Je pars à Diblan

Dans maintenant 35 jours, ... je vais partir.

Oh ne t'inquiète pas, ce sera loin comme on ne va jamais vraiment. Dans un peu plus de 3 millions de secondes, je laisserai tout tomber pour mieux profiter des merveilles que je veux connaître vraiment une fois dans ma vie.

Plus de 51.000 minutes devront s'écoouler avant que je n'embarque loin, loin si loin que je me demande s'il sera bien raisonnable de revenir quand même. Il parait que c'est un voyage qui change beaucoup de choses ...

Voir passer plus de 850 heures, c'est ce qu'il faudra que je fasse pour goûter au plaisir de profiter enfin de mon voyage de noces, celui qui me mennera dans cette contrée insondable et mythique qu'est l'Antarctique.

Oui, tu as bien lu, dans exactement cinq semaines, nous mettons les voiles vers le point le plus au sud qui soit, à la faveur d'une croisière unique qui nous fera partir d'Ushuaïa, passer par les Malouines, la Géorgie du Sud et enfin la péninsule Antarctique où nous aurons la chance de passer Noël.

Ah oui, c'est bien ce qui fait aussi tout le sucre de ce projet que nous mûrissons depuis plus d'un an, on ne va pas subir les fêtes de fin d'année cette fois-ci. Pas de course de cadeaux, pas de rush de dernière minute à la Fnac ou d'angoisse pour les commandes Amazon qui ne seront jamais livrées à temps ... si tu pouvais imaginer le plaisir que j'en éprouve déjà, tu comprendrais que ma motivation n'en est que décuplée même s'il faudra s'envoyer le Cap-Horn.

Ah oui parce que pour le grand amoureux des bateaux, c'est presque une punition quand même [mais cela faisait tellement plaisir à Zolimari que je ne pouvais le priver d'un tel voyage pour son voyage de noces avec son mari]. Oui mais voilà, je te rappelle que ma rééducation vestibulaire  a fait des miracles ... et puis bon, on s'est pris une cabine de pachas. Nous aurons le temps d'en reparler bien entendu et je ne désespère pas de pouvoir passer quelques photos de temps en temps. 
Je ne sais même pas ce que je vais finalement faire de cet endroit pendant les trois semaines d'absence [et comme je n'aime pas trop le réchauffé, je crois qu'il va falloir que je choisisse de faire un truc délirant qui change encore par rapport aux autres années] ... une chose est certaine : les rétrospectives auxquelles je t'ai habitué tous les ans seront pour janvier ... Pas de shopping pour t'aider non plus, non non vraiment, pour toi aussi, j'ai l'ambition de faire de cette période un moment assez particulier.

L'Antarctique, c'est mythique ... Si un jour on m'avait dit que je voyagerais vers le Paradis blanc [ça y est ? Tu as le jeu de mots du titre ?] pour mon voyage de noces, évidemment que j'aurais signé tout de suite. Voilà qui nous fera du bien et qui va pulvériser la dreaming machine de nos voyages [mais pas d'inquiétude ... on a déjà pratiquement figé la destination de septembre prochain]. On va surtout voir tout ce que l'on n'a jamais vu ailleurs, avec le bonheur de se dire qu'on ne reverra plus jamais ça, qu'on ne remettra probablement plus jamais les pieds sur le continent préservé, qu'on ne sera finalement plus autant émerveillés que nous allons l'être. L'Antarctique que nous allons faire, c'est le plus grand tour possible sans être embarqué dans une expédition scientifique. Là où nombre de circuits se concentrent sur moins de quinze jours, nous avons pris l'option supérieure à trois semaines avec débarquement aux Malouines et en Géorgie du Sud, là où les colonies de manchots sont les plus fournies, les plus impressionnantes et surtout là le monde n'est pas franchement comme ailleurs. Trois semaines, c'est clairement l'occasion de fêter Noël ailleurs et très loin. Trois semaines, c'est aussi se taper la bonne grosse remontée par le Cap-Horn. C'est simple : pour moi, c'est l'Everest maritime ... outre que cela soit le plus au sud des grands caps, il recèle de nombreux dangers comme des tempêtes fortes et fréquentes avec une mer très grosse, des courants circumpolaires antarctiques et comme la présence possible d’icebergs voire des vagues scélérates. C'est simple : j'en bave d'avance ...

Nous serons enfin en saison estivale ... donc inutile de te dire que le jour sera quasi permanent avec des ciels bleus comme cela n'arrive jamais et un silence que j'anticipe être assourdissant.
De tout cela, j'ai faim, j'ai envie, je trépigne d'impatience. 

Nous partagerons évidemment ... mais avant, je partage avec toi mon appétit devorant de commencer à goûter à cela et d'embarquer le 5 décembre prochain.

Tto, qui n'a qu'une hâte