Pas fantastique le plastiqueSi l'on devait trouver une externalité positive de plus au fabuleux voyage Antarctique de la fin de l'année dernière, il y aurait bien la prise de conscience de ce que le plastique n'est pas franchement fantastique.

Ce n'est pas nouveau évidemment mais il est vrai que déambuler dans des contrées quasiment vierges de présence et de pollution humaine renforce la prise de conscience de ce que le mode de vie qui est le nôtre est profondément inepte. Et quand, pendant 23 jours, nous sommes parvenus à ne jamais croiser du plastique s'agissant des repas comme des boissons, cela m'a fait prendre conscience d'une chose : c'est possible.

Depuis, cela infuse ...
J'ai, par exemple, désapprouvé Zolimari lorsqu'il a racheté des coton-tiges nonobstant le fait que c'est bien utile. Je suis désormais interloqué quand je vois des légumes ou des fruits emballés dans un film plastique alors que franchement rien n'y oblige. J'essaye même d'éviter le plus possible les matières plastiques mais il faut bien avouer que c'est quasiment mission impossible quand on voit tous les emballages auxquels il faut faire face lorsque tu as l'ambition de faire les courses ou d'aller acheter un truc comme ça sur le pouce.

D6lwusuXoAcOQT3D6lwusEX4AIsookL'agence Leo Brunett a produit à ce sujet des visuels qui donnent une vision glaçante des plastiques laissés dans la nature. C'est un peu comme la cigarette : il ne sert pas à grand chose d'expliquer aux fumeurs à quel point ils se condamnent et font peser sur la société le poids d'une charge financière liée aux soins inéluctables qu'il conviendra de leur dispenser [c'est pour cela que ce n'est finalement que justice de faire payer si cher les paquets de cigarettes]. Pour le plastique, c'est pareil : expliquer aux uns et aux autres que les lingettes ou les couverts en plastique polluent au delà de la raison n'amène finalement pas beaucoup de modification de comportements. C'est sûr qu'il est facile de venir expliquer que les trajets en avion polluent 1.500 fois davantage que les trajets en train et qu'il faudrait aligner les consommateurs en conséquence. Moi, cela ne me dérangerait pas de payer 20% de plus mon billet pour prendre en compte l'empreinte carbone de mes déplacements. Mais qu'on arrête de vendre des bouteilles en plastique de 25 cl à des parents qui trouvent ça très bien pour leurs petits enfants, ou que sais-je encore. A la limite, il faudrait aussi évaluer l'empreinte carbone d'un enfant tiens ...

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On a tous une responsabilité environnementale et je ne prétends pas être exemplaire. Moi aussi, cela me gonfle de trier mes déchêts et de me contraindre à avoir un comportement un peu plus éco-responsable. J'ai téléchargé une application qui a scanné mon mode de vie et la façon dont je me comporte récemment et j'arrive à un score pitoyable : si tout le monde vivait comme moi, il faudrait 2,1 planète pour subvenir à mes besoins. C'est quand même pas géant.

Oui mais j'en ai déjà conscience à la différence de ceux qui vont au Mc Do et qui laissent dans les transports en commun leur gobelet de Coca Cola [parce que c'est vrai que c'est tellement compliqué de jeter à la poubelle]. J'en ai conscience et j'essaye de limiter quand je le veux et que cela ne me contraint pas trop, je le reconnais. Pourtant, je tique quand on prend la voiture juste pour aller chercher du libanais emballé dans un plateau en plastique et que cela prend 3 minutes en voiture diesel alors qu'à pied, on aurait mis 30 minutes. Ça coince quand on fait des choses aberrantes comme ouvrir les fenêtres parce qu'il fait trop chaud chez nous [chauffage collectif et comme on est entourés de vieux, ils chauffent à fond même en avril] alors qu'il suffirait de pouvoir gérer différemment. Et je ne te parle pas des bains que les voisins prennent souvent ...

On dit que le futur environnemental est l'affaire de tous. Je pense que si l'on m'offrait la possibilité de ne plus acheter de bouteilles d'eau en plastique mais qu'on remettait en place le système de consigne de bouteilles en verre pour l'eau, je le ferai. Je marche tous les jours un peu plus plutôt que d'être transporté en bus ou en voiture. J'essaye de me contraindre et de me dire qu'un jour, les industriels seront plus inventifs pour moins consommer de plastique. Je me suis fait la réflexion en allant chez Costco la dernière fois : rien n'est emballé autrement qu'avec du plastique. C'est vertigineux.
J'ai hâte que l'on puisse faire autrement, vraiment.

Tto, qui a de plus en plus conscience du problème qu'il représente