considerant

J'appartiens à une cohorte de professionnels qui adorent utiliser des figures de style ou des vocables si précieux qu'ils ne font plaisir qu'à mes semblables. Les "nonobstant", les "or donc" et autres imparfaits du subjonctif deuxième forme sont autant de douceurs qui hérissent le poil de ceux qui ne sont pas membres du club ou qui n'y comprennent rien. Rassure-toi, je ne vais pas encore te reparler de trucs du genre ... c'est simplement que je me suis dit que voilà bien longtemps que je n'ai pas écrit en considérants.

En quoi ??? 
En considérants. C'est une figure de style qui est propre aux juristes et surtout aux avocats qui doivent produire des écritures judiciaires devant respecter une certaine forme. Je te rassure, la médiocrité ambiante a eu la peau de cela et les dernières écritutres judiciaires que j'ai pu voir passé étaient si indigentes que je me suis entendu hurler à la mort tout en comptant les fautes d'orthographe hallucinantes. Le considérant est un marqueur qui permet de suivre les éléments d'une réflexion et qui se place en début de parapgraphe pour bien marquer le fait que l'on chapitre son argumentation. A l'issue du dernier considérant, on aboutit généralement à un "Dès lors,".

Considérant que je viens de t'expliquer véritablement de quoi il retourne en te livrant la subtantifique moelle qui te permet d'appréhender le propos indigent d'aujourd'hui,

Considérant que j'avais une idée saugrenue derrière la tête pour m'exprimer ainsi et qui consistait à poser sur la table quelque chose qui m'a interpellé,

Considérant que je regarde beaucoup trop de choses dans tous les sens qui me donnent à penser que j'essaye de trouver des éléments rationnels dans des situations qui n'en ont pas forcément voire même qui, à raison de leur caractère fortuit, en sont totalement dénuées,

Considérant que j'aime toujours trouver des signes dans plein de choses, pour rassurer le frêle esprit cartésien qui est le mien ... a fortiori en matière de sexualité,

Considérant que j'ai remarqué que ma place dans le lit a varié selon que j'étais avec Zolimari ou pas,

Considérant que j'ai trouvé amusant, au gré de certains sextapes de couples dits installés, de noter que tel ou tel dormait du même côté que moi et que nous avions un rôle équivalent s'agissant de nos activités sexuelles,

Considérant que je m'attache toujours à rappeler que comparaison n'est pas raison,

Considérant que je trouve admirable que tu sois encore là à lire ce que j'écris [mais que je l'ai bien cherché parce que je t'ai appaté en te parlant de gaudriole],

Considérant qu'il a pu m'apparaitre amusant de bâtir un syllogisme basique entre la place que l'on occupe dans un lit et son rôle majoritaire dans une position sexuelle,

Considérant que tu as déjà levé les yeux au ciel plusieurs fois ... ce qui m'indique nécessairement qu'il conviendrait que je conclus pas trop tard,

Considérant que l'hypothèse développée devant toi n'a pas d'autre intérêt que d'écrire en considérants et ne prétend évidemment à aucune vérité scientifique, sociologique ou autre, 

Considérant que ça m'amuse tout de même de me dire qu'il y aurait peut-être un déterminisme au moisn équivalent à celui de la couleur dominante d'un téléphone portable [je te rappelle que l'axiome moderne envisage que selon que ton téléphone est clair ou foncé, tu n'apprécieras pas les mêmes choses en général],

Considérant qu'il y aurait là, finalement, matière à soutenir une thèse en bonne et due forme quand bien même tu trouves cela notoirement stupide, auquel cas je te rappelle qu'Elisabeth Tessier n'a pas été découragée de le faire,

Considérant que j'en aurais fini de cet argumentaire une fois que je t'aurais précisé que depuis, j'ai trouvé quelques contres exemples infirmant l'hypothèse sans pour autant être majoritaires [la versatilité de certains n'étant jamais à 50/50, il ne saurait y avoir argument facile soulevé ainsi],

Dès lors, je me demande bien si la place que tu occupes dans un lit détermine sexuellement ta pratique majoritaire, régulière et ... profonde.

Ah mais oui, tu n'as pas l'air d'y croire, mais c'est qu'on soulève de sacrés lièvres en fin avril ici.

Tto, qui s'amuse comme il peut