L'ombre ou la lumièreC'est finalement ce qui a emporté le morceau, finalement le seul angle que je n'avais pas envisagé pour faire ce choix assez déterminant. Lui faisant face et tandis que je déballais l'étendue de mon hésitation, elle joua à replacer dans son contexte chaque enjeu en m'expliquant que j'avais déjà prouvé que j'étais capable de repartir sur quelque chose de neuf, de nouveau et d'assez insécurisant en définitive parce que je sortirais clairement d'une zone de confort [toute relative, entendons-nous bien].

Choisir, c'est toujours renoncer et l'on ne peut toujours ménager la chèvre et le chou surtout quand l'un(e) permet d'être exposé et que l'autre oblige à la discrétion. C'est vrai que je n'avais pas envisagé les choses ainsi ... j'avais, je le pensais, tout pris en compte : la dimension intellectuelle, le positionnement, l'aspect rémunérateur, la localisation, les interactions éventuelles ... jusqu'à la facilité et même l'évidente lassitude que j'éprouverai quelle que soit l'orientation définitve qui sera choisie. Oui mais voilà, il a fallu qu'elle trouve le biais que je n'avais pas exploré à fond pour me déterminer.

"Nan mais ... dans un cas comme tu le dis, tu seras la plume, celui qui écrira ce que les autres exprimeront mais tu seras condamné à être dans l'ombre. Oui mais ... enfin disons le comme ça : tu n'es pas fait pour être dans l'ombre moi je pense."
C'est pourtant paradoxal compte tenu du fait que j'adore tirer les ficelles en toute discrétion et faire mes coups en douce en ayant 14 coups d'avance. C'est vrai aussi que je m'évertue à ne pas trop m'exposer ici non plus ... donc l'ombre est finalement quelque chose de confortable sinon de quasi consubstantiel.

Oui mais voilà, elle comme d'autres me voyant évoluer savent bien que je suis aussi un papillon qui adore se rapprocher de la lumière, qui se nourrit des plaisirs d'une visibilité que je contrôle [du moins, j'en ai l'illusion] et qu'en réalité et au delà des paillettes, il y a un cruel besoin de reconnaissance qui ne passe pas par le fait de devoir rester derrière un rideau avec les frustrations qui en résulteront inévitablement.

Une fois les mots prononcés, je me souviens avoir marqué un temps de silence, mon regard a filé dans la perspective du jardin des Tuilleries où nous étions installés, j'ai réfléchi à tout cela en me laissant quelques secondes pour laisser divaguer mon esprit en ébullition. Et puis, j'ai repris la parole et je l'ai regardée : 
"Tu as raison, je ne suis pas fait pour autant d'ombre. Je n'y arriverai pas. Il n'y a donc plus de question à se poser."

En quelques mots et quelques secondes, voilà la solution à mon problème. Voilà la nouvelle orientation qui sera la mienne, celle dont je te parlerai certainement prochainement.

Tto, assez convaincu