2018 - LA PREMIERE FOIS

Depuis mes péripéties au Quebéc, confirmées par cette puissante envie de mourir rapidement entre Mykonos et Paros, à laquelle il convient de ne surtout pas oublier les conséquences détestables d'une tempête sur la Mer Adriatique l'été dernier qui ne me permit pas de tenir davantage que 10 minutes, c'était l'évidence : j'avais un petit problème avec l'eau quand elle a décidé de me démonter. Pour simplifier, j'étais sujet au mal de mer.

"Sujet", pas qu'un peu ... rarement dans les derniers à pouvoir tenir, il suffisait qu'un peu de houle fasse sortir quelques vagues ou que certaines conditions météo aboutissent à transformer un ferry, un speed-boat, un zodiac ou même un petit bateau de pêche en machine à laver pour que j'y passe dans les 10 minutes. Il faut dire qu'avec le temps, les conséquences physiques devenaient de plus en plus spectaculaires même si, à la réflexion, elles furent toujours les mêmes mais je n'avais pas perçu le lien qui les unissait. Si le mal de mer est communément associé à la nausée, moi j'ai le droit au petit plus sympathique : je me tétanise de minute en minute au point de ne plus pouvoir parler, de suer comme un canasson qui aurait gagné le tiercé et mes membres se désactivent les uns après les autres. Pour celui qui m'accompagne, c'est toujours un peu spectaculaire et moi je n'ai finalement plus qu'une seule envie : mourir et vite.

Tu me diras que ce n'est qu'un mauvais moment à passer ... certes mais il arrive néanmoins que la navigation m'expose à être ballotté et donc, dans l'incapacité manifeste de pouvoir maîtriser mon corps, il en résulte d'éventuelles conséquences qui peuvent rapidement devenir dommageables. C'est ainsi que j'ai littéralement failli me briser le dos au Québec lorsqu'une vague plus forte que les autres me fit valser et que je suis retombé sur le dos alors que j'étais paralysé et en train de me congeler réellement [je te rappelle que je transpire beaucoup et quand il fait 5 degrés en extérieur, ça commence à engourdir]. Dans les îles éoliennes, je suis carrément tombé du siège et me suis écrasé comme un légume tandis que je n'en finissais plus de vomir [finalement, je ne vomissais plus grand chose puisque je n'avais plus rien dans le ventre]

La situation était donc celle-là. Et puis, en guise de voyage de noces, Zolimari m'a convaincu de faire un voyage assez unique et fantastique. Le problème, c'est qu'il suppose que je passe 21 jours sur un bateau et que l'on doive forcément passer par le pire endroit navigable possible sur Terre. Comment t'expliquer que mon enthousiasme n'était pas franchement des plus évidents ? C'est alors qu'il me sortit de sa poche [rassure-toi, c'est tout à fait respectable] le joker : "J'ai le remède pour toi, j'ai bien cherché, il y a peut-être une solution". Curieux, j'ai voulu en savoir davantage et c'est à l'occasion de mon anniversaire qu'il m'offrit ma première séance de ... rééducation vestibulaire.

To be continued