Le rôle du coussin

Ce n'est pas nouveau et c'est même arrivé le deuxième soir où je l'ai retrouvé pour un dîner en amoureux : Zolimari adore s'endormir sur moi [tout en dénonçant que je le colle trop quand nous sommes dans un lit]. Et c'est avec une régularité incroyable que je sers de déversoir de sa masse corporelle lorsqu'il abandonne les armes te qu'il s'écroule devant un film qu'il voulait absolument voir ou une émission sans intérêt parce que [tu comprends] il se lève tellement tôt qu'il ne tient plus.

Comme tout bon mari un peu casse-couilles, je lui demande gentiment [puis de moins en moins] d'aller se coucher puisqu'il sera mieux ... et que je subirai moins la douce mélodie de ses ronflements pouvant parfois me donner l'impression d'être un agent de piste d'aéroport qui ne sait plus trop où parquer ce double moteur un peu encombrant. Puisque la suggestion se transforme en ordre avec soupirs de plus en plus appuyés, il finit par capituler en râlant [parce que c'est de famille ...] et en jouant les grands tragédiens parce qu'on devrait aller se coucher [oui oui, la mauvaise-foi est toujours de rigueur], parce que je suis chiant, parce que je ne le comprends pas, parce que je suis méchant et pas gentil ...

HIer soir, comme d'habitude et contre toutes les évidences, il m'a soutenu qu'il écoutait ce que nous regardions alors qu'il ronflait copieusement et qu'il se réveillait à chaque fois que je m'amusais à bouger en essayant de faire accroire qu'il était parfaitement concentré ... c'est au delà du ridicule.

- Va te coucher ... tu dors !
- Mais non, j'écoute je te dis 
- Tu mens !
- Mais arrête, je suis bien là ... je vais m'endormir comme ça
- Pas la peine, c'est déjà fait.
- Rhoo, t'es chiant hein ... j'aime bien être sur toi comme ça.
- Moi pas, je ne suis pas un coussin !
- Si ... si si, t'es mon coussin.
- Non 
- Rhoo mais si, t'es tellement moelleux ! J'aime bien.
- Ah bah voilà, je suis moelleux maintenant ... autant dire que je suis tellement gros que tu me prends pour un édredon.
- Arrête ... j'suis bien là.

Je l'ai réveillé encore deux fois et du coup il s'est enfin relevé pour aller se coucher en me faisant sa petite tête de cocker : "Tu viens pas avec moi ? Tu vas me laisser tout seul dans un grand lit si froid ? Vraiment ?" ... Oui oui, j'ai toujours droit au chantage affectif pour qu'il se donne l'impression qu'il décide de tout ... et ça foire régulièrement. En effet, je lui ai rappelé que dimanche soir dernier, j'ai été dormir tout seul et qu'il ne s'est réveillé devant la télé qu'à 06h24 ... Après avoir ramassé ses dents, il a lâché un "Bon ..." sonnant comme la reddition, me permettant enfin de pouvoir continuer à regarder ce que je regardais.

Tto, moelleux