2018 ETE - Pas possibe

Dans les rues de Strasbourg, il n'y a pas grand chose qui procède du hasard. Oh je ne parle pas de la faune locale [assez agréable pour la majorité d'entre elle], mais de l'environnement en tant que tel. La ville où fut composée la Marseillaise, celle où Goethe suivit des études de droit et y élabora sa pensée, là où Saint Exupéry effectua son service militaire en 1921 n'est jamais avare de surprises et c'est précisément de l'une d'elles dont il va être question présentement.

Résultat de recherche d'images pour "maisons strasbourg"Il se trouve que si l'architecture de la ville st assez typique, et particulièrement dans la région, Strasbourg peut se targuer d'une curiosité à cet égard. Ce ne sont pas nécessairement le nombre de croisillons, de fenêtres ou encore le nombre de carreaux qui interpellent. Non non, ce sont les couleurs. Tu as certainement remarqué que les maisons strasbourgeoises ont pour particularité d'être assez colorées et cela ne doit rien au hasard ni à une coquetterie esthétique d'un architecte urbaniste qui aurait décidé de recréer un arc-en-ciel au sein de la ville. Ah non ... c'est bien autre chose et c'est ce que tu vas apprendre pour cette dernière curiosité du lundi.

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Jadis, il était une règle relative à l'utilisation des couleurs au sein de la cité: les couleurs des façades avaient pour but d'afficher une signification précise et pas seulement pour le plaisir de le faire mais bien plus encore parce que l'illétrisme régnant au Moyen-Age était contourné en utilisant le code couleur.

C'est ainsi que les couleurs, attribuées notamment à chaque corporation, devaient permettre de se repérer plus facilement dans la rue, que l'on sache lire ou non. La seule contrainte du système consistait à savoir quoi relier avec la couleur. De cette façon, un quartier ou quelques maisons affichaient la couleur si l'on peut dire : si la profession était l'information la plus utilisée, il en était d'autres qui permettaient tout de suite de savoir où l'on mettait les pieds et à qui on allait avoir à faire. 

L’association ouvrière conserve aujourd'hui encore cette tradition en distinguant toujours les métiers en fonction de la couleur ancestralement utilisée.
Le bleu, c'était la couleur des métiers du bois. Le rouge, c'est la couleur des métiers du fer.. Pour le jaune, on taquinait les boulangers et pâtissiers en ce qu'ils utilisaient du blé de couleur plutôt proche. Pour les cuirs ou les tissus, on utilisait principalement le vert. Les maçons, tailleurs de pierre, couvreurs et plâtriers étaient regroupés avec la couleur crème. 

Mais ... la couleur pouvait également désigner autre chose et notamment la confession. Strasbourg, ayant reçu Calvin et étant géographiquement proche de l'Allemagne protestante du XVIème siècle, la religion avait forcément trouvé le moyen de s'introduire dans l'utilisation de ce code couleur : les façades rouges étaient souvent réservées aux propriétaires de confession protestante. Pour les catholiques, on utilisait le bleu. 

Tu ne regarderas donc plus vraiment de la même façon les façades strasbourgeoises ...

Tto, qui t'en fait voir de toutes les couleurs