Reboot22 jours que tu as commencé, 22 jours que j'essaye de me convaincre qu'il ne faut pas rester sur une impression aussi mitigée surtout quand tout est fait pour que les promesses soient nombreuses. Et pourtant, je te l'avoue, année 2020, tu m'as déjà mis par terre.

Tellement par terre que je me demande si le mieux [qui en l'occurrence ne serait pas l'ennemi du bien] ne serait pas de tout recommencer parce que là déjà tu vois, j'en peux déjà plus de toi 2020.

Certes, je ne m'aide pas à vouloir changer de boulot, à embrasser de nouvelles contraintes professionnelles totalement nouvelles et pour lesquelles je n'ai jamais été formé [autrement que de façon empirique en ce moment]. Oui mais voilà ... tu ajoutes la déflagration de la future vente de la maison de mes grands parents parce que ma mère a souhaité arrêter une emprise toxique nourrie à son encontre. Tu ajoutes que mon père se fait opérer demain [d'un truc banal mais les anesthésies à 70 ans, si on peut éviter c'est quand même mieux]. Tu ajoutes que je vis avec un mec paumé qui raconte n'importe quoi pour se maintenir dans un boulot lui aussi toxique mais avec une approche masochiste qui rend mon quotidien tellement suffoquant que je lui ai laissé huit jours pour faire des choix qui doivent être définitifs [non sans lui avoir asséné tout un tas de vérités pas forcément agréables à entendre ni à dire]. Tu ajoutes hier une injustice flagrante à l'encontre de quelqu'un que j'aime beaucoup et pour laquelle je me bats régulièrement [et oui, je ne sais toujours pas gérer le sentiment d'injustice]. Tu n'oublies pas le reste ... et oui, tout cela en 22 jours.

Je n'avais pas de veste de soie rose, pourtant ce matin j'ai déambulé morose [et seul puisque Zolimari se lève aux aurores pour aller prendre sa dose de malheur dans un travail qui le débecte mais qui lui donne l'impression d'exister de façon sacrificielle] en envisageant le crépuscule si grandiose. A l'instar de la chanson de Christophe, je me demande comment crier davantage : "Peut-être un beau jour voudras-tu, Retrouver avec moi ... Les paradis perdus". Sauf que je sui seul à le dire, seul à l'entendre, seul à le vouloir manifestement puisque je suis entouré de trop nombreuses personnes qui n'écoutent pas, le premier d'entre eux étant celui qui paye aujourd'hui et présentement les esquives et évitements passés. Je pense que je ne supporte plus les contournements, les paroles inconsistantes, les promesses non tenues et Zolimari ne carbure qu'à cela, me faisant payer par ricochet ses lâchetés et son manque de courage [pourtant je peux t'assurer qu'il a pourtant deux couilles, comme tout le monde]. Mais je ne veux pas faire ici son procès, cela ne regarde que nous et c'est une bataille de tous les soirs en ce moment ... les larmes qu'il fait couler n'augurant rien de bon et étant finalement pour moi le signe qu'il va falloir que quelque chose se passe tant l'impasse est totale.

Reboot 2020 donc ... oui ce serait bien. Oui j'aimerais aussi retrouver un peu de légèreté, un peu d'entrain, un peu d'électricité qui me fasse me sentir vivre plutôt que d'avoir [depuis trop longtemps] l'impression de survivre à échapper à des démons qui ne sont pas tous les miens mais dont tout le monde postule que je suis le seul à pouvoir les dominer. Le prochain qui m'explique que je suis doué ou brillant, je lui casse la gueule parce que je ne supporte plus la part de déni ou de résignation figurant dans ces constats abscons prononcés à l'emporte-pièce comme pour faire bien, pour faire sympa. J'en ai marre du "pour faire", j'en ai assez de voir passer ma vie à être aux prises avec des choses dont on m'accable. Besoin de souffler ? Surtout besoin que l'on me protège puisque je passe mon temps à le faire pour les autres, à suffoquer de ne jamais trouver l'oxygène dont je clame avoir besoin en expliquant comment me l'apporter. J'ai besoin de retrouver du plaisir, j'ai besoin de désencombrer tant physiquement que moralement ...

Ouais 2020, tu me saoules déjà tellement que je ne peux déjà plus te voir en peinture, que tu fais déjà exploser ma tête ... que je ne te supporte déjà plus. Oh bien sur, j'ai tout pour être heureux ? Ce n'est pas parce que les éthiopiens auront plus faim que moi que je n'ai pas besoin de manger ... On peut s'arrêter aux apparences, aux faux-semblants ou je ne sais quelle écume. On peut enfin se dire que l'accumulation de "je" et de "moi" que je viens d'écrire est un signe extérieur de ce que quelque chose ne va vraiment pas.

Tto, déjà épuisé