17 maiC'est vrai qu'à la réflexion, voilà un moment que je n'avais pas écrit sur le sujet. Ne vois pas là la traduction d'un manque d'inspiration dramatique qui ferait que, du coup, je verse dans l'almanach des sujets programmés et arrêtés par des cellules marketing produisant des effets plus ou moins diffus sur les audiences déclinantes de ce blog ... non.

Mais oui, voilà longtemps que le 17 mai, je n'ai pas évoqué l'homophobie et tout ce qui l'accompagne généralement. Difficile de dire que le tour du sujet a été fait, c'est comme la connerie : on n'y parviendra jamais. Pourtant, et bien que la répétition fixe la notion, je crois que j'étais arrivé au bout d'un exercice en ayant puisé toutes les expériences personnelles que j'avais pu ressentir à cet égard.

Et puis, hier, au cours d'un déjeuner, j'ai trouvé le nouvel angle ... rien qu'en parlant d'autre chose. Nous parlions d'éveil aux sentiments des enfants et pré-adolescents et ma charmante amie de déjeuner m'expliquait que sa fille allait bientôt connaître l'étape décisive du premier baiser. De fil en aiguille, nous en vînmes à parler de tout autre chose ["The Voice" ... c'est te dire] et elle m'expliqua qu'elle y a vu quelqu'un qui lui fait penser à Zolimari. Du coup, elle a échangé avec sa fille à ce sujet, laquelle lui demanda si elle parlait bien de mon Zolimari à moi. Et la discussion se poursuivit lorsqu'elle lui demanda comment il allait. 

"Nan mais tu vois ... encore nous, on a enfin compris que tout ça on s'en fout. Mais les enfants d'aujourd'hui, ils s'en balancent encore plus ! C'est totalement intégré, ce n'est même pas un sujet." me dit-elle. Acquiesçant, je lui ai raconté comment j'avais trouvé simple et désarmant de facilité le fait que mon neveu et ma nièce ne calculent vraiment pas la difficulté qui justifie qu'aujourd'hui même on force le trait sur l'homophobie. C'est même d'autant plus certain que mon neveu m'a confié un jour "T'as raison Ttoton, j'vais faire comme toi parce que les filles c'est vraiment pénible".

C'est probablement cela la plus grande victoire : que la question n'existe plus. Mais c'est une victoire relative. Relative parce qu'elle n'est pas universelle au point que la condamnation de l'homophobie n'est pas devenue un standard dans le monde comme le Coca-Cola ou la télévision peuvent l'être. Relative aussi parce que même dans des pays dits "avancés", il demeure des poches de résistance entretenu par un fondamentalisme religieux, sectaire ou purement dogmatique qui trouve ses racines dans un refoulement qui n'est plus à démontrer. Relative toujours parce que des gens justifient par la liberté de conscience le fait de stigmatiser quelqu'un à raison de la personne qu'ils mettent dans leur lit, en cela entretenus par les théories délirantes de Zemmour ou d'autres crypto-prêcheurs voyant là l'apocalypse [et je ne parle pas d'un joueur du PSG]. Relative enfin parce qu'il se trouve toujours des gens pour feindre de tolérer et finalement faire toujours plus de mal en étant maladroits ... l'avantage de tout cela, c'est que la nouvelle génération démontre à l'envie qu'elle s'en fout et a intégré tout cela avec une facilité déconcertante quand certains croient encore qu'être homosexuel est un discrédit, une honte ou même un handicap relevant de la maladie mentale. C'est d'ailleurs parce que l'OMS a rayé l'homosexualité des maladies mentales un 17 mai que c'est aujourd'hui que le sujet est particulièrement partagé. Le hic, c'est que ce n'était qu'en 1990 ... la préhistoire pour ceux qui vont avoir vingt ans cette année, hier pour ceux qui ont pu penser [et pensent encore parfois] qu'ils ne sont pas comme les autres. Mais la question de l'homophobie intériorisée mérite un billet à part entière.

Tto, qui se rassure