Le jour se lève et j'ai très mal dormi ...
Des images, des visages se bousculent dans ma tête,
Toute la nuit, comme une obsession,
J'ai entendu cette chanson ...

Le temps qui passe et la vie qui défile et se défile, c'est un peu ce qui a rythmé mon wikende [si le mot "rythme" est encore adapté]. Ca a commencé par une soirée de vendredi où Zolimari a essayé de réparer ses bêtises et déjà, vendredi, j'ai senti que mon corps allait me lâcher. Cette bonne vieille douleur dorsale avec le petit supplément qui te prend les omoplates pour remonter dans le cou m'ont accompagné et, semble-t-il, ont décidé de rester un peu. Pourtant, j'avais des choses prévues mais voilà quand le corps dit STOP, c'est bien qu'il faut l'écouter. Je ne suis donc pas sorti ou presque ...

En regardant "Moonlight" [au sujet duquel Zolimari est décidément passé complètement à côté], j'ai plongé dans les considérations un peu spleeniennes de voir passer le temps, de se demander si tout va dans le bon sens et si l'on fait au mieux. Ce ne sont pas les chemins que je préfère parce qu'ils sont bordés des arbres du doute, de l'angoisse et de la remise en question. Ces derniers ont d'ailleurs repris vigueur à la faveur d'un hiver finissant mais surtout de l'engrais qu'on leur dispense : celui d'une distance inutile, de maladresses évitables et aussi d'un besoin irrepressible de me sentir aimé. On a beau s'entêter ne plus les voir, les spectres de leurs branches reviennent toujours me chatouiller. Dans "Moonlight", Chiron arpente des chemins semblables et probablement plus touffus.

Qu'importe et puisque comparaison n'est pas raison, j'ai donc passé le wikende à m'extirper de branches qui avaient décidé de m'accrocher. Je ne me suis pas jeté à corps perdu dans autre chose [il y avait le choix pourtant ... la peste brune se répandant chaque samedi davantage sur les esprits faibles et vengeurs des chouineurs/casseurs], j'ai regardé ce qui me faisait face et, dans la mélodie des corps assemblés, j'ai tenté de trouver un peu de répit. Hélas, j'ai croisé un regard que je n'aime pas, j'ai fracassé mon désir sur l'absence de simplicité de ce qui devrait l'être ... Comme cela peut arriver, le remède n'a pas produit les effets attendus, m'empoisonnant en retour.

Alors que nous discutions samedi matin tandis que mon ventre était couvert de semence, Zolimari me demanda si j'aurais besoin de parler "à quelqu'un". Comme d'habitude, j'ai repoussé la chose en lui expliquant que si quelqu'un en avait vraiment besoin, c'était bien lui. Prenant ma réponse pourtant sincère pour une esquive, il me demanda si, au fond, je n'avais pas peur qu'on lui explique qu'il n'était pas fait pour moi. "Je n'ai pas besoin d'un juge" ai-je conclu, comme pour échapper à une autre banderille ... et c'est vrai, je n'ai pas besoin que l'on valide que ma vie est faite pour moi. Tout n'est pas parfait, tout est améliorable et je vis avec un homme incroyablement immature pour certaines choses ... oui mais voilà, je suis au clair. Partant, je suis même apaisé par rapport à avant sauf quand on se pique de me hanter ou que l'on laisse s'imposer des impressions artificieuses.

C'est vrai que j'aurais préféré qu'il se consacre à moi plutôt qu'à des mails de boulot le soir de la Saint Valentin [rien que pour le symbole], qu'il ouvre avec moi la love-box, qu'il me donnen l'impression qu'il était avec moi tandis que mes doigts s'amusaient avec son corps, qu'il trouve les mots ou qu'il devance ce que j'espérais alors que je sortais hier soir de la salle de bain après une heure à m'occuper de moi ... mais non, nous n'étions pas en stéréo ce wikende. D'ailleurs, l'étais-je avec grand monde ? Même pas avec moi ...
Regardant quelques images de nos vacances passées dont quelques unes en Islande, il me demanda si cet "ami" [ou ce qui avait pu en tenir lieu] avait répondu à mon message ne laissant pas trop de place au doute, j'ai acquiescé sans lui dire que cette réponse ne m'avait pas surpris et avait confirmé que le dialogue était rompu, définitivement. Les gens croient trop souvent que je suis gentil éternellement, ils se trompent.

En rentrant vendredi soir dans le train, j'étais assis à côté d'un jeune papa avec son fils. Un peu envieux, je les ai observé du coin de l'oeil en me disant que cette vie n'était pas pour moi, pas ici, pas celle-là. En fait, j'étais déjà entré dans la forêt des ombres sans imaginer qu'elle me retournerait la tête jusqu'à ce matin où mes jambes sont si lourdes et mes yeux si fatigués. Peut-être faudrait-il se reposer ? Peut-être faudrait-il qu'il m'apaise.

Tto, un peu fatigué