2018 - LA PREMIERE FOISC'était le 4 août dernier ... à la faveur du fait que nous rentrions de chez la grand mère de Zolimari, j'avais un dernier cadeau d'anniversaire sous le bras : une balance connectée pour remplacer celle qui a décédé en étant submergée par une fuite du lavabo sous lequel elle était rangée.

C'est l'instrument du diable ça, une balance. Quelle idée de remonter alors que je commençais à ne plus penser au fait que j'étais devenu pachydermique, luttant tout ce que je pouvais pour fermer mes pantalons [et ne pouvant plus jouer que sur deux ou trois costumes seulement]. Certes oui, la situation était grave mais avec l'obstination de l'autruche, je m'entêtais à ne pas vouloir voir. La balance allait m'y forcer ...

Comme si le fait qu'il s'agisse d'un dimanche soir ne suffisait pas, j'ai alors entrepris de monter sur la balance.
Et là ... tu aurais vu ma tête quand j'ai vu ce que j'ai vu ...

105,0 kg

Oui tu as bien lu ... non seulement j'étais au delà du quintal mais c'était bien au delà ! 105 kilos tout ronds [c'est le cas de le dire] ... et alors je me suis regardé dans le miroir et j'ai pris conscience d'un coup que cela ne pouvait pas continuer comme cela plus longtemps. Oh bien sur, on raillait ma ventripotence, on m'expliquait qu'il fallait que j'arrête de bouffer comme 14, qu'il allait bien falloir que je finisse par faire attention. Faire mes lacets m'essouflait tellement que je voyais bien que les canicules estivales pouvaient m'être délicates à surpasser. "Sale temps pour les gros" entendais-je dans ma tête ... Outre en plus le fait que je ne ressemblais plus à grand chose dans n'importe quoi, là le chiffre venait de me rentrer dedans, sans vaseline et à sec. Je peux t'assurer qu'on le sens bien passer et ça ne fait pas que du bien sur le moment ...

Cela m'a tellement choqué que cela m'a coupé l'appétit pour la soirée. Je n'ai quasiment rien mangé ...

Et dès le lendemain [un lundi, ça tombe bien !], je me suis décidé à ne plus me lâcher. J'ai supprimé la viennoiserie du matin, j'ai téléchargé une nouvelle application de surveillance des apports caloriques de ce que j'avale et hop, j'ai repris ces habitudes de coaching intensif en étant persuadé que le salut passerait par une réduction drastique des quantités et du sucre manufacturé.

Alors oui, ça a été dur ... mon bide a bien réclamé son tsunami de sucres, les brûlures m'ont fait comprendre qu'il y a du monde qui n'était pas content là dedans et que se contenter de carottes râpées et d'une banane n'allait pas pouvoir se faire ainsi. Sauf qu'à la manière de quelqu'un qui s'auto-hypnose, je me suis mis autant de baffes que de nécessaire pour ne pas craquer ... même si je vis avec quelqu'un qui me demandait trois fois si je ne voulais pas un dessert ou qui mangeait du chocolat sous mon nez. La phase de désaccoutumance devait être radicale ... elle le fut.

En une semaine, j'ai éliminé 3 kilos. La semaine d'après, 2,4 kilos. Et puis celle qui a suivi m'a permis de rayer également plus de 3 kilos au point que je suis parvenu en vingt jours à abandonner plus de 8 kilos d'un coup, en faisant évidemment un peu de sport et surtout, en ne craquant pas tant que cela. 8 kilos, c'est tout de même plus de la moitié d'un pack de bouteilles d'eau que je n'avais plus à porter à chaque instant. Avec le temps, j'ai regardé mon ventre se creuser quand j'étais couché et voir revenir ces creux m'ont fait du bien à la tête.

Avec un peu de temps et par delà les vacances [pendant lesquelles je n'ai repris que 1,6 kilos ... perdus en deux jours après la rentrée], j'ai réussi à remettre des costumes, des chemises, des vêtements qui prenaient la poussière depuis plus de trois ans. Surtout, je me suis surpris à voir mon cou dégonfler, ma taille s'affiner un peu et ... je me suis un peu retrouvé. Ma relation à la bouffe n'est plus la même [jusqu'à ce que je craque à nouveau la prochaine fois] et, sans aucun doute, je suis parvenu à réduire mon estomac et à me rendre le surplus de sucre assez intolérable voire écoeurant.

Depuis ... je poursuis la glissade gentille et régulière en ayant stabilisé autour des 95 kg pendant quelques jours pour mieux continuer à descendre. A l'heure où j'écris ces lignes, je suis à 94 kg avec le fol espoir de redescendre au dessous des 90 kg avant Noël, je perds environ 1 à 2 kg par mois en ce moment. Lundi soir, en faisant les courses et en passant devant les fameux escargots de Bourgogne Lanvin pour lesquels je fonds régulièrement, je suis parvenu à ne pas en acheter en me tançant intérieurement à me dire que cela ne rimerait à rien.

Ce matin, je pèse exactement 93,8 kg et je me dis que les 7 derniers kilos dont j'ai à me délester ne seront pas les plus faciles mais je sais, intérieurement, que c'est déjà gagné parce que je n'ai aucun doute : je vais y arriver. J'ai décidé, je l'ai décidé, j'ai également pactisé avec mon corps parce que sans lui, je n'y arriverai évidemment pas. Je lui ai demandé des efforts et surtout de fondre rapidement parce que je m'étouffais moi-même.

Dans ma tête, trotte une petite voix qui me fait remarquer que comme par hasard, à chaque fois que je change de boulot et que je l'assimile positivement, je fonds ... ça tombe bien, c'est exactement ce qui est en train de se passer.

Tto, déjà à -11 [sans s'intoxiquer de substituts et autres trucs cancérigènes]