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On savait qu'elle était une machine à tubes ... on savait qu'elle aimait bouger les lignes et faire passer quelques messages. On n'ignorait pas non plus qu'elle aimait surprendre et se trouver exactement à l'endroit où on ne l'attend pas.

Katy Perry sort son "Harleys in Hawaï" et ce n'est pas exactement aussi lisse et prévisible qu'on pouvait s'y attendre. La chanteuse acidulée n'est pas nécessairement celle que l'on croyait et, du coup, son dernier single détonne et surprend. C'est Katy Perry qui est à la une cette semaine ...

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- Fin d'une époque ? Gibert Jeune se retire de l'un de ses magasins emblématiques de la place St Michel à Paris : il sera remplacé par un Sephora.
- Tu en as rêvé ? TF1 l'a fait : "This is us" aura droit à son adaptation française et ce sera Marilou Berry qui sera de la partie [on se demande bien pour quel rôle tiens].
- Avec 22.232 entrées sur son premier jour d'exploitation, "La Vérité si je mens, les débuts" est un bide monumental, d'auattn que 432 salles programmaient le film.
- NETFLIX renoue avec la croissance de son parc d'abonnés aux Etats-Unis au troisième trimestre 2019, mais les 520.000 nouveaux abonnés paraissent bien peu par rapport aux cadences d'antan.
- C'est officiel : "Matrix 4" va permettre à Neil Patrick Harris d'intégrer le casting de la suite de la trilogie, aux côtés de Keanu Reeves, Carrie Ann Moss, Jada Pinkett Smith et Jessica Henwick.
- La création du srvice Uber va faire l'objet d'une série : "
- "Joker" est incontestablement le succès escompté avec plus de 550 millions de dollars déjà récoltés et un démarrage en trombe en France avec 1.576.000 entrées pour sa première semaine d'exploitation avec 630 copies.
- Pour $549 et parce que c'est bientôt la fin de l'année, le coffret collector du MCU [23 films] est déjà en vente aux Etats-Unis.
- Pour "The Batman" de Matt Reeves, on attend probablement Seth Rogen dans le rôle du Pingouin.
- HBO MAX commande une série musicale, "Grease" pour le lancement de sa plateforme de streaming.
- Turbulences à L'EXPRESS : Alain Weill coupant les effectifs dans tous les sens, l'hebdomadaire ferme son service Culture.
- "Why women kill"aura bien une saison 2. Diffusion sur M6 pour la saison 1 dans les mois à venir.
- Programmation en catastrophe pour NBC : "Sunnyside" étant un bide d'audience, la chaîne vient d'avancer le retour à l'antenne de "Will & Grace" pour son ultime saison.

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On en parle tellement qu'il est temps de savoir s'il faut ou pas aller voir "Joker".
En 1981, à Gotham City, Arthur Fleck travaille dans une agence de clowns. Méprisé et incompris, il mène une vie en marge de la société et vit dans un immeuble miteux avec sa mère Penny. Un soir, il se fait agresser dans le métro par trois hommes, le poussant à les tuer en retour. Si son geste inspire une partie de la population, Arthur bascule lui peu à peu dans la folie pour devenir le Joker, un dangereux tueur psychotique.
Todd Philips réalise donc "Joker" et au regard de ses faits d'arme passés, on pouvait craindre le pire puisqu'il est chargé de camper une vision crépusculaire de l'anti-héros de Gotham alors qu'il réalisa la trilogie "Very Bad Trip", "Starsky et Hutch" et autres "Retour à la fac" ou encore "L'école des dragueurs". Les teen-movies semblant avoir été sa spécialité longtemps, j'en connais qui grincaient des dents. C'était oublier qu'avec "War dogs", il s'est lancé dans le thriller, "Joker" confirmant cette inclination. Au casting, Joaquin Phoenix pouvait rassurer et les images dévoilées permettaient déjà d'imaginer une ambiance un peu suffoquante. Quid ?

C'est probablement l'un des films de l'année et l'on en ressort assez bluffé par la performance du rôle titre même si Joaquin Phoenix se perd parfois à surjouer la démence à la Nicholson dans les grandes heures de Kubrick. Pire, on verse trop souvent dans du Scorcese urbain new-yorkais où De Niro débarquerait illico presto [c'est vrai que ce serait cocasse !]. Cependant, ce qui interroge ne tient pas vraiment à Joaquin Phoenix qui parvient à capter l'attention de façon quasi hypnotique. Non, ce qui pose un problème, c'est ce que l'on fait de l'anti-héros dont le Joker est un archétype. Et là dessus, le discours du film laisse un peu perplexe parce qu'on a l'impression que Todd Philips s'évertue à trouver des raisons jusftifiables à la folie de son personnage. La société trop égocentrée et trop cruelle, l'accumulation des circonstances et le besoin de reconnaissance servent d'alibi à une construction psychologique du Joker alors qu'en réalité le personnage est un cas clinique de psychaitrie évidente. Le mauvais discours vaguement sociétal dont le Joker serait l'exemple du produit d'une société tellement proche de la nôtre est d'autant plus insistant qu'il est martellé avec la finesse de l'élphant dans un magasin de porcelaine. Presqu'heureusement, la violence du personnage reprend parfois ses droits pour remettre les curseurs aux bons endroits et conserver au Joker un côté fascinant lorsqu'il sombre dans la violence gratuite et paradoxalement hystérique puisqu'elle s'accompagne de son rire terrorisant. 
Les critiques relatives à l'ultra violence du film feraient presque rire quand on se souvient d'un Tarantino de base et l'on en viendrait presque à se demander s'il ne s'agit pas là d'un artifice marketing pour doper la fréquentation des salles obscures. La photo est assez belle mais demeure inégale et provoque même une saturation qui arrive pile au moment où elle est magnifiée dans la ville, sur les derniers plans. On s'étonne également de quelques plans semblant bricolés, d'un montage curieusement flemmard au milieu qui permet vaguement de s'ennuyer un peu mais il est difficile de dire que le film est raté. Ce qui est gênant, c'est qu'il ne colle pas vraiment avec l'image pré-fabriquée que l'on peut se faire avant que le film ne commence. C'est ça le souci : à force de trouver des excuses au Joker et d'expliquer que le pauvre mec ne pouvait faire autrement que basculer, Todd Philips tente de le rendre attendrissant et provoque la compassion alors que l'univers du Joker n'est que répulsion fascinante. Déconstruire les anti-héros pour expliquer que la société est responsable de tout [donc qu'on a tous une part de responsabilité dans l'hystérie collective ambiante], c'est un parti pris, lourdement amené, martelé avec pesanteur sans jouer sur les attraits scénaristiques d'une folie ambiante consubstantielle au personnage. Pour ça, Philips tape à côté mais il est sauvé par Joaquin Phoenix qui en fait des tonnes. Cela ne vaut tout de même pas huit minutes d'applauses à la Mostra de Venise ...

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