chantant. De toute façon, en tous chemins, en tous lieux, il ou elle ne parle que du bon Dieu. Bref ... 
Par un truisme pseudo scientifique qui ravit les handicapés du bulbe, Gleeden infère de ce recollement un classement des prénoms les plus répandus chez les personnes réputées infidèles puisqu'inscrites sur son site. 

La responsable de la communication de Gleeden, Solène Paillet, explique que "Le classement des prénoms les plus infidèles a été réalisé à partir des prénoms déclarés par nos membres lors de notre enquête. Sans surprise, les prénoms les plus portés par notre communauté sont des prénoms communément donnés aux bébés nés dans les années 70 dans les catégories sociales supérieures.".

Pas besoin de prendre mes grands airs suffisants pour t'expliquer que le nombre de biais dans cette méthode sont inversement proportionnels au nombre de sourires que Sylvie Vartan peut faire en une année [au risque évident de faire craquer les coutures d'onéreuses opérations de chirurgie esthétique qui s'apparentent à du gros œuvre de travaux publics]. Parce que bon, pour lire la suite des conclusions d'une telle enquête, il faut mettre de côté le fait que 2,5 millions de français ne sont pas les français, c'est même moins de 5% de la population majeure du pays ... pour significatif que soit le panel, il manque un peu de solidité. De plus, tu auras noté qu'il s'agit de déclaratif ... de sorte que l'étude se base sur des informations prétendument exactes parce que les utilisateurs d'un site permettant des infidélités les ont renseignées ainsi ... et évidemment que tout le monde sait ou se doute que lorsqu'on est infidèle ou sur un site de rencontre, on n'utilise jamais de pseudos ou d'artifices pour dissimuler son identité réelle, jamais. Enfin, on parle ici de personnes qui sont infidèles et se donnent les moyens de l'être et qui, sociologiquement, appartiennent à une classe d'âge dont on peut douter qu'elle couvre toute la classe d'âge potentiellement infidèle. En d'autres termes, s'inscrivent sur Gleeden, celles et ceux qui se ressemblent, appartenant donc à un segment de population dont on peut douter qu'il soit représentatif notamment chez les plus jeunes [dont, évidemment, il serait illusoire d'imaginer qu'ils puissent être infidèles], les moins plus jeunes [les premières années de relation étant évidemment un rempart absolu contre la tromperie conjugale] et les plus âgés. Et puis, que dire du fait qu'on prend ici en compte le couple hétérosexuel mais que le sujet est assez costaud aussi chez les couples homosexuels.
Bref, le panel est biaisé de tous côtés et c'est vraiment pour la blague qu'on peut maintenant se jeter sur la liste ...

Chez les filles, Gleeden te pointe du doigt si tu te prénommes [dans l'ordre] : Hélène, Julie, Anne, Catherine, Isabelle, Christelle, Alice, Juliette, Vanessa ou encore Clémence.

Chez les garçons gouvernés par leurs hormones, les plus infidèles sont [dans l'ordre] : Patrick, Stéphane, François, Pierre, Thomas, Alexandre, Geoffrey, Matthieu, Didier, Maxime.

Tu es dans la liste ? Souviens-toi des biais et de ton expérience aussi ... tu constateras qu'il y a tout de même des prénoms qui mériteraient d'y figurer, n'est-ce pas ? Oui je trouve aussi. Quitte à la jouer de façon empirique [et puisque je peux me targuer d'avoir connu les deux rives], je trouve qu'il en manque singulièrement puisque ma petite liste personnelle se vérifie assez régulièrement au gré des confidences des un(e)s et des autres. C'est comme ça ... c'est comme les prénoms qu'on aime et qu'on n'aime pas. Tout est subjectif ... l'essentiel est qu'on n'en tire pas des conclusions générales comme cette étude essaye d'en dresser. M'enfin, c'est quand même pas un hasard si "Salut Patrick" est une fameuse contrepèterie [Interversion des lettres ou des syllabes d'un ensemble de mots produisant un sens burlesque, souvent obscène comme chez Rabelais "femme folle à la messe" devient "femme molle à la fesse"].

Tto, qui sait