2018 - LA PREMIERE FOISVoilà longtemps que je résiste ... longtemps que je me dis que ce n'est pas une bonne idée et longtemps que la digue semble en mesure de pouvoir dompter les assauts plus ou moins fougueux auxquels je suis sujet ... oui oui, voilà longtemps que je m'oblige à ne pas céder aux vertus empoisonnées des services d'abonnement de jeux vidéo.

Ah le jeu ... qu'il soit vidéo ou pas, il est toujours un talon d'Achille pour ton serviteur. Ce n'est pas que je pourrais me mettre en danger ou perdre complètement la raison, c'est qu'au tréfonds de mon être, je sais parfaitement que je suis joueur et capable de tout pour jouer voire gagner. Ça n'a l'air de rien mais cela m'a valu plusieurs fois des problèmes.

Bien sur, au départ, c'est plaisant de jouer et de constater que j'ai une chance insolente aux jeux. Longtemps, j'y ai vu le signe de ce que je serai malheureux en amour puisque l'adage était implacable. Et puis, avec le temps, je me suis rendu compte que non ... les deux pouvaient cohabiter.

Pour faire en sorte, justement, qu'ils cohabitent, j'ai évidemment joué et j'ai joué avec une matière dont je connais les limites mieux que personne : moi. La séduction est un jeu que je maîtrise parfaitement. J'ai joué divers rôles, je me suis enivré de plusieurs postures à la faveur du fait qu'elles répondaient aux désirs de celui ou celle qui ferraillait avec moi. Dans une recherche frénétique du plaisir, j'ai joué à tout va jusqu'à m'y perdre : mon corps a lâché [et je suis littéralement tombé], mon esprit a vrillé [j'ai pris des risques déraisonnables], mon regard a changé même un court instant [c'est aussi en jouant que l'on apprend ce que l'on n'aime pas]. En d'autres termes, aller défoncer un jeune homme de 18 ans dans une forêt la nuit, je l'ai fait par jeu [jeu pour lui et contre moi-même puisque je suis terrorisé par les forêts la nuit]. Tester ma limite physique à dormir deux ou trois heures par nuit pendant six mois parce que je croisais un nouvel amant tous les soirs, je l'ai aussi fait par jeu. M'infliger des plans à trois, des partouzes glauques ou des jeux de domination où il fallait traiter l'autre de "belle salope" et autres figures imposées d'un porno gonzo cheap, je l'ai enfin fait par jeu. On a coutume de dire que le jeu est une drogue et qu'à la fin, à l'instar du casino, c'est lui qui gagne. Moi, je suis suffisamment joueur pour avoir tutoyé la limite mais avoir eu la présence d'esprit [et avoir peut-être pris la précaution de m'entourer des personnes adéquates pour me ramener à la réalité] de m'arrêter au bon moment.

Une fois, il y a quelques années, j'ai recommencé à jouer avec mon corps. J'ai voulu savoir si je plaisais toujours autant puisqu'on me le disait régulièrement et qu'on m'envoyait des déclarations enflammées. Un beau black 100% actif qui voulait devenir passif rien qu'avec moi [si je devais compter le nombre de 100% actif qui ne l'ont jamais été avec moi, j'en aurais pour un moment], un ex qui vit sur la nostalgie d'ébats passés qui furent [je le reconnais] physiquement intenses, d'autres qui croyaient utiliser des ficelles originales [pourtant entendues des dizaines de fois] ... tout cela était quasiment gagné et quand on est joueur, la gagne facile est moisn savoureuse. Le vrai joueur veut du challenge. Aussi, je suis allé chercher quelqu'un en rendant la chose difficile. Par l'application "Secret" [mythique application qui m'en apprit beaucoup sur plein de gens qui l'ignorent encore], je l'ai ferré. En joueur que je suis, j'ai avancé en dévoilant le minimum de cartes [je savais qui il était, lui non], j'ai chauffé, électrisé, donné de la sensation, profité de la situation délicate qui le touchait ...

"Tu es quelqu'un de sain, mais tu es un vrai prédateur" m'avait dit jadis Didier qui voulait faire un plan à trois avec moi ... m'obligeant à inclure son compagnon que je ne trouvais pas beau ni désirable nonobstant le fait qu'il fut très passif et prêt à faire une double sans beaucoup de préparation. J'avais imposé de ne coucher qu'avec Didier, parce que je le trouvais beau malgré le fait qu'il ne fût qu'actif. C'était un 31 décembre 2006, je m'en souviens très bien. Didier avait raison : je suis assez sain mais quand je veux gagner quelque chose, rien ne m'arrête.

... ainsi donc, j'ai joué avec ce jeune homme de 24 ans, barbu, frêle et très inflammable. J'ai joué, j'ai même laissé le jeu prendre le dessus au point que j'ai prononcé des paroles qui dépassaient ma franchise. Tout était bon pour l'attraire quand bien même j'étais assez persuadé d'une chose : le consommer serait intéressant mais sans plus. J'ai joué tellement que la tête a commencé à me tourner, j'ai baissé ma garde et j'ai failli perdre Zolimari qui a découvert quelques écrits, une nuit où il avait décidé de fouiller dans mon téléphone [une habitude chez lui, que je regrette mais avec laquelle je compose]. Oui, j'ai joué avec ce jeune portugais qui avait quasiment tout me plaire mais il manquait plusieurs choses et surtout, ce n'était qu'un jeu. Un jeu cruel pour Zolimari j'en conviens, mais seulement un jeu qui perdait d'ailleurs de plus en plus d'intérêt puisqu'il m'avait quasiment donné tout ce que j'attendais.
Depuis, j'ai décidé d'arrêter de jouer de la sorte. Je n'alimente plus beaucoup de jeux de la sorte, me contentant parfois d'adresser ici et là un cliché assez banal et vaguement suggestif, toujours en réponse.

Peut-être ai-je mûri en la matière ? Il est des jeux dont je connais le prix, celui-ci n'en vaut pas le coup quand je vois quelles cartes j'ai en main. J'ai déjà gagné il y a bientôt treize ans en rencontrant celui avec lequel je me suis marié, j'ai gagné le gros lot et le casino ne peut pas renchérir pour m'en détourner. Moi seul sait ce qui pourrait me faire douter d'une telle assurance, Zolimari aussi. De ce jeu là, il n'est donc plus question avec autant d'intensité parce qu'il ne me plaît plus.

En revanche, d'autres jeux n'ont pas perdu de leur attrait. Des jeux ici [j'ai relancé depuis cet été un module de jeu hebdomadaire par exemple], des jeux pour faire deviner des cadeaux, des épreuves réservées à des amis, des envies de faire des soirées ludiques dont j'avais une certaine spécialité jadis ... et puis les jeux vidéo. [Tu noteras le périphérique que je viens de prendre pour en arriver là, mais mine de rien, je viens de te dire beaucoup de choses jusqu'alors assez inédites]

Oui, un joueur est quelqu'un qui joue avec beaucoup de choses et avec tout ce qui lui tombe entre les mains. Je joue souvent avec mon bambou magique mais là n'est pas le propos. Depuis que j'ai 15 ans, j'ai toujours eu une console de jeu vidéo chez moi. Toujours ... et j'ai toujours trouvé dans le jeu une évasion. Des "Sonic" initiaux pour lesquels j'ai conservé une affection profonde qui ne décroît pas [puisque j'y joue encore et toujours ... "Sonic Mania" ayant été une vraie cure de jouvence pour le garçon que je suis] aux jeux de simulation et de gestion comme "Sim City" ou "Theme Park" [c'est te dire si je suis aux anges quand j'envisage "Cities Skyline" ou le prochain revival de "Theme hospital"], oui je joue beaucoup. Et donc ? Samedi matin, j'ai pris un abonnement au Xbox Game Pass pour trois mois puisqu'il était proposé à 1€ les trois mois. Et j'ai passé quasiment tout le wikende à télécharger plein de jeux gratuits auxquels je vais jouer jusqu'à fin mars 2020. C'est con hein ? Même Zolimari m'a fait la remarque hier : "En fait, ça y est ... tu ne lâches plus ta manette !" Oui, je suis un joueur compulsif qui n'aime rien de mieux que de sortir de son quotidien en traquant des Pokémons sur son téléphone ou avec la Switch, en construisant des Tom Cities qui permettent de gagner des millions de dollars, en pilotant des bolides sur des circuits qui sont d'une beauté incroyable, ou même rien qu'en jouant au Monopoly su un écran en déjouant des stratégies redoutables pour me conduire à la banqueroute.

"Tto prend des risques inconsidérés au jeu parce qu'il en prend peu dans la vie" avait lancé ma Môman un soir que je jouais au tarot avec mes tantes médusées de voir les coups audacieux et payants que j'enchaînais parce que j'avais pris le chien. C'est possible même si c'est un peu exagéré puisqu'il est impropre de considérer que je ne prends pas de risques dans ma vie. C'est simplement qu'au jeu, j'ai une confiance en moi qui est décuplée et je maîtrise parfaitement les enjeux. Au surplus, une voyante m'avait indiqué que je peux faire preuve d'un magnétisme qui déstabilise n'importe qui ... j'avoue que je m'en sers régulièrement, au jeu comme jadis en matière de séduction. J'aime gagner mais je n'aime rien de plus que de jouer ...

Tto, gaymer