2018 - LA PREMIERE FOISJ'en ai connu des missions commando mais hier, il faut bien dire qu'on m'a servi : faire 800 km dans la journée pour assister à une assmeblée générale d'une SCI dont j'ai dénoncé en 2002 la constitution, pour décider de la vente de la maison de mes grands parents parce que plus personne ne s'entend au sein de cette SCI ... oui oui, j'ai fait 800 km aller-retour pour deux heures quinze de réunion au cours de laquelle tout ne s'est pas mal passé et même que l'ambiance était cordiale.

J'ai aussi profité de l'occasion pour aller sur la tombe de mes grands parents. C'est l'occasion, d'autant que dnas la perspective de le vente de la maison, il est probable que je ne puisse plus y aller beaucoup. Surtout, du fait que je n'avais pas mis les pieds dans cette maison des Deux-Sèvres depuis tant d'années, voilà plus d'une dizaine d'années que je n'étais pas allé saluer leur tombe.

Tombe

C'est curieux d'ailleurs ... j'y allais tous les ans jusqu'à ce que les choses s'enveniment et depuis dix ans, plus rien. J'y suis allé aussi parce que ma Môman, toute désespérée, m'avait demandé de le faire aussi pour elle mais de toutes les façons, j'y serai allé quand même.

Ma grand mère, je ne l'ai jamais connue : elle est décédée au début du mois d'août 1972, alors qu'elle commençait à jouir d'une retraite bien méritée. Femme complexe et de caractère, j'ignore quels auraient pu être nos relations. Certainement plus chaleureuses que celles que j'ai pu avoir avec mon grand père, personnage assez froid et autoritaire, blessé par la vie donc blessant et qui m'avait fait tellement peur dans la salle de bain du bas lorsqu'il m'avait un peu paniqué tandis que je prenais mon bain. Je n'ai de lui que des souvenirs de colère ou d'autorité. Quelques photos attestent de quelques sourires en ma présence mais ce n'est pas ce que je retiens ... tant et si bien qu'après son décès, j'ai longtemps eu l'impression que son esprit rôdait dans la maison comme pour continuer à m'effrayer. Ce n'est que quinze ans après sa mort environ que je suis parvenu à me détacher de cette idée obsédante qu'il s'amusait à me faire peur pour le plaisir nonobstant son trépas.

Oui, je suis allé sur leur tombe parce que je suis quelqu'un qui est attaché aux racines et ils sont mes racines. Je connais leurs histoires complexes, je reconstitue patiemment leur parcours, j'enquête méthodiquement sur leur passé [mon grand père a été abandonné par ses parents à sa naissance mais a retrouvé sa mère, dans des circonstances encore troubles]. C'est ce fil qui nous relie encore qui a justifié que j'aille fleurir sur leur tombe hier, avant que la réunion justifiant de ma venue ne commence.

Comme à l'accoutumée, je n'ai pas ressenti beaucoup de peine parce que nos relations étaient distantes. Je n'ai pas forcément honte de cela, c'est un fait. Elle, je connais sa légende et je me fais une idée de sa personnalité sans pour autant l'avoir connue. Lui m'a toujours fait peur.

J'ai profité de ce "pèlerinage" pour aller fleuri aussi la tombe de la voisine d'en face. Curieusement, j'ai ressenti plus d'émotions parce que j'ai partagé plus de choses avec elle, j'ai pleuré dans ses bras, j'ai partagé plein de moments intenses, j'ai voyagé dans ses souvenirs ... aussi j'ai déposé une fleur rose [parce que je me souviens qu'elle aimait ces fleurs roses, coquette comme elle était] à côté de l'urne qui contient encore ses cendres. Oui, c'est étrange que d'imaginer qu'on a plus d'émotions pour celle que j'appelais "Mamy" alors qu'elle n'était que la voisine d'en face [avec laquelle je passais des heures et des journées à discuter et jouer au Scrabble] que pour la tombe de mon grand père et de ma grand mère. Ceux qui s'en étonnent n'écoutent donc pas que j'ai trouvé la force de vider de toute charge affective certaines pages de mon histoire d'homme, de mon histoire d'enfant.

Tto, qui a fait ce qui lui semblait devoir faire