Requisitoire AE LemoineIl est profondément injuste d'expliquer qu'Anne-Elisabeth Lemoine est une blonde qui rate tout ce qu'elle entreprend.

Oui c'est injuste parce qu'au delà du fait qu'elle est dans l'impréparation totale de ses émissions [ou alors, cela révèle une incapacité mémorielle quasi clinique], qu'elle démontre tous les jours son incurie quasi encyclopédique, qu'elle ne parvient même pas à lire des fiches que des stagiaires besogneux ont pourtant pris la peine de faire, qu'elle se révèle inapte à la moindre concentration et que, depuis quelques temps, elle cède à la facilité de rigoler grassement comme pour excuser à peu près tout ce que je viens d'énumérer comme si cela n'était pas un aveu consternant du syndrome de l'imposteur. Oui, ce serait injuste de résumer l'ancienne assistante de production de Marc-Olivier Fogiel [qui a décidément du nez, même avant la chirurgie esthétique, pour trouver ce genre de profil] à cela et de se lamenter de ce qu'est devenu l'émission d'infotainment de France Télévisions programmée en access primetime. On avait déjà une production un peu paresseuse [Pierre-Antoine Capton n'a jamais vraiment été autre chose qu'un financier marketeux qui a trouvé une bonne façon de faire beaucoup d'argent en faisant peu d'efforts], on pensait avoir touché le fond jadis ... et bien non. Patrick Cohen peut s'en désoler et son regard ne trompe pas, "C à vous" est devenu un fourre-tout depuis qu'on a mis une bouffone brouillonne en tpete de gondole.

Or, les gondoles se laisssent à Venise comme le rappellent les grands auteurs. Oui mais voilà, elle fait tellement sympa "Babeth". C'est la bonne copine toujours gauche, qui dit ce qu'il ne faut pas dire et qui comprend les blagues toujours trois minutes après tout le monde. Pour cela, elle dispose d'un joker qui lui sert de paratonnerre : elle est blonde. Elle a la larme facile, s'enthousiasme d'un bullot dont elle ignorait que cela se mangeait, confond toujours les prénoms et joue les paillassons de service quand on a envie de se défouler ou de rassurer explicitement son ego. A vaincre sans péril, on triomphe sans beaucoup de gloire. Oui, "Babeth" c'est la fille qui ne dérange pas mais qu'on ne regrettera pas quand elle trouvera son bonheur ailleurs, sinon en se rappelant du chapelet de ses bourdes et autres moments de gène qui la font tant s'esclafer avec une retenue si peu surjouée.

Flanquée d'un Cohen qui, par contraste, ferait presqu'autère alor qu'il n'apporte juste que du cadre et du fond, d'un Lescure qui ressemble de plus en plus à ce vieil oncle racontant toujours ses souvenirs de jeunesse [le syndrome Jean-Claude Brialy], de potentiels destins télévisés piochés dans le vivier de Delphine Ernotte, de recasés d'Europe 1 qui sont en roue libre tant le niveau est à leur portée, cela donne une mayonnaise qui a les avantages et les incovenients de la mayonnaise. Ca donne l'impression d'être consistant, ça aurait presque un peu de couleur, du goût même mais, à la digestion, c'est un peu lourd voire limite écoeurant si l'on en prend trop. Surtout la seconde partie de l'émission dont le manque de structure, en termes de production, est flagrant. Si le bavardage creux devait être un concept, ce dîner [qui n'est plus qu'un prétexte puisqu'on ne voit que Cohen se sustanter] devrait être déposé à titre de brevet. Il ne se passe rien et même le pauvre Bouaffsi délivre des chroniques dont l'indigence ferait presque honte aux anciens chroniqueurs de Morandini. On en est à recycler des images de bêtisier internet avec des chats qui tombent dans des baignoires. L'Hanounaïsation du PAF aura vraiment été une infection sourde dont il serait temps de trouver un vaccin.

Alors pourquoi s'infliger ça ? Parce qu'honnêtement, l'alternative Barthès contente d'elle-même et complaisante [et sous influence comme cela a enfin été révélé dernièrement] n'est guère meilleure, qu'Hanouna est absolument impossible à regarder tellement c'est mal produit, que les 20 Heures sont dans leurs rôles institutionnels et que le reste se disperse entre émissions scénarisées de télé dite réalité, qui n'ont aucun intérêt sinon d'engraisser des producteurs qui mettent des hyènes se gueulant dessus en les filmant, et des séries multidiffusées qui permettent seulement de caser des écrans de six muntes de publicité à l'horaire le plus lucratif. Ah si ... il y a la reprise de "En aparté" où là, on ne peut que se désoler de la superficialité. Tu me diras qu'il y a encore Elisabeth Quin et ses 28 minutes qui, hélas, a inventé le débat circulaire et est en pamoison devant  l'insupportable et verbeux Claude Askolovitch. Seul Xavier Mauduit sauve la barque mais trois minutes sur 45 [oui parc que les "28 minutes" sont hors taxes], c'est un peu trop peu.

Or donc,  ce serait injuste d'expliquer qu'Anne-Elisabeth Lemoine est à elle seule le naufrage dont on s'attendait quand on envisage la filiation de Marc-Olivier Fogiel avec les qualités humaines de ce dernier [sans parler d'un professionnalisme hors pair]. Non, ce serait injuste pour une raison qui tient de l'évidence. A elle seule, Anne-Elisabeth Lemoine réussit tous les soirs une chose qui tient de la prouesse : trouver que les attaques de Thierry Ardisson à l'encontre d'Alessandra Sublet étaient elles aussi injustes. Pour mémoire, celui qui a eu toutes les idées les meilleures que tout le monde depuis bien avant qu'on invente la télévision avait déclaré en 2012 : "Alessandra Sublet sur la chaîne du savoir [France 5], c’est quand même un comble. Elle glousse, elle ricane beaucoup. J’ai presque l’impression qu’elle ne fait plus que ça" puis en juillet 2013, sur Europe 1, "Elle fait un style d’animation où l’on rigole pour remplir le vide. On rigole, on rigole... Parfois, c’est quand on n’a pas grand-chose à dire. C’est sûr. Concernant Alessandra Sublet, je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Les gens n’osent pas le dire, je ne sais pas pourquoi. Quand on se souvient que [France 5] a été créée comme étant la chaîne du savoir, le fait d’y retrouver, tous les soirs, Alessandra Sublet, c’est un peu paradoxal".
Quand on regarde Anne-Elisabeth Lemoine, on se demande bien ce que Thierry Ardisson pourrait dire parce que c'est pourtant exactement cela de sorte que "Babath" réussit donc le défi de faire passer l'exaspérante Alessandra Sublet pour une bonne animatrice ou Cyril Féraud pour un twink cultivé. En cela, elle réussit au moins quelque chose ... c'est suffisamment rare pour être souligné.

Tto, catastrophé