2020 - LA PREMIERE FOISJ'ai toujours trouvé cette date étrange mais c'est celle qui a prévalu, ce jour d'hiver 2007 ... oui, aujourd'hui même, voilà exactement quinze ans que j'ai rencontré celui qui a changé ma vie.

"Tu as foutu ma vie en l'air ... Merci" lui ai-je écrit plusieurs fois pour fêter cet anniversaire qui n'est que l'un des nombreux auquel j'aime sacrifier avec le PACS et la mariage. Ces dates particulières ne seront jamais neutres dans mon esprit parce que je conserve un souvenir très précis de qui j'étais à e moment là, de ce que j'ai ressenti. Et là, le 30 janvier 2007, j'ai su au moment où la porte s'est ouverte que cela allait changer toute ma vie. Cela n'a pas raté.

Alors bon, voilà donc que Zolimari dispose depuis quatre ans de la palme : il est celui qui aura tenu le plus longtemps jusqu'à présent, celui qui aura su trouver les ressources pour combattre mon sale caractère, celui qui dispose des qualités susceptibles d'entretenir le désir et la passion malgré l'usure qu quotidien et la guerre de la vie de couple. Bah oui, pour celui qui était un handicapé de l'amour et qui ne croyait plus à ces histoires qui ne valent que pour les films, on peut reconnaître que si moi j'ai parcouru du chemin, le sien n'en est pas moins long.

Oh ce n'est pas un concours mais j'ai coutume de rappeler qu'avant de rencontrer Zolimari, ma vie était classique en apparence puisque je vivais avec la même femme depuis neuf années, que nous vivions ensemble depuis huit ans et que j'étais promis à avoir un destin tracé avec un peu trop de banalité. Du coup, en accord avec elle, j'avais pris des libertés pour aller taquiner certains garçons certains soirs jusqu'à ce que je tombe sur celui qui allait tout mettre par terre. En deux ans, nous avons appris à nous connaître, nous jauger, nous remettre en cause, que je fasse ma part du chemin qui devait m'amener vers le choix inéluctable parce que la double vie, même si elle est assumée, n'en est pas pour autant épuisante et dévastatrice. Ceux qui ne l'ont jamais fait croient justement qu'on profite de tout et tous en tout inconséquence, c'est quasiment tout le contraire et le sentiment de culpabilité n'en est que renforcé à chaque fois.

De son côté, Zolimari a laissé tomber les garçons de passage et la hantise des sentiments, à force que je lui suggère de construire, de se projeter ... que je l'attende et que nous parvenions enfin à évacuer ce qui nous encombrait. Sauf que pour arriver à tout cela, il fallait bien que tout commence et tout a commencé le 30 janvier 2007 [et l'on ne peut pas dire que je ne m'en doutais pas quand on lit ça], à 21h30 comme j'ai pu le raconter ici et encore ici. En relisant ces récits, j'ai toujours le même sentiment : cela n'aurait pas pu mieux se passer et je demeure bouleversé du charme qu'il a déployé ce soir là. Il m'a toujours dit qu'il n'a pas fait grand chose et que j'ai surtout été réceptif, c'est possible mais sans émission, la réception est impossible.

Quinze ans ... quinze années qui sont passées si vite et qui préfigurent au moins les quinze suivantes, le compteur n'ayant pas vocation à être limité. C'est peut-être cela de trouver sa moitié, son évidence comme je me souviens le lui avoir écrit un soir où je rentrais de chez lui le cœur gros de n'avoir pas pu rester entre ses jambes et ses bras. Oui, j'avais trouvé que c'était là le mot juste, une "évidence" bien que tout ne l'ait pas été totalement ni ne le sera toujours. Une évidence parce que l'équilibre instable qui prévaut à toutes les grandes histoires d'une vie a été trouvé ce soir là et les suivants. Une évidence parce qu'il a fait de moi ce que je suis aujourd'hui et je lui ai permis de devenir ce qu'il est aussi. 
Oui, finalement, cette formule est probablement la meilleure : j'avais une vie tranquille, classique et dépravée comme il le fallait et il a tout gâché en se faisant la place qu'il méritait : celle de l'homme de ma vie. Et pour tout cela et tout ce qui viendra, merci à lui.

Tto, qui a toujours été introuvable sur Meetic comme Grindr ou autres trucs du genre