Sad melodies

Je n'avais pas de veste de soie rose, j'ai pourtant déambulé morose parce que le crépuscule était grandiose. Peut-être un jour voudras-tu, retrouver avec moi, les paradis perdus me suis-je dit à moi-même tandis que j'étais dans l'abîme ...

Et j'ai enchaîné les titres mélancoliques, les mélodies tristes m'arrachant, à chaque mesure supplémentaire, le peu de constance qui me rapprochait un peu plus des larmes. Elles vinrent ... j'étais seul, j'ai trouvé que tout cela était trop injuste.

La veille, j'avais tenu ce que je pouvais après ce coup de fil de 17h13, douchant mes espoirs de rebond, coupant mes envolées enthousiastes d'avoir à se projeter ailleurs mais avec un entrain renouvelé. Oui, j'ai été sonné, annihilé et clairement fauché au point que j'ai écrit ce que je ressentais, comme cela venait ... sans vraiment plus penser à ce qu'il fallait dire ou pas pour ménager sa carrière. Sans filtre, comme un paroxysme de ce que j'expliquais ici.

Ce samedi midi, alors que j'étais encore apathique, je me suis isolé et j'ai écouté de la musique, ce "Il mio refugio" de Richard Cocciante qui m'arrache le coeur tant il témoigne de la douleur immense que l'on chante. Ont suivies "La saison des pleurs" de Chamfort, "Sans défense" de Clémence et puis le fameux "J'ai besoin de vous" si bien chanté en concert en 1984 par France Gall ...

Tanguer, comme un bateau qui coule sur une mer déchaînée
Chanter, retrouver le mystère de mes secrets cachés
Je n'y suis pour personne, quand je suis dans vos bras
Que la musique nous donne, la vie encore une fois
Et j'ai besoin de vous, quand la vie m'abandonne
Quand les soirs monotones, me font douter de tout
Et j'ai besoin de vous, c'est à vous que je donne
Seuls les sages et les fous, n'ont besoin de personne
J'ai besoin de vous
Comme d'une passion cachée, comme des mots qui nous donnent des raisons d'exister
Et j'ai besoin de vous, comme d'un amour secret
Qui me demande tout, et qui me reconnaît ...
L'ironie et c'est ce qui me fît pleurer, c'est qu'encore une fois j'ai tout fait pour le gérer seul, par superstition. En parler, c'était compromettre ce que je voulais ... seul Zolimari était dans la confidence et lui seul, en rentrant vendredi soir, a pu mesurer la débâcle qui serait la mienne. Il ne s'y est pas trompé : les rugissants avaient la vigueur nécessaire pour m'en foutre plein la gueule.
A l'effondrement est venu s'ajouter le doute. Finalement, je suis de si peu d'intérêt que l'évidence ne s'est pas faite. Nul ? Peut-être ... en tout cas, le constat est fait qu'il n'y a pas d'envie partagée. Comme en couple, c'est le constat qu'il ne saurait y avoir d'avenir quand le déséquilibre est trop fort, quand rien ne permet d'espérer autre chose que de la souffrance. Glaçant comme je sais l'être et avec l'oeil aussi noir qu'il m'est permis de décocher, j'ai expliqué avec une voix étranglée que nous en étions peut-être au coup de grâce, à la goutte de trop ... appelons cela comme on le veut, l'effet est le même. 
Je ne veux plus des "Désolé" qu'on pourrait m'adresser, je vaux mieux que ce que l'on m'inflige. J'ai fait le choix de tout taire et de ne rien dire, ces lignes suffiront donc à matérialiser la déception profonde qui fut la mienne, après qu'on m'eût faire comprendre que nonobstant toute la légitimité qui était la mienne et les qualités indéniables que je peux susciter, non vraiment ce ne serait pas moi parce que la seule chose qui faisait défaut était, à la réflexion et finalement, déterminante [alors qu'objectivement non]
J'ai un gros défaut : j'ai beaucoup de fierté et je sur-réagis à l'injustice. Là, c'était l'occasion d'appaiser, de passer ce baume reposant sur des plaies accumulées depuis tant d'années. Je ne regrette rien de ce que j'ai dit, de ce que j'ai fait, de ce que j'ai imaginé : je regrette simplement de me gâcher depuis trop longtemps avec des gens qui n'ont, en fait et sans exagération, pas envie de moi.
Tto, qui ne digère pas