Critical-ThinkingContrairement aux apparences, cet endroit n'est pas fermé ... c'est simplement que le vent souffle trop fort en ce moment pour que je parvienne à poser des mots choisis sur ce qui me déstabilise.

Oui, les "souvenirs" en images qui remontent ici et là à la faveur d'algorithmes qui sont persuadés que je nage dans le bonheur sont autant de poignards qui élargissent la cicatrice déjà béante. Oui, la mémoire ne me laisse pas tranquille quand il s'agit de promesses auquel le naïf que je suis a cru. Oui, j'ai ce sentiment de l'impasse inextricable à laquelle se combine les frustrations de tous ordres.

Du coup, ici comme ailleurs, je me mure dans un silence qui est une protection. Oh, je te rassure, il est à double effet : ce silence me force à me retrouver avec moi-même [par la force des choses parfois] et ce ne sont pas les rencontres que je préfère. Mais qu'y puis-je puisque je suis délaissé, puisque je suis acculé, puisque je suis sous pression ? Rien ... c'est précisément cela, rien.

Alors oui, je me retire. Je rends les armes sur nombre de sujets qui m'atteignent et pour lesquels je me battais jusqu'à encore récemment. D'aucuns diront que je renonce, c'est surtout qu'à force de dire les choses voire même de les écrire après les avoir crantées méthodiquement et laissé du temps, je me rends compte que la patience que l'on exige de moi revient à me prendre pour le dernier des cons puisque j'alimente le crédit temps alors que rien ne sera au bout.

Cet été, j'ai été en pleurs une nuit quand, une fois encore, je ne pouvais pas dormir nonobstant le cadre assez majestueux de la chambre dans laquelle je me trouvais. Au bout de la quatorzième nuit d'affilée, les nerfs ont craqué et une amie à qui je m'en ouvrais m'a dit "Mais put***, quand est-ce que tu vas enfin penser à toi et arrêter de lui faire l'offrande de te sacrifier en permanence ?". 
J'avoue ne pas bien savoir comment répondre à cette question.

Lui, eux ... c'est un peu ce que me disait une psychologue cette semaine : "En fait, dans votre vie privée comme professionnelle, vous donnez tellement que vous équilibrez en demandant un peu de retour que tout le monde prend pour de l'exigence. C'est juste un retour des choses. La façon de couper cette logique, c'est de moins donner et d'aller directement à votre plaisir propre, à votre désir, à votre intérêt." C'est beau dit comme cela ... c'est juste que ce n'est pas naturel chez moi parce que je ne suis pas égocentrique ni nombriliste. Je ne me sacrifie pas, j'ai simplement conscience que dans une relation de quelque nature qu'elle soit, il faut donner pour recevoir. J'arrive aujourd'hui à la conclusion que je ne reçois rien de ce que j'attends, ou alors suffisamment pas assez que cela en devient irrespirable.

Ainsi en est-il de pratiquement tout autour de moi. Dès lors, faut-il croire que je ne sois pas le problème ? Bien sur que non et j'ai passé le wikende à m'interroger là dessus, à me remettre en question et arriver à la conclusion qu'à ce prix là, il y a une priorité à rééquilibrer et faire en sorte que j'existe plutôt qu'être nié ou préféré à des choses dont je pense qu'elles sont de moindre valeur que moi. Oh certes, c'est être infatué que de dire les choses ainsi mais c'est foncièrement ce que je pense : je vaux plus que les petites priorités des autres. Je mérite davantage qu'être sur un strapontin sur lequel on m'installe parce que c'est plus pratique. Au lieu de cela, je suis un peu le passager clandestin dont on n'écoute pas les paroles, dont on méprise les arbitrages, dont on relègue les opinions. Tout est histoire de considération : au delà de la façade, j'aspire à davantage d'authenticité puisque les paroles sont inconsistantes voire incohérentes.

Voilà ma mise au point à toi lecteur qui constate mon absence ici. Je n'ai pas envie de me déverser ici comme ailleurs, préférant perdre mon esprit dans des aventures de James Bond vues et revues, dans des jeux où j'échafaude des stratégies qui fonctionnent mais ne servent au final à rien. Ecrire ici reviendrait à faire des réquisitoires d'une violence telle qu'il est préférable que les mots soient enfouis. Heureux sont ceux qui sont persuadés savoir ou connaître ce que je pense : ils ne savent pas la chance qui est la leur de croire qu'ils font encore illusion à mes yeux. Ca sert à quoi de le dire ainsi voire de continuer à les protéger ? Je n'en sais rien.

Tto, amer