2019 - TOUT CE QUE TU NE SAVAIS PAS ENCORELe propre d'un wikende en province [en Bourgogne, c'est te dire], c'est que le retour est particulièrement minant puisque tu reviens dans la grisaille parisienne. C'est vrai qu'après avoir profité des presque-verts pâturages et d'une relative quiétude environnante, l'idée de revenir sur Paris pour entamer la dernière grosse semaine avant le départ n'est pas déjà un enchantement surtout quand tu remets dans le contexte d'un wikende de retour généralisé puisque c'était le premier suivant le 15 août !

Mais qu'importe ... nous voilà partis sur la route du retour, à la faveur d'un samedi soir où nous ne devions normalement pas croiser grand monde et nous glisser dans notre lit vers minuit ... ah oui mais ça, c'était ce qui était prévu !

Tu as aimé les films invraisemblables où tu te dis que c'est quand même un peu gros ? T'inquiète ... mon avenir de scénariste hollywoodien se précise, surtout quand j'envisage ce qui est arrivé : on n'est rentrés chez nous que le lendemain soir. Voici ce qui s'est passé.

Presqu'un quart d'heure après avoir rejoint l'autoroute, nous roulions gaillardemment ...

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... au son de radios bizarres qui passent des trucs étonnants [des remixes parce que le samedi soir, c'est clubbing party]. C'est donc aussi étonnant qu'étrange mais on commence à s'y faire. Tout se passe donc bien : on croise toujours les mêmes connards qui restent bloqués sur la file de gauche, des Citroën qui méritent leur anagramme [CITROËN et CRETINO ... tu l'avais j'espère] et vas-y qu'on est partis pour deux petites heures ! Jusqu'à ...

creve 02

 

Un truc rouge s'allume sur le tableau de bord et pour une fois, je ne peux pas accabler Zolimari qui conduisait relativement bien [ce n'est pas si souvent]. Le voyant nous indique clairement qu'il y a un problème sur un pneu ... on est juste à 130 km/h sur l'autoroute ... du coup, Zolimari ralentit un peu et nous trouvons asile dans la première station service.

Hop hop hop ... il est 23:11 quand nous commençons à gonfler les pneus. Tout va bien jusqu'à celui de l'arrière gauche. On a beau appuyer sur le gonfleur, rien n'y fait. Diantre ... ça commence à me gonfler [ce qui n'est pas le moindre des paradoxes en la matière] et je commence à envisager que cela ne va pas être simple. Mais ne désarmant pas, Zolimari m'indique que c'est peut-être la station de gonflage qui a un problème [alors qu'elle avait parfaitement fonctionné pour les trois autres pneus ... faut toujours être tolérant avec les hypothèses un peu débiles]. Il m'avise qu'il y en a une autre ! Allons-y pardi ...

Même constat : ça ne gonfle pas ... mais alors pas du tout et du coup après autant de tentatives, on a même perdu en pression sur ce fichu pneu.
C'est alors que têtu comme une mule bornée psychorigide, il me sort sa nouvelle acquisition : un gonfleur portable qui se branche sur l'allume-cigare. désarmé par tant d'obstination, je le laisse faire ne croyant pas une seule fraction de seconde au succès de cette nouvelle tentative.

Dix minutes plus tard, le constat est clair : on a un pneu qui va mal. Comme c'est un run-flat, on peut encore rouler un peu ... mais nous sommes quand même à 230 km de chez nous. Pour le "un peu", on repassera voire même ... on se dégonfle !

Parti se laver les mains, je profite de son absence pour regarder ce qu'indique le manuel de la voiture [ne va pas croire que nous avons un espagnol dans le coffre qui répondrait à ce prénom ... c'est juste que c'est toujours très mauvais signe quand je m'enpare de ce truc là parce que cela n'annonce rien de fantastique]. J'observe donc qu'il est conseillé de ne pas trop rouler, en tout cas pas à plus de 70 à 80 km/h et certainement pas dans la durée. Nous sommes donc dans une station service sur l'autoroute, ça va être sport. Revenu, Zolimari me dit qu'on va essayer de repartir et sortir au plus tôt de l'autoroute. Une fois revenu sur la voie rapide, je cherche un itinéraire en évitant toutes voies rapides ... nous sommes à côté de Villeneuve-sur-Yonne. Accessoirement, je conseille à Zolimari de rouler avec ses feux de détresse pour éviter aussi que l'on se fasse percuter puisque nous roulons à 70 km/h.

Croyant que nous allions sortir, je ne te raconte pas la gueule que nous avons faite quand on a réalisé qu'il ne s'agissait que d'un échangeur mais nous sommes finalement parvenus à sortir. C'est alors que les paysages nocturnes du Loiret prennent toute leur saveur un samedi soir où il pleut. Ah bah oui, j'ai omis de te dire qu'en plus, il pleut ! Zolimari conduisant mais réfléchissant en même temps me demande s'il ne serait pas judicieux d'aller dormir chez l'un de nos parents puisque c'est par hypothèse moins loin. Je rejette l'idée d'aller chez les siens et j'appelle très vite les miens. Il est minuit, ils vont adorer.

C'est alors que nous entrons dans une forêt ... où évidemment on ne capte rien puisqu'il n'y a pas de réseau. Je rappelle que je déteste les forêts la nuit, et là, nous avons un pneu qui peut éclater à tout moment. Autant dire que je suis dans un remake du "Projet Blair Witch" [film que je n'ai évidemment jamais vu] pour mon plaisir le plus délectable. Comme ma mère m'a entendu l'appeler et que cela a coupé, et qu'il est impossible de nous joindre à nouveau puisqu'il n'y a pas de réseau, les minutes sont longues ... jusqu'à ce que l'on sorte de la forêt. C'est alors qu'elle parvient à nous rappeler, je lui explique la situation et elle me confirme qu'ils nous attendent. Je lui signale simplement que nous serons là aux alentours de 02h30 ! Ah bah oui, les petites routes, ça prend légèrement plus de temps et encore, le calcul du GPS intègre le fait que l'on puisse rouler à 90 km/h, ce que nous ne pouvons plus faire !

Ainsi donc, ces éléments calés, nous avons roulé ... à chaque kilomètre, le pneu faisait de plus en plus de bruit, les rond-points étaient une angoisse parce que la voiture dans les virages avait une tendance inquiétante à chasser. Oui, je te l'avoue, j'ai bien angoissé et j'étais bien crevé quand nous sommes enfin arrivés vers 02h40, après avoir croisé des gendarmes qui ne nous ont rien dit, après avoir bouchonné quelques routes autour de Fontainebleau où les kékés rentraient de boite comme des furieux et j'en passe.

Du coup, on est restés déjeuner le lendemain parce qu'il y avait mon frère et sa famille et qu'en plus il fallait aller voir la grand-mère de Zolimari qui avait été hospitalisée pour une fracture du col du fémur quelques jours avant. Non vraiment ... ce wikende de mi-août, c'était bien mais dimanche soir en m'asseyant dans mon canapé, je me suis dit que j'étais bien content d'être enfin de retour. Et quel bonheur de savoir que la semaine recommençait quelques heures après ! Heureusement que c'est la dernièe complète ...

Tto, qui déteste les problèmes de voiture