2020 - LA PREMIERE FOIS

Il faut se le dire, il y a des périodes de la vie où les choses sont éprouvantes et compliquées au delà du supportable, au delà du concevable, au delà de ce que cela devrait être tout simplement. L'année 2009 pour ton serviteur fut une période comme cela où, pêlemêle, j'ai expliqué à mes parents que j'aimais un garçon, j'ai rompu avec ma compagne avec laquelle je vivais depuis 11 ans, j'ai déménagé trois fois dans l'année, etc.

Oui, si les merdes volent en escadrille, les complications aussi. C'est ainsi que je vivais à Versailles à cette époque là, ce matin là. Nous étions le 14 juillet et j'étais attendu chez l'une de mes meilleures amies de l'époque [on ne se parle plus depuis]. Ce matin là, je me suis réveillé et je n'étais pas seul chez moi ... dans ce chez moi que j'avais investi quelques semaines auparavant alors que des cartons n'étaient pas encore déballés. Je vivais là oui, à quelques centaines de mètres de chez celui qui allait être Zolimari. C'est précisément lui qui était à côté de moi ce matin là. Je me souviens d'un temps estival [pour un 14 juillet, ce n'est pas étonnant mais cela mérite tout de même d'être souligné parce que ce n'est pas automatique]

Le corps de deux garçons donc était noyé de soleil, tandis qu'ils étaient étendus sur le lit futon que j'avais à l'époque, dans cette pièce qui donnait sur des arbres. Ah ça oui, le matin, il y avait de la lumière quand la météo était de la partie. Ce matin là, nous étions fusillés de photons et la discussion allait bon train sur la paresse et le devoir se lever alors que le jour férié était propice à l'oisiveté la plus coupable.

Et puis, au détour de quelques caresses et de soupirs traduisant l'absence totale de motivation pour se sortir d'un tel état qui aurait pu durer dix ans sans qu'on n'y trouve matière à redire, il commença à dire ...

- Tu sais Tto, notre vie comme ça, je me pose une question ...
- Ah ? Une question ?
- Oui, on ne vit pas loin l'un de l'autre. Je ne sais pas si c'est une bonne solution en fait parce que certains soirs quand je suis chez moi, on dirait que tu ne le vis pas bien.
- Bah je préférerais être avec toi, je te l'ai déjà dit.
- Oui mais ... on a deux appartements.
- Et ?
- Bah je me demande ... ce serait peut-être plus simple si ...
[Silence]
... si on faisait en sorte de n'en avoir plus qu'un.
- Hummm ... c'est quoi que tu es en train de me dire là ?
- Bah ton appartement est plus grand que le mien mais j'aime beaucoup le mien. Mais c'est vrai que ton appart' est plus agréable parce que chez moi, on n'arrivera pas à vivre tous les deux avec toutes tes affaires. En gros ... [soupirs], je pense que ce serait bien de ...
- ... de ?
- de vivre ensemble chez toi. Tu veux bien que je vienne vivre chez toi ?
- MAIS CARREMENT !!!!!
- Et puis, on va dire que c'est temporaire et que ...
- ... que ?
- Bah ça serait bien si on trouvait un plus grand appartement pour nous deux et que ce soit notre chez nous à tous les deux.

Je suis resté scotché. Comme ça, sans prévenir et sans rien voir venir, Zolimari venait donc de me demander en un matin très ensoleillé tandis que j'étais tout nu allongé à ses côtés, de vivre avec moi et qu'on achète notre appartement pour vivre ensemble. Quelques semaines auparavant, il était encore un handicapé de l'amour qui était incapable de se projeter et d'envisager de construire quelque chose parce qu'il ne savait pas faire. En termes de booster, j'ai rarement vu plus efficace, même dans les manèges à sensation.

Il a emménagé en septembre avec moi, nous avons ensuite déménagé en décembre après avoir acheté notre appartement. Oui vraiment, cette année 2009 a été des plus singulières.

Tto, qui s'en souviendra toute sa vie