Fail bookC'est aujourd'hui la journée mondiale sans Facebook et c'est, paradoxalement, aujourd'hui que je vais en parler le plus, le plus depuis des années ... mais pour la dernière fois. En effet, c'est à partir d'aujourd'hui que je vais mettre mes comptes en sommeil [ce message en forme d'épitaphe valant avis létal ... il sera publié sur mes deux comptes].

C'est que ... Facebook et moi, cela fait bien longtemps que ce n'est plus pareil [et le fait de ne plus publier mes billets là bas démontre bien que c'est sans impact sur les audiences], que l'intrusion et le système de valeur que véhicule ce réseau ne me correspond plus. Je n'ai pas envie de faire le procès de ceux qui prennent ce réseau dit social pour le déversoir de leurs indignations sélectives, pour propager des intox toutes plus malsaines les unes que les autres ou encore l'exutoire de leurs frustrations comme si le reste du monde en avait quelque chose à faire. Moi, j'ai fait le choix de construire un espace dédié à ce que j'écris et ce que j'ai envie de partager ... en m'accordant, naïvement peut-être, le bénéfice d'en contrôler la ligne éditoriale.

Aujourd'hui, la plupart des gens qui hurlent au respect de la vie privée et aux grands principes, n'hésitent pas une seule seconde à partager des choses insignifiantes qui alimentent la base de données de Zuckerberg, se rendant dès lors plus monnayables que jamais ... le plus ironique étant les gilets jaunes qui conspuent le système capitaliste et qui l'alimentent tous les samedis en postant de jolies photos bien dégueulasses de leurs exploits séditieux sur une plate-forme qui n'est rien d'autre que la caricature de ce qu'ils prétendent dénoncer. En fait, Facebook leur convient bien : ça leur donne le rayon de lumière qui fait gonfler leur gros nombril et ça leur suffit. Oui, vraiment, Facebook encourage la médiocrité [ne parlons pas de la syntaxe ou des fautes d'orthographe ... c'est au dessous de l'affligeant].

Le pire, c'est que Facebook impose le fait de s'imposer à plusieurs niveaux. Déjà, contrairement à tout principe juridique en la matière, le réseau de Zuckerberg a décidé qu'il n'était pas responsable de ce qu'il laisse publier au seul motif que c'est de la responsabilité de ceux qui mettent en ligne ! C'est nouveau et c'est n'importe quoi. On n'a jamais vu, en droit de la presse [dont relève Facebook comme les autres Twitter ou divers réseaux sociaux], pareille ineptie mais ce n'est pas grave, on laisse faire parce que c'est tellement marrant de croire que l'on intéresse du monde en mettant des photos de son frigo ou encore le sublime panorama de sa serviette de bain sur une plage bondée [mais à quoi pensent ces gens là ??? Qu'on les envie ?]. Alors donc, comme tout le monde se sent en liberté de publier n'importe quoi : les thèses complotistes au sujet des attentats du 11 septembre 2001, les vraies vérités sur ce que le gouvernement nous cache délibérément, tout ce que ces vendus de journalistes n'osent pas dire parce qu'on les paye ... oui Facebook est devenu un ramassis de trucs immondes, une bête fangeuse qui dévore ceux qui y passent leur vie parce qu'ils croient à un espace de liberté qui est en réalité totalement organisé contre eux, pour bien les laisser dans les sphères de ce qui les rassure. Niveau pluralisme et oxygénation du cortex, on repassera ... ah mais c'est pas grave, on voit des photos des petits derniers de la fille que l'on n'a pas vu depuis 20 ans et qui font coucou ... [à quel moment on ne s'est pas dit que si on ne voyait plus les gens au bout de vingt ans, c'est peut-être parce que leur vie ne nous intéresse plus ?]

D0ZTIvSXQAEM_6PCertains s'amusent à déchiffrer l'alogrithme de Facebook en tentant de démontrer qu'en effet, le réseau social enferme ceux qui l'utilisent le plus. Si c'est un choix, tant mieux sauf que quand le vieil oncle de La Courneuve ne s'informait qu'en lisant l'Humanité qui jurait ses grands dieux que l'URSS n'avait rien à voir dans les coups d'état d'Europe de l'Est, cela faisait rire parce qu'on savait bien quelle était la ligne de L'Humanité et qu'il avait donc une vision des plis biaisée. Aujourd'hui, on a quand même des gens qui sont persuadés que ce qu'ils publient ou trouvent sur Facebook consiste en de l'information ! La dernière élection présidentielle américaine aura été sidérante sinon vertigineuse. Et crois-tu que Zuckerberg en aura tiré les leçons ? Bien sur que non.

Le réseau qualifié de "gangster numérique" aurait eu une influence évidente sur les scrutins du Brexit, des élections parlementaires européennes comme des mouvements sociaux divers que l'on voit fleurir ici et là. Jadis, on te narrait que Facebook était l'allié de la démocratie parce qu'on aidait les idées à contourner la censure, c'est aujourd'hui devenu un rouleau compresseur qui se gave de données personnelles à revendre [coucou Cambridge Analytica] tout en propageant une désinformation que les plus propagandistes n'ont jamais atteint même en Corée du Nord ! Partout, des enquêtes parlementaires concluent que le système est dangereux, que Facebook fait du fric en vendant de la pub mais agissant comme le fossoyeur de valeurs démocratiques et des droits individuels, comme lorsque des failles de sécurité permettent le piratage de millions de comptes ou que le réseau ne fait pas cesser des actes évident de cyber-harcèlement. Alors oui, on peut se rassurer en se disant seulement que c'est pour partager des choses avec la famille ou les amis ... c'est vrai qu'envoyer un message, c'est plus compliqué. 29 millions d'américains ont supprimé leurs comptes de Facebook en 2018, la vague se confirme et j'annonce clairement la suivre considérant que j'en ai assez du nivellement par le bas qu'induit Facebook, assez des collectes croisées/décroisées/entrecroisées des informations ... sans compter que Facebook se plaît à maintenir l'obscurité sciemment.

Que chacun prenne ses responsabilités mais la toxicité des réseaux sociaux ne passera plus par moi. Google+ et Patch se sont retirés, Facebook aujourd'hui et Twitter demain ... ça fait de la place et ça libère. En réalité, je continue sur d'autres réseaux qui sont moins pollués par la masse immonde. Bien sur que c'est un peu vain d'agir ainsi quand on reste sur Instagram [qui se révèle de plus en plus être une sorte de télé-achat sur téléphone avec le nombre de pubs qu'on se prend] ou qu'on continue à utiliser WhatsApp ... oui mais voilà, ce faisant j'ai moins l'impression de déconstruire la société. Que Facebook reste avec ses clauses abusives dans les conditions générales d'utilisation, qu'ils s'amusent à garder les informations qu'ils ont sur moi [finalement, pas grand chose] ...je sais bien au fond de moi que dans cinq ans, Facebook aura disparu ou sera moribond. J'en prends le pari ...

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