2020 - LA PREMIERE FOIS

IWAK

Je me souviens de ce retour de Porto, de cet état aérien qui n'était pas seulement physique parce que j'étais dans un avion ... non, je flottais.

Il faut dire que j'avais assigné à ce voyage de quelques jours au pays des portugais qui ne le sont pas tous [... gays !] la mission de faire la lumière, de guider un CHOIX, de me montrer une voie qui évite, salutairement, de s'en remettre aux aléas d'une PIOCHE un peu incertaine. Oui, je n'étais pas allé à Porto pour visiter la ville [franchement, y aller en février n'est pas la meilleure idée qui soit pour visiter ... c'était donc pour autre chose].

Déjà, ce voyage m'avait permis d'honorer une promesse et j'avoue que j'y suis toujours autant attentif : je respecte le plus possible la parole donnée. Surtout, ce voyage devait me permettre de savoir et comprendre où j'en étais. Voilà deux ans que j'étais tiraillé entre elle et lui, deux ans que j'avais cru que je serai plus malin que tout le monde à dompter les éléments et avoir le dessus sur ce que tous ceux qui l'on fait ont décri comme une belle ballade en plein Vietnam version 1970. Oui, voilà deux ans que je reculais l'inéluctable CHOIX, l'inexorable moment où le pivot ne pourrait plus attendre, l'immanquable addition à devoir payer quand on imagine que l'on peut vivre à crédit de façon aussi insouciante. L'alerte avait sonné quelques mois auparavant, on m'avait fait comprendre que le statuquo n'était pas possible et j'avais vacillé au delà du raisonnable pour la première fois de ma vie [au point de perdre 10 kg en trois semaines].

Le CHOIX ne consistait pas seulement à devoir arbitrer entre deux couleurs, deux modèles de chemise ou la fameuse alternative fromage ou dessert. Non, il me fallait désormais décider s'il devait être question d'aller vers lui ou de rester avec elle. La vie d'un jeune homme trentenaire bisexuel qui avait pris le soin extrême de ménager toutes les possibilités jusqu'au plus loin possible était devenue si compliquée qu'il n'était plus possible de différer, sauf à perdre tout, tout le monde et même mes points cardinaux intérieurs. S'en remettre au temps qui passe ou au hasard au moyen d'une PIOCHE métaphorique n'était plus possible : il était temps de prendre ses responsabilités et ce voyage devait permettre de le faire.

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé. Au creux d'une soirée à Porto, j'ai ressenti l'évidence : être avec elle là-bas était évidemment très agréable parce que je l'aimais encore mais c'est de lui dont j'avais envie et besoin. Ce soir là, j'avais imaginé le pire parce qu'il ne répondait pas immédiatement à des messages qui ne devaient normalement pas lui être adressés puisque je devais faire la lumière avec elle. Je me souviens aussi qu'elle avait essayé de me chauffer et que ma capacité à m'enflammer m'était apparue des plus étonnante parce qu'elle tranchait avec l'entrain qui était le mien d'ordinaire. Non vraiment, quelque chose était fini ...

Du coup, en arrivant sur Paris, lorsque l'hôtesse nous annonça que nous étions bien arrivés, mon CHOIX était fait. Par souci de ne pas être trop cruel, il ne fallait plus trop tarder puisque l'avenir était à envisager sans elle. Oui, sans recourir à la bonne fortune de la PIOCHE, j'avais compris que le CHOIX s'imposait même si, lui, ne me donnait aucun gage ni aucune assurance de ce qu'il en avait envie également après m'avoir plaqué trois mois plus tôt. Nous avions repris notre histoire pas vraiment à l'endroit où elle s'était arrêtée mais nous avions eu le plaisir de constater que nos corps étaient toujours aussi magnétiques et que nos vies avaient besoin l'une de l'autre. Sauf qu'entretemps, des habitudes avaient été prises et j'avais aussi, de mon côté, entendu des choses déplaisantes de la part de ceux desquels j'attendais un soutien plutôt qu'un enterrement de première classe. Souvent, on PIOCHE par excès de confiance à l'endroit de certaines personnes ... de sorte que cela aide à faire le ménage par la suite.

Quasiment jour pour jour un mois après avoir atterri, j'annonçais à mes parents que j'allais mettre par terre ma vie et l'image qu'ils sublimaient de moi, celui qui deviendrait Zolimari m'avait donné un dimanche soir le signe de ce qu'il était possible d'envisager à nouveau et plus densément quelque chose avec moi, je commençais à déménager mes affaires. Le CHOIX avait été fait et, si choisir c'est renoncer, je suis de ceux qui choisissent finalement peu au quotidien pour disposer finalement de CHOIX en titane lorsqu'ils sont faits. Zolimari m'a toujours dit que ce CHOIX avait été la plus belle preuve de mon amour pour lui en ce que cela avait matérialisé le fait que j'y avais cru. S'en remettre au hasard de la PIOCHE ou laisser le CHOIX à quiconque d'autre que soi-même n'aurait pas été à la hauteur de l'enjeu : il est des places que je me réserve dans ma vie que j'honore ... des places de CHOIX.

Tto, qui PIOCHE parfois par le fait de faire des CHOIX souvent définitifs