19-11 Journée de l'homme

Aussi inepte que soit la fameuse Journée de la Femme [le 8 mars], le 19 novembre c'est la journée de l'Homme. Selon son initiateur Jérôme Teelucksingh, l'idée est de mettre en avant les problèmes spécifiques à la gent masculine depuis 1999, aujourd'hui dans plus de soixante pays.

On entend déjà les crypto-MLF expliquer que cela est vain puisque nous vivons dans des sociétés patriarcales, machistes jusqu'au bout des ongles et je ne sais quelle autre simplification s'appuyant inévitablement sur les règles orthographiques selon lesquelles le masculin l'emporte sur le féminin pour asseoir une démonstration un peu faible tout de même [en dépit du fait que oui, des déséquilibres existent encore et il est intolérable qu'ils subsistent]. En réalité, c'est la vision traditionnelle de la société masculine que cette journée a pour but de remettre en cause, en prônant une vision masculine positive afin de "réinventer les relations entre les sexes dans un souci d'égalité, sans exclusive au profit de la vision masculine ou de la vision féminine".

Du coup, deux options s'offrent à moi : être la caricature du macho que j'adore servir aux dindes de la Compagnie chérie qui n'en demandent pas tant pour taper des pieds frénétiquement et se lancer dans des phrases tellement longues qu'elles ne parviennent pas à les terminer, ou alors parler de cette masculinité que j'attends depuis longtemps mais dont les comportements que j'observe ici et là me poussent à devoir me résigner.

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Parce qu'en fait, de cette alternative, il ne résulte pas beaucoup de troisième voie. Soit on est un gros beauf digne héritier des brimades que l'on ne peut réduire au passé en général, soit on se targue d'être progressiste tout en oubliant que la repentance ne peut se résumer à un nouveau déséquilibre qui serait le fait des femmes. En d'autres termes, plus on s'inscrit dans une lutte des genres, plus on pérennise le déséquilibre en y apportant toutes les mauvaises réponses. C'est finalement quand la question sera naturellement réglée que l'on pourra considérer qu'on est enfin parvenu à éradiquer le problème. Que le fait religieux, culturel, biologique ou économique viennent interférer c'est l'évidence mais tous ces prétextes ne peuvent être satisfaisants et amènent à constater aujourd'hui qu'on fait des places aux femmes non pour leur mérite ou leurs compétences mais à raison de leur genre, pour faire bien comme s'il fallait avec elles agir comme avec les minorités visibles ! On le fait avec les personnes ayant des couleurs de peau non blanches, on le fait avec les homosexuels, on le fait avec les personnes handicapées ... on le fait avec les femmes et on connaît tous une situation professionnelle où l'on a mis quelqu'un à un endroit qui n'est pas le sien parce que c'est une femme et ... qu'il en faut bien une. Ces trophées [que j'appelle le syndrome de la plante verte] sont du même tonneau que "Ah ? Tto est gay ? Oh bah c'est pas grave, il en fallait bien un dans la famille" que la soeur de mon père avait répondu quand il lui avait dit que je vivais avec un homme.

D'ailleurs, je vois un intérêt flagrant entre l'homophobie latente et le traitement réservé aux femmes, et donc la conception traditionnelle d'un équilibre social des genres marqué par le déséquilibre en faveur des mâles. Et c'est bien pour cela que le combat des uns rejoint celui des autres, rendant encore plus inaudibles les prises de position des homophobes femelles qui viennent expliquer que l'égalité des sexes est une nécessité tout en niant le problème du traitement encore réservé aux homosexuels.

les couilles sur la table

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J'écoutais récemment mon podcast préféré "Les couilles sur la table" et il était questions des orgasmes masculins, sujet passionnant s'il en est. Outre les choses que l'on connaît, il y est clairement question de l'orgasme prostatique et de la barrière quasi infranchissable que l'hétérosexualité impose en la matière mais aussi, et surtout, il est question au début de l'émission de la conception de l'orgasme et de la différence que l'on doit faire entre la façon dont les hommes le conçoivent et la façon dont les femmes le vivent. C'est très clairement passionnant et quand bien même l'on serait parfaitement à l'aise avec sa sexualité, son sexe et l'orgasme qu'il permet d'obtenir, voilà une discussion qui m'a passionnée ... un peu plus que l'écriture inclusive ou les autres tartes à la crème.

Surtout, cela m'amène encore une fois à considérer que définitivement, le thermomètre d'un individu comme d'une société, c'est vraiment la sexualité. C'est clairement pour cela que j'en parle très aisément, très facilement quand on me le permet parce qu'on touche très vite à l'authenticité.
Comme c'est la journée de l'Homme, écoute donc Victoire parler avec Adam des orgasmes masculins : c'est vertigineusement intéressant.

Tto, qui est un homme quoi de plus naturel en somme