Grumpy

Aujourd'hui, je devais te lancer le nouveau vendredi, sonnant le tocsin du wikende. Bah oui ... je devais sauf que je n'ai pas terminé la vignette. Donc, en dépit que ce soit la journée internationale du sourire, ce sera pour plus tard dans la mesure où en plus, je n'ai pas trop le sourire.

En effet, je n'ai pas passé [à l'instar des soirées précédentes depuis que je suis rentré] une bonne soirée. Le fait d'avoir l'impression d'assumer tout tout seul, d'être un peu le seul à lutter pour éviter de se faire ensevelir par les événements, de finalement être aussi transparent qu'un coussin sur lequel on s'endort alors qu'il y avait des choses à faire et trancher pour, ne serait-ce que, s'organiser un minimum. C'est vrai que si je veux partir à la fin de l'année, ce sera pratique de s'y prendre le 15 décembre. C'est vrai que c'était compliqué de demander à la femme de ménage de revenir aujourd'hui ... et donc de ranger le taudis dans lequel on vit puisque je suis globalement le seul à ranger un tantinet. C'est vrai que moi, je ne suis pas fatigué de mes journées. C'est vrai que moi ça m'amuse de rester planté devant la télé en entendant des ronflements [ou parfois des vidéos assez fortes parce qu'il imagine qu'il est tout seul et que je n'écoute pas autre chose]. C'est vrai que ... bref, la routine est bien revenue et il ne faudrait rien dire.

Sauf qu'à l'instar de ce que je ne supportais déjà pas beaucoup il y a quelques semaines, il n'y a aucune raison que je me satisfasse de cet étouffement programmé qui me donne l'impression que je ne fais pas ce que j'ai envie de faire puisqu'on passe son temps [chez moi comme ailleurs] à m'imposer des choses et un cadencement alors qu'on n'écoute pas quand je suggère à mon tour un rythme qui me conviendrait mieux. L'impasse est donc toujours la même et je n'ai finalement pas d'autre solution que de me murer dans un silence salutaire qui est en définitive la meilleure réponse à un égoïsme généralisé qui m'est désormais assez insupportable.

"Bah dis moi ce qui ne va pas" est dérisoire comme perche tendue considérant qu'il m'est impossible de dire quoi que ce soit puisqu'on m'oppose alors une petite colère témoignant d'un comportement caractériel qui ne supporte pas que l'on regarde la réalité en face. Donc il faudrait dire des choses convenables pour ne pas froisser les égoïsmes et donc continuer à nier la réalité ou jouer, comme une autruche, à mettre la tête dans le sable en espérant bien que tout se réglera sans faire trop d'effort. Moi, je n'ai pas la chance de croire à cela, de procrastiner ou même que l'on suppléé ce que je ne fais pas. "Mais pourquoi vous ne voulez pas d'enfant ?" m'adresse-t-on parfois ... Tout simplement parce que je n'en aurais pas la force en dépit du fait que l'idée me plaisait jadis, tout bonnement aussi parce qu'à la réflexion, j'ai déjà un ado à la maison.

Donc oui, pas le sourire. Encore une fois, je vais ronger mon frein et passer pour le connard de service qui fait la gueule. Quitte à ne pas être écouté ni entendu, autant que je ne dise plus rien. 

Tto, qui en a déjà ras-le-bol