2018 - PARTIES POLITIQUES

On en aura connu des plans plus ou moins construits, plus ou moins réfléchis, plus ou moins préparés. A l'heure où le complot est partout [la France Insoumise s'illustrant encore récemment en expliquant que le matériel pré-électoral n'est sciemment pas diffusé dans les boites aux lettres pour favoriser l'abstention] et où chacun se cherche des bonnes excuses pour expliquer sa défaite prochaine [ça les faisait tellement rire en novembre dernier quand Trump faisait pareil], le dernier thriller politique s'appelle Eric Zemmour.

On annonce un dîner à Londres pour lever des fonds [tiens, ça faisait gerber les patriotes en 2017 quand Emmanuel Macron avait fait de même, à l'instar de ses prédécesseurs comme Nicolas Sarkozy] fin juin pour tester la chose, on se pince le nez tous les soirs en écoutant le "polémiste" raconter n'importe quoi et construire des théories fumeuses sur à peu près tout et surtout n'importe quoi [mais ça a fait tellement rire Laurent Ruquier pendant des années ...], on ne s'étonne plus de rien et le venin s'instille dans l'opinion : Eric Zemmour pourrait bien être de la partie en 2022. Rassure-toi lecteur aux confins de la terreur, ce n'est pas pour être élu mais jouer de la courte-échelle.

Parce qu'enfin, s'il y a bien une chose qui semble cousue de fil blanc, c'est que l'extrême-droite dont sont issus 36% des invités de C-News [ce qui a, enfin, décidé le CSA à adresser une mise en demeure à la chaîne d'opinion continue qui ne procède plus beaucoup de l'information pour laquelle son cahier des charges et la concession attenante avaient été accordées] est en ordre de bataille. Le fangeux Mélencon fait mine de s'offusquer mais, en réalité, la coalition des extrêmes est en place, utilisant les théories du complot, les outrances contre les institutions de la République et les raccourcis tous plus nauséabonds les uns que les autres. Le clivage gauche droite a vécu disait Emmanuel Macron, la prophétie était donc vraie mais elle est remplacée par l'irréductible combat des extrêmes qui jure l'annihilation de l'autre camp au grand nom des principes et des intérêts supérieurs de la Nation et du peuple. Quel programme ...

Forcément, avec de tels clowns tristes et rageurs, on a hâte que le banquet s'achève en espérant qu'il n'en soit pas de même pour nous. Sauf que dans cette festivité macabre, il faut un troubadour, un menestrel apocalyptique, un Nosferatu de premier ordre dont l'apparence est à s'y méprendre. Eric Zemmour, infatué de l'influence qu'il exerce sur les benets qui adorent se nourir des sérénades cacophoniques faites pour les esprits simples, est donc celui-ci ... celui qui trace son chemin depuis plus de dix ans en faisant entendre sa voix et son crédo teinté de grand remplacement, de guerre des civilisations et de parfums d'une nostalgie illusoire correspondant à une France qui n'a jamais existé que dans les fantasmes d'une famille juive algérienne. La machine à polémiques, l'anchor-buzz qui fait les belles audiences de C-News, le matamor de la pensée unique cosmopolite, pas de doute : Eric Zemmour s'est arrogé une place qu'il confirme avec des chiffres de ventes d'ouvrages plus ou moins rigoureux sur "e suicide français" ou "le destin français", collectionnant aussi les plaintes et condamnations [et quelques relaxes] comme autant de scalps qui témoignent de sa lutte contre l'établissement dont il est l'un des parangons depuis plus trente ans.

892201Paratonnerre des idées d'extrême-droite qu'il contribue abondamment à diffuser en les rendant intellectuellement moins carricaturale que Jean-Marie Le Pen et ses nazillons, il est le vernis d'une logorrhée s'appuyant toujours sur l'islamophobie et les fantasmes classiques d'une droite réactionnaire que les indulgents qualifieront de bonapartiste, les autres de bien pire que celle du Rassemblent National ripoliné pour être présentable. Et c'est bien là le sujet : agir de conserve avec l'extrême-droite pour faire figurer Marine Le Pen comme moins pire que le dégueuli régurgité tous les soirs sur l'antenne de C-News devant une Christine Kelly aussi placide que complice, c'est bien là la stratégie de l'épouvantail. C'est même, finalement, assez malin et permet d'achever le recentrage de l'ex-Front National dont les mouvances n'ont jamais caché leurs sympathies pour les leaders et régimes autocratiques, allant même jusqu'à convier Marine Le Pen, en 2012, à un bal de nostalgiques du IIIème Reich à Vienne. Oui, Marine Le Pen a changé le parti et l'ambition est de le positionner dans la droite ligne du RPR d'antan ... ça tombe bien : les deux partis partagent désormais "Rassemblement" dans leur nom.

Zemmour, par calcul que l'on ne peut faire autrement que lui prêter, élague donc tout ce qu'il peut pour donner l'espace idoine à Marine Le Pen, afin d'en faire la championne naturelle de la droite traditionnelle, beaucoup plus mesurée que le trublion installé par Vincent Bolloré pour doper les audiences moribondes d'une C-News dont il voulait se débarasser il n'y a pas si longtemps. Zemmour est l'épouvantail censé précipiter l'électorat de droite dans les bras de Marine Le Pen, comme si refugier osus l'aile prtectrice de son bourreau permettait d'échapper au trépas. Qu'importe, Zemmour en sera bien remercié un jour ...

Tto, qui se prépare à une soirée bien pénible dimanche soir