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Dieu sait que j'étais septique même si je comprenais la direction. 
Dieu sait que je suis attaché à cette station même si je déplore, comme ici, les errements d'une stratégie aussi inepte qu'inexistante.
Dieu sait que je ne suis pas surpris par les chiffres épouvantables [ceux de la mi-juillet seront les pires jamais enregistrés, avec une dégringolade vertigineuse].
Pourtant, ce matin, j'ai trouvé qu'à Europe1 on avait montré l'ampleur de l'ADN de cette station que j'écoute depuis des lustres [environ trois].

Oui les pages se tournent et Nikos Alliagas en a terminé d'un chemin de croix, d'une mission impossible ou que sais-je encore. Pourtant, je le reconnais : sa matinale était clairement écoutable, ficelée comme il le fallait avec un ton différent qui casse moins la tête qu'Yves Calvi [dont je t'annonce que la prochaine saison sera bien la dernière] ou que Nicoals Demorand infatué dans son costume d'inspéecteur académique de la quatrième République s'adressant à un par-terre d'enseignants de gauche boboïsants. Oui, je sais, on peut déplorer les pubs trop nombreuses [encore qu'avec les audiences actuelles, les écrans étaient loins d'être pleins] ou regretter que Nikos s'occupe de politique internationale alors qu'il prend davantage son pied à présenter Chirstina Aguillera. Pourtant, Europe1 n'a pas proposé de l'info-tainment mais bel et bien une matinale charpentée qui conjugue l'exigence d'une rédaction historiquement professionnelle et le ton empathique qui permet de réveiller gentiment. Voilà le mot est lâché, il y a eu de la gentillesse ... les railleurs expliqueront que c'était dégoulinant de bons sentiments, on ne peut jamais plaire à tout le monde.

Cette saison aura permis à Nikos de rappeler qu'il n'est pas seulement un anchorman exalté qui braille dans un micro en annonçant le prochain titre exécuté par Zaz ... il y a eu de l'humour, de la répartie et une voix très radiophonique. Mais il y eût aussi une ambiance et le passage de témoin avec Matthieu Noël à 06h55 tous les matins était un petit cadeau [à l'instar du chambrage systématique de Patrick Cohen la saison d'avant en pleine matinale]. Voici d'ailleurs, le dernier passage d'antenne entre eux ...

E&

Tout ça pour dire quoi ? Bah simplement que je regrette encore une fois qu'on oublie que la radio se construit sur du temps long et que quand une grille prend vite, c'est très exceptionnel. Europe1 est prise dans des tourments dont la saison construite par Laurent Guimier n'auront qu'aggravé les choses [mon analyse l'année dernière s'est trouve confortée]. Pourtant, il y eût de bonnes choses même s'il n'est pas surprenant de voir poindre le 5,2 d'audience qui s'annonce [là où Europe1 culminait à 10 il y a huit ans]. Boccolini a été mise à l'antenne avec un dilettantisme inquiétant, on laisse partir ceux qui font les belles audiences des concurrentes et on positionne mal ceux qui pourraient aider à remonter la pente. Au delà d'une identité [autre traduction de l'esprit ... tout aussi con que de rappeler que l'esprit Canal c'était bien] ou d'une relation avec l'auditeur, c'est un squelette qu'il faut s'attacher à retrouver et la rentrée prochaine amènera à tout mettre par terre encore sauf Roumanoff, Hondelatte et Mazoyer. Du coup, ce sera encore difficile même si Matthieu Belliard est prometteur s'il ne fait pas du RMC à la matinale. Petit à petit, les pages de la radio de ma jeunesse se tournent et je ressens qu'on ne retrouvera pas les bonheurs d'antan qui ne procédaient pas seulement de Morandini, Ruquier ou Fogiel qui ont endommagé la station avec leurs départs tonitruants. On ne veut pas de "grands moments à chaque instant", on veut simplement une différence ...

Tto, fidèoe auditeur qui finit par douter quand même