L'année des catastrophes

Et si 2020 était un festival de catastrophes ? Alors que l'Australie a brûlé en janvier, que des pluies de criquets se sont abattues sur l'Afrique de l'Est, que les séismes s'accumulent en Europe [la Turquie en janvier, Zagreb en mars], que le Covid-19 a mis toute la planète dans un confinement inédit, que les volcans de la ceinture de feu semblent très en forme au point qu'ils se réveillent avec une évidente virulence, que les glissements de terrain au Népal balayent tout sur leur passage, que Patrick Balkany danse à Levallois-Perret alors qu'il était mourant, que des inondations record ont lieu ici et là, que le Japon a récemment été secoué par un séisme de 6,4 de magnitude, qu'en Nouvelle-Zélande c'était du 7,4 la semaine dernière, qu'il a fait 38° en Sibérie la semaine dernière ... bref, un film de Roland Emmerich ne s'y prendrait pas autrement pour nous faire flipper un peu ... d'autant qu'on t'annonce une canicule record pour l'été, que le Covid-19 reviendra en deuxième saison à l'automne et que la saison des cylcones n'a pa débuté.

Que faut-il de plus ? Et bien, tout concorde pour annoncer l'éruption du Grimsvötn en Islande. "Oh pas grave, on a l'habitude de ça" me diras-tu ... sauf que le Grimsvötn, on le connait. Si l’éruption d'Eyjafjöll en 2010 avait provoqué le chaos dans le ciel européen pendant un mois, avec plus de 100.000 vols annulés et huit millions de passagers bloqués, le Grimsvötn est un peu moins pire mais en 2011, il avait cloué 900 avions au sol lors de sa dernière éruption. Mais il ne faut pas négliger le volcan ... c'est le plus actif d'Islande et quand on envisage que le pays se trouve précisément sur une faille faisant en sorte que les plaques américaines et eurasiennes s'écartent de deux centimètres par an, tous les ingrédients sont réunis pour que cela fasse des dégâts. C'est même d'autant plus certain parce que plus de 3.000 secousses ont agité les sismographes ces derniers jours de sorte que tous les experts sont formels : le Grimsvötn va entrer en éruption. Les taux de dioxyde de soufre s'envolent et c'est le signe d'une présence du magma à très faible profondeur. Son éruption déclenchera, en plus du panache de fumée pouvant paralyser le transport aérien, aussi des inondations majeures liées à la fonte des glaces qui le recouvrent. Je rappelle qu'en 2011, le nuage de fumée avait voyagé au dessus du Royaume-Uni et léché les pays d'Europe continentale. Là encore, la propension des panaches volcaniques sur le climat n'est plus à démontrer puisqu'ils perturbent la photosynthèse, la lumière et donc provoquent des crises agricoles et alimentaires à l'image de l'éruption du Laki en 1784 dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle est à l'origine de la Révolution française.

Oui mais ... ce n'est pas tout ! Sur la côte nord de l'Islande en même temps, trois séismes d’une magnitude supérieure à 5 ont été enregistrés ces derniers jours. L’un d’eux a été ressenti jusqu’à Reykjavik, à 265 km. Selon l’Institut météorologique d’Islande, l’épicentre de cet essaim sismique, qui ne devrait pas cesser tout de suite, se trouve à 20 km au large de Siglufjördur, petit village de 1.200 personnes sur la côte nord, à quelques dizaines de kilomètres d’Akureyri, deuxième ville d’Islande avec près de 20.000 habitants. Petites secousses ? Oui, juste des glissements de terrain et des chutes de pierres mais clairement, ça bouge en Islande.

Et tu sais quoi ? Cela me fait trépigner parce que rien ne me ferait plus plaisir que d'aller là-bas pour vivre au plus près cette activité volcanique certes destructrice mais tellement dantesque que j'y verrai un juste retour à la place qui est censée être la nôtre face aux éléments. Au surplus et avec la majesté des paysages islandais, il y a aussi une réelle fascination pour cet environnement si instable mais si joli. Bref, tu l'as compris, le billet pour l'Islande est encore pour bientôt ...

Tto, fasciné et qui se dit que l'année 2020 n'est pas terminée