The Queen

Au premier jour du jubilé de la reine, je me suis demandé quel serait l'angle que je pourrais bien choisir afin de saluer la page historique majeure que le soixante-dixième anniversaire du début de son règne impose.

Comme tous les français, je suis nostalgique de ce système royal auquel nous avons mis fin en 1793 en coupant la tête du dernier des rois régnant plus ou moins directement depuis Clovis. Et comme tous les français, je suis pris dans cette contradiction séculaire de vouloir m'en affranchir et de le rechercher partout dès qu'une parcelle de pouvoir existe. C'est en cela que la monarchie britannique est fascinante et plaît tant. Ce que ses détracteurs appellent "la firme" vend à qui le souhaite l'image d'une monarchie qui, constitutionnellement, ne sert pas à grand chose mais demeure malgré tout la structure faitière d'institutions politiques fondamentales pour un pays morcelé à l'origine et qui constate aujourd'hui encore d'importantes fissures pouvant emporter le royaume sur lequel, jadis, le soleil ne se couchait jamais.

Bien que j'en ai rêvé dernièrement, je n'ai jamais rencontré la Reine mais pourtant je la croise tous les jours. Quelle est donc cette facétie qui ferait crever de jalousie Stéphane Bern ? Depuis que nous habitons là où nous habitons, Elizabeth II nous observe et je crois qu'elle préfère fermer les yeux sur ce qu'elle voit.

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C'est ainsi dans un cadre que son image existe, avec cette photo ultra connue de Chris Levine qui avait servi d'illustration pour l'affiche de l'exposition "The Queen, art & image" de 2012 à la National Portrait Gallery. Et nous l'avons installée pile à l'endroit où l'on ne peut pas la louper.
C'est ultra pop, totalement queen et tellement anglais que cela nous plaît et a fait d'Elizabeth notre colocataire.

Elizabeth II, je l'ai également collée sur le réfrigérateur avec ses jolies nuances arc-en-ciel à la faveur de tenues légendaires.

rainbow queen elizabeth II | tiaras and trianon

Tout cela pour dire quoi ?
La firme Windsor est parvenue, malgré les doutes et les fracas d'histoires familiales ô combien romanesques et romancées par une presse people qui s'en nourrit jusqu'à jouer et détruire ses incarnations, à faire d'Elizabeth II une figure pop par excellence et l'évidente récipiendaire tutélaire de la nostalgie monarchique du monde. C'est d'ailleurs d'autant plus vrai qu'on s'approche de plus en plus du Disneyland royal la concernant, comme les Grimaldi avaient réussi à créer un Disneyland princier à Monaco. J'avais lu jadis que, lorsqu'ils n'exercent plus le pouvoir exécutif, c'est là la seule voie de maintien pour les monarchies européennes à défaut de laquelle ils sont finalement marginalisés et désacralisés [comme en Belgique ou actuellement en Espagne].

Pour ce qui est du comment du pourquoi des soixante-dix ans de règne d'Elizabeth, tu trouveras bien ailleurs tout ce qu'il faut en savoir. Moi, je salue ce jubilé en regardant ce matin, un peu différemment, celle qui m'observe tous les jours sans croire que je ne vois pas que, de temps à autre, elle lève ses paupières pour ne rien rater de notre vie. C'est finalement cela qu'on imagine quand on est enfant, cette bienveillance attentive.

Tto, qui souhaite un joyeux anniversaire à la Queen