Fuir Paris le temps de quelques jours pour ... tomber dans la manifestation géante anti-Brexit qui fit vibrer Londres samedi, il faut reconnaître que c'est un peu singulier et pourtant, le contraste n'en fut que plus saisissant. En effet, alors que les enfants gâtés jaunis n'en peuvent plus de maugréer contre tout y compris contre eux-mêmes, Londres a vu déferler une partie non négligeable de sa population désireuse de continuer à faire partie d'un ensemble plus global là où les gnan-gnans jaunes ont tellement peur du collectif qu'ils sont incapables de se désigner un représentant. Les britanniques que l'on dit si égoïstes le seraient finalement beaucoup moins que Drouet, Nicolle et consorts ... 

IMG_3661

Quoi qu'il en soit, c'est au détour d'une rue que Zolimari [qui venait de croiser deux garçons se tenant par la main] me fit une confidence : "C'est quand même super agréable cette ville. Ça vit, les gens s'en foutent un peu du reste mais il y a encore de l'éducation là où chez nous, bafouer l'autorité est devenu un jeu." C'est assez juste en effet, même s'il faut ajouter que les anglais sont quand même déjà bourrés à 17:30, que ça me fait marrer qu'on fasse une heure à la télé pour un documentaire en expliquant que Meghan Markle a fait shocking parce qu'elle a croisé les jambes en représentation officielle et même si cette société est tout de même très inégalitaire dans le sens où elle ne profite qu'aux insiders [j'adore balancer du "Insiders/Outsiders" à tout va en ce moment ... c'est marrant].

Le fait est que nous avons eu beau temps, on a beaucoup marché [environ 55 km tout de même], j'ai chassé énormément de Pokémons jusqu'à franchir un niveau supplémentaire [le pokéstop dans la chambre d'hôtel, ça aide pas mal], et on a fait pratiquement tout ce que l'on voulait faire en profitant d'une météo quasi idéale.

En plus, et cela ne gâche rien, on a passé du bon temps avec le frère de Zolimari et sa compagne au pull couleur locale. C'est bête, mais je trouve cela important.

"On part déjà" me lança Zolimari hier matin dans la chambre d'hôtel, tandis que je commençais à ranger, comme avec un regret dans la voix. C'est marrant comme il a de plus en plus de mal à revenir ... cela fait deux ans que je note chez lui cette difficulté croissante comme si le moteur du travail n'était plus là pour lui donner le souffle qui m'a abandonné à cet égard depuis bien longtemps.

Nous reviendrons bientôt à Londres [comme trois fois par an finalement] et nous verrons bien si les anglais auront réussi à négocier le virage très serré du vote de 2015, nous verrons bien si l'impression un peu artificielle du dynamisme actuel passera pour permettre de revenir à la frénésie d'antan. On verra bien si cette grande nation saura se relever alors qu'on la voit sombrer un peu plus chaque fois dans une forme de crépuscule, le même vers lequel les enragés du samedi nous précipitent pour mieux venir pleurer quand le régime autoritaire qui aura ramassé le pouvoir lui administrera les remèdes de choc nécessaires [ils devraient en parler aux grecs ...] pour tenir les promesses inconséquentes.

Et dire que parce que les douaniers français chouinent parce qu'ils travaillent trop on a failli ne pas pouvoir partir ...

Tto, who has come back