2018 ETE - Carnet de voyage

C'est là qu'a commencé une belle histoire ... une histoire pleine de frissons et de visions. Oui, cela m'arrive quand j'arrive dans certains lieux, je ne peux m'empêcher de laisser aller mon imagination et de me croire immergé dans une autre époque. C'est bête mais je crois que j'y parviens ... Oui, c'est ici qu'a commencé la belle histoire des fantômes.

C'est en arrivant à Val-Jalbert. C'est un ancien village du Québec, au Canada, devenu ville fantôme. Son territoire, aujourd'hui intégré à la municipalité de Chambord, au bord du Lac-Saint-Jean, a été transformé en attraction touristique depuis les années 60, classé site historique en 1996. Situé à la limite des municipalités de Roberval et de Chambord, tout commence en 1901 quand Damase Jalbert, originaire du Lac-Bouchette, y construit une usine de pâte à papier. Pourquoi ici ? Parce que l'emplacement est idéal, l'énergie nécessaire à l'actionnement des machines est produite par les deux chutes monumentales de la rivière Ouiatchouan, proposant un dénivelé de 72 et 35 mètres.

En 1904, au décès de Monsieur Jalbert, la compagnie est achetée par des américains qui firent rapidement faillite. En 1909, elle redevient propriété québécoise via la Compagnie de pulpe de Chicoutimimais dix années plus tard, l'épidémie de grippe espagnole de 1918 décime la population. Après d'autres rachats, en 1927, la Quebec Pulp and Paper Mills Ltd. cesse toute activité en raison de la baisse de la demande de pâte mécanique non transformée.

Le village fondé par Jalbert en 1901 porta d'abord le nom de Saint-Georges-de-Ouiatchouan, du nom de la rivière qui le traverse. Créé ex-nihilo, il fut ensuite renommé Val-Jalbert en 1913 par le propriétaire de l'usine en l'honneur de son fondateur. 

A la faillite, le propriétaire de l'usine était également propriétaire de tout ce qui n'appartenait pas à des particuliers. Finalement, en 1942, le gouvernement du Québec rachèta toute les installations de Val-Jalbert pour 1.500.000 $ après la faillite du propriétaire pour cause de non paiement de ses dettes. Le gouvernement confie alors le site au ministère des ressources hydrauliqueset interdit aux gens de se promener dans le village de Val-Jalbert jusqu'à l'accès à l'aide d'une clôture. Un gardien est même affecté jusqu'en 1960.

Lors de son abandon, le village comptait alors une maison de pension de 20 chambres, deux magasins, une boucherie, un couvent-école, une église, un cimetière, un moulin à pulpe, un moulin à scie, un atelier de charron, un moulin à farine construit en 1887. Après 1960, le site est rouvert aux touristes et une série de travaux d'aménagement et de restauration sont amorcés. Aujourd'hui, le site compte environ 40 employés permanent et le double lors de la saison estivale. Les revenus annuels du site sont d'environ 2 millions de dollars canadiens et chaque année le site accueille environ 150 000 visiteurs.

Et parmi ceux-ci, j'ai visité cette ville fantôme et le terme n'est pas galvaudé : il y règne une atmosphère particulière. Ce n'est pas que tu as l'impression d'être observé ou que des zombies vont surgir de n'importe où. Non, c'est bien plus subtil que cela. A l'instar des villages de Sardaigne déplacés en raison du péril imminent d'un volcan ou d'une coulée de boue, comme certains lieux désormais vidés de Nouvelle-Zélande en attestent également, on sent qu'il y a eu de la vie et que tout est resté en place comme si le seul témoignage de ce qui a été ne sont plus que quelques murs, des chemins tracés de façon rectiligne ou encore des traces d'une civilisation qui 'est exprimée dans un magasin général ou une école. Les villes ouvrières ont ceci de commun qu'elles sont le témoignage d'une époque révolue, d'un passé qui ne sera plus et c'est là que prend tout son sens l'aspect patrimonial du lieu.

A Val-Jalbert, c'est d'un îlot de civilisation dont on parle puisque le village est coincé entre la rivière et le lac. De la grande route, on ne le voit pas et il faut vraiment s'aventurer à remonter la rivière et se rapprocher du vacarme de la cascade pour entrevoir ce qui reste de l'activité fort lucrative d'antan. Ah oui parce que l'attraction du lieu, ce sont les maisons hantées d'un passé mais aussi et surtout la cascade qui fait un bruit de tous les diables.

Val Jalbert 01

Val Jalbert 02

 

Et d'ailleurs, quand on a la chance de visiter Val-Jalbert un peu isolé, avec un temps menaçant, l'atmosphère est assez étrange ... Le silence n'est pas vraiment de mise et je me suis plu à chercher des signes un peu ésotériques. Derrière telle ou telle fenêtre, y avait-il quelqu'un qui me regardait ? Val Jalbert 06

Ces maisons et ce magasin général avaient-ils des choses à raconter, des histoires de vie à partager ? Probablement ... mais je dois t'avouer que je n'ai jamais vraiment eu envie de me confronter à cela. J'ai vu trop de films de teenagers utiliser l'artifice comme cela en sorte que cela me file la frousse, bêtement. Oui mais voilà  l'aspect figé de l'univers pouvait vraiment laisser deviner que tout n'était pas parti comme ça, furieusement et immédiatement. En réalité, tout a cessé progressivement certes mais, si l'agonie fut lente, rien n'empêche qu'il a pu rester des choses ...Val Jalbert 04

Oui oui, j'aime bien me faire peur et les villes fantômes sont idéales pour cela. Ce sont des terrains de jeux quasiment propices ... et puis au détour de la visite, un arc-en-ciel est venu éclaircir le ciel bien sombre qui promettait le déluge. Au final, il n'a jamais plu, la seule eau était celle qui tombait de la cascade.Val Jalbert 03

 

Tto, qui aime les fantômes