2018 ETE - Shhh Story

T'es pas un mec pour rien tiens ... C'est en substance ce que celle qui partageait ma vie à l'époque me rétorqua lorsque je lui ai raconté ce qui venait de se passer. Et je ne peux, hélas, lui donner tort.

C'est pas de ma faute, j'étais dans ma période d'hyper consommation de chair et de garçon, cette fabuleuse période serial-fucker qui devait bien passer, après tant de convulsions passées qui m'avaient persuadé que l'on n'y reviendrait plus et puis non. J'étais reparti à consommer et sur-consommer, tous les soirs, de nouveaux corps, dans des conditions étranges, fricotant avec des gens peu recommandables mais voilà, ça m'excitait. J'étais un peu l'archétype de celui qui ne réfléchissait plus parce que l'irrigation de son entre-jambes empêchait le cerveau d'être alimenté. et dans ces cas là, on dort peu, on a du jus pour tout et tous et on se jette à corps perdu dans la luxure. Ceux qui n'ont jamais connu cela ne peuvent pas savoir de quoi il retourne et pourraient me juger : qu'importe, j'avais fait le choix d'aller au bout de l'expérience, des expériences même si, rétrospectivement, j'ai pris conscience ensuite des risques insensés pris juste pour jouir.

Son profil était clair : il cherchait à se faire tringler. 18 ans, look à la Justin Timberlake fraîchement sorti du Disney Club ... on dirait aujourd'hui, sans que cela ne soit volé, qu'il s'agissait d'un Twink. Je n'aimais pas les mecs comme ça mais ce soir là, tandis que j'avais commencé à regarder "Les Deux Tours" de la trilogie du "Seigneur des Anneaux", j'avoue que ce qu'il était en train de me proposer me donnait un peu plus envie. On ne pouvait pas aller chez lui, son père était là avec sa nouvelle compagne. Lui n'était pas motorisé et moi j'avais fixé comme ligne rouge de ne jamais recevoir chez moi parce que je ne vivais pas seul précisément [et je faisais déjà assez ce que je voulais en la matière]. En discutant un peu et en me prêtant au jeu de l'attraction/répulsion, j'ai fini par le motiver à sortir malgré le froid piquant du moment. J'avais une voiture mais pas d'endroit où aller. Comme je voulais éviter de tomber dans je ne sais quel traquenard, j'avais posé comme condition de ne me déplacer que si on savait ce que l'on allait faire ... donc où on allait baiser.

C'est alors qu'il m'indiqua qu'il connaissait un endroit dans le Bois de Verrières. Moi, dans une forêt la nuit ! Moi ? Comment dire, je suis pétrifié par les forêts en pleine obscurité parce que s'il y a bien une chose qui m'épouvante depuis que je suis tout petit, c'est bien de me retrouver dans un tel environnement où tous les fantasmes de petits garçons [les sorcières, les brigands, les monstres et autres avatars] se disputent un tel territoire à raison du crépuscule. Diable ! C'est soit passer outre cette phobie et m'envoyer en l'air, ou rester entre les mains de Peter Jackson à revoir un film qui sera long et que j'ai déjà vu avec les couilles pleines. J'ai beaucoup hésité et alors que j'avais mis la clef de contact pour démarrer, je me demandais toujours si j'avais fait le bon choix. Finalement, je ne le connaissais pas, ne savait rien de lui et nous venions simplement d'échanger nos numéros de téléphone. Et si j'étais tombé sur un serial killer qui m'attirait dans un endroit reculé pour me détrousser ou me faire la peau ? Se vider les couilles en prenant autant de risques était-il bien raisonnable ? On n'est jamais vraiment raisonnable dans ces cas là ...

J'y suis donc allé. Je ne l'ai pas reconnu tout de suite, il attendait sur le rond point, à l'endroit convenu. Il ressemblait à ce que j'avais vu de son visage [le reste aussi, je m'en apercevrai plus tard]. Il voulut m'embrasser, je l'ai repoussé : je n'embrassais pas les plans cul. Directement, je lui ai demandé de m'indiquer où nous irions nous poser, il me guida vers l'entrée des bois. Après quelques minutes, je stationnais, en pleine noirceur, seul au milieu des arbres, au loin je voyais une petite lumière d'une habitation mais c'était bien loin !
On a commencé à discuter, il se réchauffait un peu, ses mains commençaient à être entreprenantes, je me mettais en condition et nous fîmes ce que nous attendions l'un de l'autre. Les voitures, ce n'est vraiment pas le top mais le contraste de la chaleur de la voiture avec le froid polaire extérieur permit rapidement d'embuer toutes les vitres. Nous avions rabattu les sièges à l'arrière, cela lui permettait d'être plus étendu.
Pendant que je lui donnais du plaisir, je regardais malgré tout autour, histoire de guetter le moindre signe qui puisse m'alerter. Et puis, je me suis lâché ... sans retenue.

"Hummm c'était bon hein" me lança-t-il quand ce fut fini et que je commençais à rassembler mes vêtements pour me rhabiller. Après lui avoir demandé s'il venait souvent ici, il m'avoua que c'était la première fois mais qu'il en avait eu envie avec moi. Je suis sorti de la voiture pour remettre mon pull camionneur avant de le ramener au même rond point où je l'avais trouvé. "Fallait vraiment que j'aie envie de son cul quand même" me dis-je en rentrant chez moi ...

Plus tard, un blogueur célèbre qui m'avait indiqué qu'il n'était pas assez sous le charme pour que nous couchions ensemble et à qui je racontais cela me mit en garde de faire attention à l'avenir parce que l'on peut tomber sur de sacrés désaxés et qu'il ne faut pas que je gaspille mon capital chance en la matière. Je n'ai plus jamais recommencé, j'avais en quelque sorte coché la case à l'instar de tant d'autres. La frénésie, simplement.

Tto, qui réfléchissait un peu trop avec sa bite à cette époque