Compte tenu des circonstances actuelles, j'ai envoyé un message tardif sinon nocturne à la dame pas commode [et comme à chaque fois, elle fait exprès de ne pas me décevoir ... elle m'a répondu] pour savoir si nous pouvions nous voir de façon assez urgente. Après quelques tergiversations sur le lieu au sein duquel notre rencontre au sommet, j'ai fait tilt [bien que ce soit très tôt le matin] et je me suis dit qu'on pouvait joindre l'utile à l'agréable [comment ça qui est qui ?]. Voilà un moment que nous voulions faire une expédition punitive chez Grolet ... pourquoi diable ne pas céder à l'envie là tout de suite maintenant, allez hop on est des fous, on est des dingues !

Quelques heures après que nous nous fûmes accordés sur cette idée de génie totalement simultanée en plus, et hop hop hop, nous voilà arrivés rue de Castiglione. Et là, c'est le drame ...

Oui oui, tu vois bien : c'est tout blanc, tout petit et c'est hyper design and modern. Et le choix est limité avec des gâteaux qui varient selon les humeurs, les fruits disponibles ou l'envie. Pas de doute : on est dans l'archétype de la grande maison pâtissière [et c'est bien logique puisque l'on y croise des éclairs au chocolat qui ne sont pas seulement au chocolat] qui revisite sans trop dénaturer le gâteau les propositions. Ainsi, on trouve des cookies, des gâteaux aux fruits et plein d'autres choses ... comme un Saint Honoré. 

Ah oui, le Saint Honoré, c'est tout de même le crash test classique de la pâtisserie : il faut savoir maîtriser la pâte à choux, le caramel, la crème et le dressage. Si tu sais faire tout cela, tu peux tout affronter. Et comme, lors de notre visite, Cédric Grolet proposait un Saint Honoré, tu penses bien que je ne me suis pas privé.

Saint Honoré Grolet

Alors oui ... euh, il n'est pas aussi fantastique que celui qu'il a commis récemment et qui est bon pour le Livre Guiness des records. Cela étant, le Saint Honoré [qu'Angelina, qui n'est pourtant pas bien loin, ne propose même plus à la carte ... n'importe quoi] est bon parce que finalement assez peu sucré même s'il manque, à mon goût de choux : la part n'en compte que deux, ce qui n'est finalement pas assez. La seule touche de sucré réside dans le caramel qui est disposée en haut du choux enseveli dans une crème aussi dense que légère [cette alchimie est assez étrange et voluptueuse]. Bref, ce n'est pas avec un Saint Honoré pareil que l'on va encore me dissuader de revenir ...

Alors que la dame pas commode a fait une razzia de circonstance sur quatre des cinq propositions possibles en boutique [tous les gâteaux aux fruits y sont passés], nous avons néanmoins convergé sur mon deuxième gâteau préféré en pâtisserie mais qui m'occasionne trop souvent d'âpres déconvenues. Le Paris-Brest !

Ah la la, que n'ai-je mangé d'excellents Paris-Brest, le meilleur étant finalement celui que j'ai mangé du côté de Niort dans une boulangerie-pâtisserie qui ne permettait pas d'envisager un tel festin. Et Dieu sait que je tente régulièrement le "meilleur Paris-Brest de Paris" que l'on t'annonce ici et là. Du coup, en voyant que Cédric Grolet en propose un, cela ne pouvait se refuser.

paris-brestLe Paris-Brest se découvre ainsi que tu le vois. Il y a du croquant [et non pas du "croquangue" comme dirait celui qui n'est pas fichu d'en faire un bon, de Paris-Brest justement], il y a de l'exhausteur de saveur avec du sel sur la couronne. La pâte à choux est vraiment bonne, chocolatée sans que ce ne soit trop et le côté croquant ajoute à la dégustation. Non vraiment, le sel apporte un petit plus ...

Ensuite, la crème mousseline pralinée est à l'image des autres gâteaux de Cédric Grolet, quasi parfaite [oui parce que si elle l'était, elle ne serait pas de ce monde ... c'est toujours ce qu'il faut dire]. Pas trop sucrée, dense juste ce qu'il faut, pas trop pralinée non plus de sorte qu'avec les restes de sel qui traînent encore dans la bouche, il y a là un alliage des plus exquis. Pas de doute, c'est un Paris-Brest de bonne facture !

Et quand forcément, tu dégustes un truc pareil, au soleil, dans le jardin des Tuilleries en charmante compagnie et que tu repars avec les idées claires, tu te dis que la pâtisserie Grolet ne va pas tarder à me voir revenir hanter son comptoir. Peut-être même qu'un tea-time est prévu ...

Tto, totalement corruptible avec des choses pareilles !