En avril tout tient à un filLoin de penser qu'il faille prendre cela pour une promesse un peu funeste, le fait que la journée d'hier a été paroxystique : tout n'a tenu qu'à un fil et peut-être qu'à la fin, le fil a lâché.

Déjà, dimanche soir, je me suis mal endormi parce que j'en avais plein le cul d'une journée d'incompréhensions, de sentiment que l'on joue avec moi et ma patience pour le plaisir et sans vraiment prendre en considération ma fatigue évidente. Au bout d'un moment, je suis gentil mais pas débile. Donc oui, je suis allé me coucher vraiment lassé, vraiment fatigué d'un wikende éprouvant où j'ai essuyé des pleurs, où il a fallu que je console, que je conseille, que j'accepte qu'on ne soit pas disponible pour moi alors que j'ai été explicite ... voilà donc de bien bonnes bases pour une semaine éprouvante.

Hier matin, je me suis réveillé tôt puisque rester dans un lit à être bercé par des ronflements et la négation d'un désir ne me convient pas. Autant aller bosser, même à 06h45 ... ça tombe bien, en entrant dans le train, malaise voyageur. C'est là que tu sais que la journée, la semaine et le mois vont être savoureux.

Bref, en arrivant, j'envisage avec crainte tout le programme de la journée [composé notamment d'une séance de travail avec plateau repas ... c'est dire] : je ne vais pas être déçu.

Ça continue à 10h30 où je reçois la réponse de mon oncle au message que j'ai rédigé pour ma mère afin de sécuriser sa sortie de la SCI familiale et au sujet duquel il y a tout de même pas mal de points difficiles. Pas de chance, c'est mon métier ... mais visiblement, la fierté mal placée comme les remises en cause sont compliquées. J'enchaine avec une réunion avec mon assistante qui n'écoute pas beaucoup plus ce que je dis mais c'est pas grave, c'est devenu une habitude.

Et puis, hop, j'entame un marathon de plusieurs heures non sans avoir répondu à mon oncle qui joue sur le registre de la grande tragédie. Je déploie donc des trésors de diplomatie et de tempérance pour déminer ce qui aurait dû l'être depuis des années mais qu'importe ... accessoirement et au passage, je prends la main clairement sur le dossier de la SCI en lui expliquant que je serai désormais son interlocuteur exclusif considérant que ma mère a un peu autre chose à faire.

Et oui, un peu autre chose parce que samedi dernier, à côté des pleurs pour cette histoire familiale, j'ai aussi trouvé mon père dans un état catastrophique, jaune, au bord de l'épuisement et avec des absences incroyables [même à un moment, il ne nous entendait plus]. Comme le sermonner ne sert à rien, j'ai fait preuve de beaucoup d'autorité et j'ai compris qu'il allait voir un autre médecin que le sien pour ce qui, à l'évidence, n'est pas seulement une gastro. C'était donc hier et le constat est direct : allez hop, illico aux urgences pour faire une batterie d'examens dont un scanner. Outre que les analyses sanguines réputées correctes ne le sont pas du tout, il se trouve qu'il est aux prises avec une infection pulmonaire [pile à l'endroit qui a failli le faire mourir il y a bientôt 40 ans]. Donc du coup, j'ai été rongé d'inquiétude mais pas le temps de m'apitoyer sur mon sort, je dois aussi faire face à des crises au boulot, des tourments intérieurs, des pleurnicheries ineptes, des réponses de mon oncle que je parviens à gérer et en plus mes parents qui m'appellent pour me tenir au courant de l'évolution de la situation. Ajoute à cela une instance stratégique à organiser dans mon boulot avec des gens qui t'envoient des supports définitifs qu'ils modifient une heure après envoi ... oui, je suis sorti vers 19h20 rincé, lessivé, épuisé ...

Ah mais cela ne suffisait pas ... il a encore fallu se prendre la tête pour savoir quoi regarder à la télé [la question essentielle de tous les soirs ... qu'est ce que j'en ai marre de devoir s'abrutir devant un écran plutôt que de profiter de la vie] et vers 22h30, j'ai compris que je ne passerai pas une nuit géniale puisque Zolimari, qui est dans le déni sur la qualité de son sommeil ... bousillant le mien par ricochet, s'est mis à avoir des spasmes toutes les 11 secondes, à ronfler ... de sorte que je me suis levé à 23h50 en me demandant bien quelle est la solution à tout cela. C'est bien gentil de me dire qu'on a tout pour être heureux mais moi, je persiste à me dire que non, à titre personnel, je n'ai pas tout, notamment pas l'écoute et la prise en considération de ce que je demande. Cette nuit, je me suis laissé dévorer par des idées noires : il est probable je sois en voie de découragement parce que je suis probablement au bout de ce que je peux donner. Oui, en avril, tout ne tient qu'à un fil.

Tto, très fatigué