2020 - LA PREMIERE FOISOh je sais ... tu vas me dire que tu fais bien comme tu veux et que, de toute façon, y a rien qui t'emballe. Fort heureusement, tu ne verseras pas dans le "tous pourris alors à quoi bon" parce que tu sais qu'il me révulse.

Le fait est qu'aujourd'hui, tu es appelé(e) aux urnes pour le premier tour des élections régionales et départementales en France. Et donc ?

Et bien, il y a une chose très simple : ne pas y aller, c'est aussi la fermer sur le fait que les résultats sont ceci ou cela, qu'ils te semblent comme ceci ou comme cela. Bref, ne pas y aller, c'est faire le jeu de ceux qui mobilisent le plus [traditionnellement, les extrêmes et donc les bruns de droite et les rouges de gauche] de sorte qu'il sera difficile de s'étonner ou de pleurnicher le soir où le résultat sera lourd de conséquence.

Je ne cesse ici, toutes les semaines quasiment, d'expliquer ce qui ne va pas et comment se jouent les parties politiques. Pourtant, je suis conscient d'une chose : le droit que je vais exercer aujourd'hui est le legs de générations m'ayant précédé qui ont versé leur sang pour que je puisse être amené à me prononcer sur le devenir des institutions. Présentement, les institutions régionales et départementales. Ne pas y aller, c'est une injure à ces luttes, c'est le mépris pour le sang versé afin d'arriver à cela.

Oui ... je sais bien que les listes ne t'emballent pas forcément mais voter, c'est choisir et choisir, c'est renoncer. En l'occurrence, je sais exactement à quoi il faut renoncer. Les idéalistes me diront que c'est dramatique de devoir choisir en écartant le pire et finalement en choisissant de façon négative, qu'importe : choisir, c'est toujours choisir. Demande donc aux coréens du Nord s'ils sont heureux de n'avoir pas à choisir, même négativement ... tu vas encore passer pour un occidental nombriliste qui n'a conscience de rien et n'imagine pas que le monde tourne comme il tourne. Oui, c'est d'aveuglement qu'il est question quand on se vautre dans de tels arguments pour expliquer qu'on n'ira pas voter parce que gna gna gna, parce que c'est nul, parce qu'on n'y comprend rien ou que sais-je encore.

Moi, je ne voterai pas pour ceux que je pense, en dépit de l'opinion personnelle que j'ai à leur égard, ne pas être des solutions et bien sur générer davantage de problèmes que nous en avons aujourd'hui. J'ai lu les programmes, j'ai parcouru quelques déclarations sans m'infliger de débats : oui, je sais quel bulletin je vais mettre dans l'urne vers midi. Pas de gaité de cœur mais vote-t-on avec la gaité du cœur ? On vote en responsabilité, on vote parce qu'on est investi du devoir de donner un sens collectif qui se dégagera par la majorité du scrutin.

Oui, nonobstant le fait que le vote ne soit pas obligatoire, j'infère que tu dois aller voter, tu dois avoir la conscience de décider même si le menu ne te plait pas : il y a toujours quelque chose qui te conviendra plus que le reste. Et si tout le monde faisait ça vraiment, Marine Le Pen ne serait pas au niveau où elle est aujourd'hui. Ce soir, nous totaliserons environ 60 à 70% d'abstention. Je ne comprends pas mais, au moins, cela nous évitera logiquement de ne pas écouter les complaintes et leçons de ceux qui auront préféré faire autre chose que de faire leur devoir moral de citoyen. Ah non, c'est vrai qu'ils auront l'outrecuidance de se croire autorisés à être dans l'incohérence totale parce que leur personne est forcément au dessus de toute démarche collective, au dessus du vote. Je ne les écouterai pas,  bien moins qu'hier.

Tto, qui a l'impression de rappeler des choses tellement élémentaires