2018 - LE REQUISITOIRE

C'est en croisant Jean-Luc Mélenchon, sur la ligne B du RER en fin d'après-midi, il y a 25 ans, que j'ai commencé à me méfier de l'hypertrophie du bulbe de ce grand professionnel des avantages de la République qui manie les postures aussi bien que les impostures jalonnent ses discours factices qui enfièvrent afin de parvenir le plus rapidement possible au chaos, pour mieux s'en repaître. Voulant sortir de la rame, il avait sèchement demandé à une femme flanquée de ses deux enfants "Poussez-vous Madame, vous voyez bien que je veux sortir, vous savez qui je suis ?" ...

Yasmina Kadra disait "Les kamikazes visent le coeur avant l'esprit. Il y a une stratégie derrière tout cela : semer la terreur et le chaos, créer un maximum de désordre." Jean-Luc Mélenchon, abruti par sa défaite du premier tour de l'élection présidentielle de 2017 et ses fameuses 600.000 voix manquantes pour affronter Emmanuel Macron au second tour [comme je remercie ces 600.000 français qui n'ont pas fait cette erreur là], est un kamikaze de la démocratie qui vaut bien, tant sur les méthodes que la rhétorique employée, les caciques de l'extrême-droite. Difficile de s'étonner davantage que l'on puisse faire autant de parallèles entre la France dite Insoumise [sauf à ses propres intérêts] et le Rassemblement National, tous deux populistes et démagogues et tous deux récusant les règles démocratiques des institutions dont ils acceptent pourtant les doux subsides en sa vautrant régulièrement dans des pratiques douteuses qui ouvrent souvent sur des investigations judiciaires.

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La liste des faits et actes de ce petit clan qui s'entend bien tacitement voire de plus en plus explicitement [Obono soutenue par Marine Le Pen, Marine Le Pen soutenue par Mélenchon à l'occasion des poursuites dont elle fait l'objet] commence à s'allonger au point que les caricaturistes peinent à trouver l'imagination nécessaire pour imaginer l'improbable, tout rattrapés par la réalité sidérante de ceux qui proclament artificieusement défendre les pauvres gens broyés par un système qu'ils refusent mais dont ils acceptent toutes les grâces qui sont, dès lors qu'elles leur sont adressées, beaucoup moins répugnantes et infâmes. Ainsi en est-il des protections liées au mandat de parlementaire dont Jean-Luc Mélenchon, jamais avare de paradoxe, exigeait pendant la dernière campagne présidentielle que tous les candidats aux législatives de la France insoumise signassent la charte éthique de l’association Anticor qui préconisait la suppression de l'immunité parlementaire : "Supprimer l’inviolabilité dont bénéficient le Président de la République et les parlementaires (qui les empêche de faire l'objet de mesures privatives ou restrictives de liberté pendant la durée de leur mandat, même pour des actes étrangers à l’exercice de leurs fonctions)" ... le même qui beuglait mardi qu'en raison de son mandat de député il était interdit de le toucher, ce qui juridiquement est évidemment totalement inexact. Juridiquement [mais sa conseillère juridique Garrido n'est peut-être pas encore arrivée à cette page-ci du mémento express de procédure pénale ...], son mandat de député interdit de prendre immédiatement toute mesure privative de liberté. Il y a une marge entre toucher un élu et le mettre en prison. On n'est jamais à l'abri d'une approximation pour le député Mélenchon qui préfère railler l'accent d'une journaliste de LCI pour éviter de répondre de l'incohérence entre ses propos jadis prononcés et ses actes.

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Hurlant au sacré, résumant sa personne à la République [ce dont on remerciera la République de bien vouloir nous protéger encore quelques temps si possible] comme Louis XIV le faisait avec l'Etat, Mélenchon n'en finit plus de mettre en scène ses déboires procéduraux pour mieux dénoncer ensuite une mise en scène orchestrée par le pouvoir ! Il conspue les journalistes et le traitement qui est fait de ses affres alors que l'émission "Quotidien" sort une vidéo dans laquelle il remercie la présence desdits journalistes comme seule protection pour lui et ses militants. La turpitude est permanente et les outrances sont légions ... toujours jusqu'à devoir dépasser toutes les bornes dont il ne supporterait pas, en nombre, que du quart de la moitié du huitième elles soient piétinées à son détriment compte tenu de la haute considération qu'il tient à sa petite personne d'élu professionnel de la République. Cela va même jusqu'à conspuer ceux qui décident de ne pas se rendre aux convocations d'un juge d'instruction [comme Marine Le Pen] en sortant avec morgue "Nous, quand on est convoqué, on n’a pas d’immunité ouvrière, on y va." en plein débat télévisé. Oui mais voilà, mis en cause pour diffamation par le journaliste du Monde Paulo Paranaguá décrit comme "un criminel repenti qui tirait sur des agents de police et des gardiens de banque" au motif d'articles sur la politique au Vénézuela, le leader-minimo Jean-Luc Mélenchon a soudainement justifié de son immunité parlementaire ne pas se rendre chez le juge nonobstant le fait qu'il fut convoqué à plusieurs reprises par le juge depuis huit mois, Raquel Garrido son avocate ayant expliqué qu'il n’était pas disponible ! Un tel niveau de Tarfufferie confine à la psychiatrie. 

Le bazar de mardi a, au moins, démontré plusieurs choses : Mélenchon [puisqu'il aime appeler les gens par leur patronyme directement] n'a rien d'un homme d'Etat, c'est plutôt un syndicaliste raté qui siphonne les idées de gauche en annihilant toute alternative pour mieux proposer un césarisme nauséabond qui ne procéderait que d'une transposition brouillonne d'une dictature sud-américaine destinée à renverser le rang des privilégiés qu'il conchie pour mieux profiter de leurs priviléges qui sont plus digestes quand ils lui profitent. L'emportement, le fait de bafouer à ce point l'autorité judiciaire, de molester un procureur de la République, d'arguer le fait qu'il soit sacré alors qu'il se targue d'être un laïcard agnostique, de résumer son petit nombril boursouflé à une idée plus noble que cela, la République ... voilà bien ce qu'est Mélenchon, auquel il convient de ne pas oublier les Quattenens et Corbière qui sur les images perdent totalement leur sang froid et agissent comme des bêtes en meute, trop heureuses de fouler aux pieds un état de droit au motif que le système qu'ils abhorrent mais dont ils profitent grassement leur demande des comptes comme à n'importe quel justiciable alors qu'ils ne sont que députés de la République, sans qu'ils n'aient à s'y soustraire contrairement à ce qu'ils pensent. Voilà donc des pantins qui ne courrent qu'après des privilèges qu'ils ne manquent pas de contester aux autres mais qui, à l'instar de Mélenchon, leur vont bien quand il s'agit d'échapper aux conséquences de leurs actes. Insulter les journalistes comme les opposants tout en se complaisant dans des logorrhées hallucinées procède d'une négation de l'équilibre démocratique, de l'acceptation des contre-pouvoirs dont on sait bien que les régimes autoritaires ne tolèrent pas beaucoup l'existence contrariante pour leurs vils intérêts.

1997 - 2018

La scène de mardi m'a rappelé cette scène de 1997 au cours de laquelle Jean-Marie Le Pen avait promis à un jeune homme roux de lui faire sa fête, le traitant de "tapette" puis se jetant sur une élue de la République pour passer ses nerfs. Ce faisant et devant les caméras, il avait montré le visage de l'homme qu'il est vraiment, incapable de pouvoir se maîtriser alors qu'il dispensait des leçons à la Terre entière sur tout et surtout n'importe quoi. Là encore, le parallèle est saisissant et l'on retrouve chez Mélenchon la même ivresse de violence, dirigée contre les institutions représentant le peuple qu'il se targue pourtant de défendre, facticement. Le Pen et Mélenchon sont les alliés objectifs au service d'une même stratégie qui consiste à déconstruire le socle des institutions qu'ils rejettent comme autant d'équilibres. Les prétentions abusives d'avoir à mener le pays se fracassent sur le constat terrible des images qui ne laissent plus planer aucun doute sur leur incapacité évidente à pouvoir embrasser les ambitions qu'ils se sont mis en tête. Leurs intérêts sont à ce point liés que Mélenchon n'expliqua jamais clairement qu'il convenait de voter pour Emmanuel Macron en 2017 contre Madame Le Pen. La collusion frôle l'indécence tant elle est évidente. Tout cela ne serait pas grave s'ils ne dansaient pas tous frénétiquement autour du bûcher qu'ils allument en permanence comme pour assouvir leurs projets funestes. A l'extrême droite comme à la France Insoumise, les renoncements démocratiques et l'olligarchie [quand il ne s'agit pas de népotisme] sont de mise, comme des valeurs cardinales. L'hyper-personnalisation des deux mouvements efface toute cohérence du discours dénonçant le besoin de passer à une VIème République qui soit moins incarnée par le Président de la République. Les valets sont serviles mais aucun ne parvient à dissiper l'ombre pestilentielle que la morgue enrobée d'un langage prétendument élaboré accompagne comme le présage d'un fascisme ténébreux.

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En 1997 comme en 2018, c'est ce que l'on appelle un suicide politique. Dans les deux cas, on en ressort avec l'idée qu'il est définitivement impossible de confier la moindre responsabilité à ces deux clowns pathétiques tant ils sont irresponsables. Jadis Le Pen fut poursuivi et condamné, je ne comprendrais pas qu'il n'en soit pas de même pour Mélenchon alors que tout le monde se plaint d'un recul de l'autorité de l'Etat partout et à toutes occasions. Le moins qui puisse exister serait que les députés de la France Insoumise que l'on voit en pleine démonstration sur ces accablantes scènes navrantes soient traduits en justice pour menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Jean-Luc Mélenchon, aussi bien conseillé par Raquel Garrido que par Juan Branco [sombre avocaillon qui trouve utile d'"outer" un secrétaire d'Etat au motif que sa nomination serait à rechercher dans son lit ... c'est dire le niveau des arguments], devrait, quand ses petits nerfs fébriles auront permis d'irriguer à nouveau son cerveau, lire l'article 433-3 du Code Pénal :

Est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende le fait d'user de menaces, de violences ou de commettre tout autre acte d'intimidation pour obtenir d'une personne mentionnée au premier ou au deuxième alinéa soit qu'elle accomplisse ou s'abstienne d'accomplir un acte de sa fonction, de sa mission ou de son mandat, ou facilité par sa fonction, sa mission ou son mandat, soit qu'elle abuse de son autorité vraie ou supposée en vue de faire obtenir d'une autorité ou d'une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable.

On rappellera qu'agir en bande organisée est une circonstance aggravante ...
Les mêmes qui balancent un secrétaire d'Etat ne supportent pas que Mediapart, jadis encensé, balance à son tour sur les sombres petites histoires de la France dite Insoumise et de son leader minimo chez qui on a retrouvé Sophia Chikirou [ex-patronne du "Media" qu'elle a réussi à faire couler en moins d'un an, bénéficiaire de largesses pendant la campagne présidentielle et véritable yoyo politique, allant de Sarkozy à Mélenchon en fonction des zéros], chez qui on a retrouvé 12.000 euros en liquide ... C'est certain que pour faire diversion, il faut tout le wikende appeler à se défouler sur les journalistes de franceinfo: [grande classique de la rhétorique fascisante ... Trump fait ça très bien].

Qu'Adrien Quatennens, Danièle Obono ou Alexis Corbière [on imagine que Clémentine Autain sera moins heurtée en raison des graves échanges l'ayant opposée à Mélenchon dans la coulisse au sujet des migrants] se préparent à jouer l'indignation la plus volcanique possible, je me réjouis à l'avance de la prochaine levée de l'immunité parlementaire de Mélenchon et de quelques autres ... voilà qui le soulagera un peu et le rapprochera un peu de ses paroles jadis prononcées comme des promesses : ça nous changera un peu des effets de manche ou des postures de circonstances que de le voir donner un peu de corps à des déclarations qui furent incontestablement les siennes. Quant à ses électeurs ou ses groupies, bon courage pour le retour à la réalité : la forfaiture n'est jamais gage de beaucoup d'avenir et c'est tant mieux.

Tto, qui se réjouit de voir que le naturel revient toujours au galop