Blue mondayTTBM ... oh ça oui, c'est du bon TTBM comme on l'aime. AUjourd'hui, c'est le Blue Monday et c'est donc officiellement la journée la plus déprimante de l'année, la plus insurmontable, la plus épouvantable, la plus redoutable, la plus exécrable.

Pourquoi ? Qu'est ce que c'est que cet état d'esprit que tu pensais resté en 2019 ? D'où vient une telle acrimonie ? [C'est terrible j'écris comme s'il s'agissait d'un reportage de "Capital" sur l'industrie de la frite au sujet de laquelle on t'a forcément menti mais maintenant tu vas tout comprendre]. Ben c'est clair : parce que c'est le Blue Monday !

Déjà, je passe quand même un début d'année des plus éprouvant avec la grève des transports [mais il parait qu'ils reviennent au travail ... avant de débrayer à nouveau quand le simulacre de discussion aura été purgé ... en avril prochain]. Oh je sais, gna gna gna "on fait la grève pour toi", "Macron est un vampire", "Incroyable de devoir faire des sacrifices à notre époque qui n'a jamais été si dure", j'en passe et des pires. Sauf que l'inanité des discours en question à laquelle je joins évidemment les piètres prestations du gouvernement m'accablent plus qu'autre chose et je me dis qu'une fois encore, on aura bien loupé le coche d'une réforme équitable et allant dans le bon sens puisque sous couvert de tordre le cou aux régimes spéciaux, on a trouvé le moyen consternant de créer des régimes particuliers ! Merci Edouard Philippe et son gouvernement affligeant, merci les syndicats ... les dindons de la farce sont toujours les mêmes. On s'en souviendra ...

Comme indiqué récemment, il se trouve aussi que je me suis bien cassé la gueule dernièrement et donc, une semaine après, j'ai toujours une cheville qui me fait mal et diverses douleurs accompagnant tout cela qui me ravissent. Cette nuit [voir ci-après], j'ai même cru que l'on me retirait les vertèbres les unes après les autres à vif tellement j'avais mal. C'est tellement sympathique ...

... surtout quand tu passes la nuit que j'ai passé. En effet, Zolimari est tout sauf un cadeau pour dormir en ce moment. Entre les crises d'étouffement, des problèmes de bides, les nuits où il crie, les ronflements et les spasmes, depuis dix jours, je suis servi. Et cerné ... bah oui, hier matin, je me suis regardé dans la glace et j'ai compris qu'à l'évidence, je commence à manquer de sommeil ... et de vacances puisque cela fait exactement quatre mois tout pile que je suis rentré et que je n'ai pas pris une seule journée, pas une ! "Ah oui oh la la, tu as mal dormi mon chéri" m'a-t-il avisé ce matin dans la salle de bain tandis que j'étais en phase de réveil, je n'ai même pas répondu. Et oui, ça me gonfle un peu de dormir aussi mal non pas à cause de moi [même si cela joue en partie ... je me réveille parfois un peu en panique en pensant à mon nouveau boulot que j'ai déjà], mais à cause de lui, à cause du fait qu'il ne va pas bien, etc.

Parce que c'est le troisième étage de la fusée ... Zolimari ne va pas bien. Le changement de travail [qui se trouve tout de même au bout de la rue !!!] est une catastrophe et tous les problèmes qui le poursuivent et que j'ai diagnostiqués depuis des années reviennent et là, c'est la panique à bord. Trois fois la semaine dernière je l'ai ramassé à la petite cuillère et trois fois qu'il pleure. "Je suis pire que tout", "Je ne sais pas travailler", "Je suis nul" et autres complaintes du même ordre se succèdent invariablement depuis le début de sa prise de fonction. Le boulot l'intéresse globalement mais la relation avec sa chef est impossible. Elle est sèche, elle ne le materne pas, elle n'est pas sympathique, pas amicale, elle polarise tout selon ses intérêts ... bref, c'est une chef comme tant de gens ont. Sauf que lui, il ne supporte pas parce qu'il a été biberonné depuis des années avec du double discours : d'un côté on l'encense, de l'autre on le fait travailler comme un chien. Sauf que cette relation très masochiste au travail lui convient même s'il faut être honnête, il est dans une impasse parce que j'exige des choses qui sont incompatibles avec ce mode de fonctionnement propre aux gens célibataires. Bref, je suis la priorité de sa vie oui mais faut comprendre j'avais des urgences au travail. En 2020 le boulot ne déborde plus sur la vie à deux ? En une semaine, il est rentré trois fois après 20h30 [et il travaille au bout de la rue !!!]. Donc vendredi soir, puisqu'il est par terre et qu'il fait sa tête de chien battu, j'ai pris le taureau [c'est le cas de le dire] par les cornes et je lui ai rappelé quelques évidences : 
1 - On ne va pas au travail pour souffrir
2 - S'il marquait son territoire, il aurait moins l'impression d'être un paillasson
3 - S'il faisait tout ce qu'il dit vouloir faire, ça irait mieux sur l'estime de soi parce que le gens velléitaires ont une parole démonétisée
4 - Ça fait mille fois qu'on parle de tout cela et il refuse encore d'aller voir quelqu'un d'autre que moi pour évoquer les problématiques structurelles de sa relation à son travail
5 - Je ne peux pas porter tout le monde à bout de bras comme ça, lui plus que les autres peut-être mais c'est précisément lui qui sait aussi toute la charge qui est la mienne par ailleurs

"Oh ça me fait du bien que tu me parles, ça me soulage" m'a-t-il lancé à un moment après m'avoir expliqué qu'il ne savait pas dire non [sauf à moi], qu'il ne sait pas s'imposer [sauf avec moi], qu'il est comme ça [vive la démission], que tout est compliqué [vive le déni] et que sais-je encore. Sauf que le soulager tu vois, vendredi soir à 21h30 alros que je n'avais pas mangé parce qu'il est arrivé ratatiné en sortant du boulot, j'en avais rien à foutre en fait. "Ah je te soulage ? Bah c'est super dis moi ... C'est génial sauf qu'on s'en fout en fait. Te soulager ok mais je ne suis pas un Doliprane moi !" Le but était de le brusquer un peu, ça a marché ... il a pleuré. "Nan mais parce que si tu ne cherches qu'à être soulagé, c'est qu'en fait tout te convient et que moi ma vie s'écoule à regarder tes renoncements s'accumuler. J'm'en branle que tu sois soulagé, je voudrais que tu veuilles guérir un peu. De toute façon, il va falloir faire évoluer des choses parce que là ton égoïsme, c'est un peu trop." Évidemment, je me suis repris un "je ne sais pas faire" ... du coup, il a reçu deux fiches de psys à aller voir, des gens spécialisés dans les troubles du travail.
Bah oui, je ne suis pas un Doliprane et il faudrait peut-être envisager de traiter le problème un peu plus franchement plutôt que de compter toujours sur moi pour sortir la tête de l'eau en ne suivant jamais les conseils que je donne. Tu imagines l'ambiance ...

Curieusement, ça l'a remis sur les rails même s'il a fallu que je m'énerve encore hier pour rappeler que ranger, ce n'est pas un monopole pour moi.

Blue Monday ? Si seulement j'étais persuadé de manger mon pain noir là maintenant, ça irait. Mais non.
Donc oui ... Très Très Blue Monday mais j'en préfère d'autres des TTBM.

Tto, qui en a déjà ras le bol et qui est bien fatigué