vacances

En fait ... je te laisse les clefs [oui, je m'obstinerai toujours à écrire "clef" avec un f ... je trouve ça plus classieux] du pays et c'est n'importe quoi. Vraiment, hier assis sur mon siège d'aéroport, je me disais bien que je ne voyais aucune raison objective à rentrer ... voir ce qui s'est passé depuis quinze jours me le confirme.

Donc, pendant mon absence, Régine n'a pas survécu, Mélenchon croit faire la pluie et le beau temps sur la vie politique, Marine Le Pen n'existe quasiment plus et tu m'as privé de la seule raison qui aurait justifié que je ne rentre pas : l'élection présidentielle a conclu au résultat que j'annonçais depuis des mois sinon des années. Bah bravo !

Rien que lire les tweets de certains nombrils [qui n'ont pas dégonflé] qui ont toujours un avis sur tout et n'importe quoi, rien qu'entendre ce matin à la radio les considérations lunaires de boutiquiers terrorisés par l'enjeu de perdre leurs petits fonds de commerce, rien que voir la mauvaise éducation de certains français dès que tu mets le pied sur le sol ... oui bah tout ça, je te le dis : c'est pas franchement terrible.

Surtout, et comme à chaque fois, je retrouve le sentiment de remettre les pieds dans un pays faisandé qui se croit tellement supérieur alors qu'il fait n'importe quoi mais avec arrogance surtout. En comparaison, prendre le pouls d'autres sociétés, d'autres cultures remet sévèrement à sa place et remet des perspectives là où seules pénuries d’œufs et d'huile [si j'ai bien compris] obsèdent les pauvres français persuadés qu'ils ont un destin de maîtres du monde qu'on leur aurait volé alors qu'ils l'ont perdu. Oui, ailleurs, l'herbe n'est pas plus verte mais il y a, au moins, un peu moins d'égo de sorte que le marasme mondial rend les choses peut-être un peu plus supportable [ajoutons à cela des paysages paradisiaques et le fait qu'on s'en branle de ce que chacun pense sur ceci ou cela].

Figure-toi qu'en quinze petits jours, j'ai pris des distances qui m'ont fait du bien. J'ai même réussi à me convaincre que certaines devaient être durables parce qu'en fait, on ne se condamne à de telles nocivités que tout seul.
Je ne dirai pas que j'ai grandi, je ne pense que j'aille mieux mais loin de toi, cher pays, j'allais bien comme si le message était invariablement le même : m'emmener loin au bout de la terre, m'emmener au pays des merveilles, il me semble que la misère serait moins pénible au soleil [encore que ... il tape le soleil !!!].

Tto, de retour