Les endroits à l'enversEn regardant les vitres de l'Hôpital Foch que je dépassais à présent que le train avançait, je me suis remémoré ces instants d'inquiétude, pendant lesquels je n'avais aucune nouvelle de Zolimari qui m'avait envoyé quelques heures avant un message inquiétant "Je vais aux urgences, il semble que ce soit une méningite". C'était il y a plus d'un an et demi et pourtant, j'y pense presqu'à chaque fois.

Du coup, en une fraction de seconde, je me suis dit que, définitivement, je n'aime pas les hôpitaux. Mais pas que ... et jusqu'à mon arrêt, je me suis amusé à faire la liste des endroits au sein desquels je suis plutôt à l'envers qu'à l'endroit [oui je sais, le style c'est un métier].

Alors oui, à l'instar du fait que je n'aime pas la guerre et que j'ai un goût modéré pour les maladies, les hôpitaux ne sont pas ma tasse de thé. Mais pas seulement et, surtout, pas principalement. J'ai quand même une sainte horreur de certains lieux que j'arpente pourtant régulièrement : les gares et les aéroports. Je déteste ça : les voyageurs sont fébriles parce qu'ils se demandent bien ce qui ne va pas se passer comme prévu, les accompagnateurs sont en l'air parce qu'il faudra dire au revoir ou retrouver quelqu'un qui leur manquait, bref je n'aime pas les gares et les aéroports.

Je n'aime pas non plus les cabinets de dentiste mais ça c'est parce que je déteste les dentistes à telle enseigne que je sue à grosses gouttes [non non, ce n'est pas une image] dès lors qu'il faut tout de même y aller. On comprend alors la rigueur avec laquelle je me brosse les dents.

Je répugne beaucoup aussi à aller dans les garages ou les endroits où l'on traite de problèmes automobiles. Là, c'est un peu l'ambiance mais c'est surtout que je ne comprends jamais rien et donc je me sens aussi à l'aise que dans un congrès de physique nucléaire ou à l'assemblée générale de la fédération des électriciens libéraux. Clairement, je fais tout pour y échapper et j'avoue que je suis ravi que Zolimari accepte de gérer les trucs du genre ...

Si l'on ajoute les lieux où il y a trop de monde [j'ai longtemps détesté les salles de concert pour ça, les boites de nuit sont un truc insupportable aussi], il y a bien une balck-list des endroits que je n'aime pas. J'ai longtemps cru qu'il ne s'agissait que de lieux de départ. Les hôpitaux, ce n'est jamais très joyeux. Les gares et les aéroports, ce sont aussi des départs. Et puis non pas seulement parce que, par exemple, j'adore les cimetières. 

Alors bon, entendons-nous bien : je ne pense pas que le terme "adorer" est un peu excessif mais c'est vrai que j'aime beaucoup me balader dnas les travées des cimetières, voir les sépultures et lire les noms, m'amuser de tel ou tel détail. Pourtant, et c'est aussi ce qui est paradoxal, je vais assez peu me recueillir sur les tombes de mes aïeuls, tantes et oncles sinon cousins. A chaque voyage que je fais sur n'importe quel continent, je ne refuse jamais d'aller passer quelques heures dans un cimetière. Le dernier que j'ai visité à Buenos Aires était splendide.

Or donc ... en descendant du train, j'étais arrivé au bout de ma liste : il y a vraiment des lieux que je n'aime pas fréquenter. Certains tiennent au contexte de départ qu'ils induisent, d'autres sont plus liés à des expériences personnelles dont je garde un souvenir délicat. On a tous des lieux que l'on n'aime pas. En regardant les fenêtres de l'hôpital, je me suis quand même dit que j'ai beaucoup évolué puisqu'avant je ne supportais même pas l'odeur de l'hôpital. Aujourd'hui, ça va mieux mais c'est, d'entre tous, certainement l'endroit dans lequel j'aime le moins évoluer.

Tto, qui devrait penser penser à autre chose quand il rentre chez lui [ou pas]