Diapositive4Aucune hésitation en la matière : l'été 2022 aura été certes le froid du reste de ta vie mais le plus enflammé depuis très longtemps. Tout brûle aux quatre coins du globe et c'est, évidemment, en raison de la démesure des espaces que c'est le plus impressionnant aux Etats-Unis.

En Californie, Yosemite a été ravagé et l'on a craint pour les Séquoias géants, figures emblématiques des grands parcs américains de la région ... héritage séculaire qui ne résiste finalement pas beaucoup face à la violence des incendies qui se propagent à la vitesse de l'éclair [éclair bien inutile pour assurer le démarrage desdits feux].

Les images sont nombreuses en la matière, spectaculaires au point qu'elles remisent les efforts des truquistes holloywoodiens au rang de vagues tentatives peu impressionnantes. C'est d'ailleurs ce qui est assez récurrent : le feu est fascinant même s'il est destructeur au plus haut point. C'est comme cela et c'est aussi ce qui explique le paradoxe maintes fois souligné du pompier pyromane.

Une maison entière est vue en flammes.Du côté de Yosemite donc, cela a brûlé et des vies ont été réduites en cendres à mesure que les flammes ont léché les pins, les murs et autres éléments qui, au quotidien, ne supposent pas de s'embraser. Ce désastre a été photographié et il ressort de ces clichés autant de fascination que de répulsion ... a fortiori quand on imagine ce qu'il advient une fois le feu de la flamme rassasié, quand il n'y a plus rien à brûler. Des charpentes qui finiront bien par céder quand le combustible aura cessé d'alimenter la fureur orange, des ombres calcinées, des formes dévastées ... les figures littéraires pullulent pour décrire chaque fois le démon infernal du feu qui saisit la vie.

Le cliché de droite est certes impressionnant mais probablement moins que celui qui sert d'illustration à ce billet. Les deux clichés ont été pris le 23 juillet 2022 à l'occasion de l'Oak Fire, quand le feu s'est déchaîné sur une maison sur Triangle Road dans le comté de Mariposa. Si à droite on observe assez bien la charpente de la maison, c'est surtout le déchaînement des flammes sur une table et une chaise qui me subjugue, cette modification de la photo idéale d'un salon de jardin Ikea qui est bouleversé parce que l'incandescence modifie tout jusqu'à la perception des formes et figure, finalement, l'enfer. C'est en cela que je suis fasciné par ce cliché redoutable et hypnotisant.

Une vue de l'intérieur d'une maison, vue de l'extérieur, complètement engloutie par le feu

Tto, qui s'enflamme