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J'ai toujours eu un rapport particulier avec la presse. Et ce n'est pas défiance dont je parle mais de mon appétit à son égard.
Déjà, il y a bien longtemps, je me ruais pour acheter quasiment tous les journaux les lendemains d'élection ou lorsque la veille avait été une date historique [chute du Mur de Berlin par exemple]. Du coup, j'étais devenu bien avant l'âge quelqu'un qui collectionne les vieux papiers, qui dévorait des articles et autres colonnes afin de savoir. J'avais six à sept ans.

Lorsque je me suis débarrassé de l'envie d'être journaliste [et c'est là que l'on remercie ce journaliste hautain et détestable qui m'expliqua tout ce qu'il fallait me dire pour me dégoûter de sa profession en quinze minutes d'échanges dans un forum des métiers], j'ai néanmoins continué mes petites habitudes et je me suis mis à lire un journal tous les jours. Et comme je suis un peu monomaniaque, j'en ai même collectionné tous les numéros : je parle du quotidien InfoMatin.

C'est à ce moment là que j'ai croisé Eric Zemmour d'ailleurs, jadis plus mesuré dans ses propos et, à la relecture, il serait amusant de le confronter à certains écrits. Bref, quoi qu'il en soit, la presse et moi vivons une grande histoire d'amour. A la fin d'InfoMatin, je n'ai pas fait comme tous les jeunes prétentieux étudiants en Droit qui s'abonnent au Monde et font semblant de voir là un premier marqueur social de leur évidente réussite, moi je me suis abonné à Libération. Nos relations durent passionnées avec le quotidien de la gauche : d'abord enflammées, nous nous sommes brouillés et, pour de vulgaires raisons liées au portage de mon journal tous les matins, nous nous sommes quittés en mauvais termes à une époque où le journal essayait d'exister en disant et écrivant à peu près n'importe quoi.

J'ai donc sombré dans le conformisme du centre droit à la Française en m'abonnant au Monde mais seulement pour l'édition du wikende, ce qui ravissait ma Môman qui trouvait là des idées saugrenues de tableaux et autres découpages. Comme l'humanité devait être protégée, cela n'a eu qu'un temps et, l'année dernière, je suis revenu chez Libération mais en version électronique pour éviter d'accumuler du papier. Corrélativement et depuis des années, j'ai été abonné à Têtu [je ne le suis plus parce que là, franchement, il ne faut pas trop m'en demander] et à pratiquement toute la presse LGBT au moins à un moment [mon petit dernier pêché mignon étant "Bulge magazine"]. Je ne devrais d'ailleurs pas te le dire mais je pense être l'un des rares qui dispose encore de la quasi intégrale des publications du magazine GaiPied [je te rassure, je ne les ai pas acheté moi-même sauf un numéro ... je les ai trouvés un jour chez un vendeur eBay].

En news magazine, j'ai été abonné à L'Express de la période Denis Jeambar [dont avant que Christophe Barbier ne fasse n'importe quoi]. En presse spécialisée, j'ai été abonné à Max, Première [que j'ai, depuis, remplacé par "La septième obsession" ... une pure merveille], Télé 7 Jours, Géo ou que sais-je encore.

Tout ça pour dire quoi ? Aujourd'hui, je me suis abonné au Canard Enchaîné. Cela faisait un moment que j'en avais envie et je me dis que cela vient idéalement compléter mes abonnements numériques actuels que sont Libération, attitude, DNA et Les Jours. Je ne te cache pas que je ne parviens pas à tout lire mais je me dis aussi que cela participe d'un mouvement philanthropique de soutien aux titres dont je pense qu'ils sont utiles. Bah oui, cela coïncide avec mes opinions et cela permet aussi à des titres de faire vivre la démocratie et le débat. En gros, c'est rendre utile ce qui m'est agréable. Autant dire que c'est quand même plus vertueux qu'une ponction de $9 par mois pour un OnlyFans qu'on arrive à craquer facilement ...

Tto, grand lecteur