2018 ETE - Carnet de voyage

On en parle comme d'une merveille au moins équivalente à Petra lorsque l'on va en Jordanie. Et ce n'est pas usurpé : le Wadi-Mujib est une pure merveille géologique et un enchantement naturel difficilement comparable à ce que l'on peut trouver par ailleurs même s'il n'y a pas qu'en Jordanie qu'existent des gorges.

Située à 400 mètres au dessous du niveau de la mer Morte, Mujib est, cependant, la réserve naturelle à plus basse altitude du monde. Parce qu'il s'agitr effectivement d'une réserve naturelle, d'un écosystème à part entière et, à la limite, d'un autre univers alors que la route qui longe la mer morte est à quelques mètres. Une fois dans le Mujib, on bascule dans une autre dimension ... C'est un chemin à travers un canyon comme le Siq de Pétra mais inondé d’eau. D'ailleurs, la configuration des lieux ne présente pas beaucoup d'ambiguités : Pétra est bien l'itinéraire final de ces gorges qui relient la cité mythique à la mer morte, la plus salée du monde. La réserve de Wadi Mujib est située dans le paysage montagneux à l'est de la mer Morte, dans la partie sud de la vallée du Jourdain , à environ 90 kilomètres au sud d' Amman. C'est une réserve de 212 kilomètres carrés qui accueille le débit d'eau de sept affluents de la vallée. La réserve se compose d'un désert montagneux, rocheux et à végétation clairsemée avec des falaises et des gorges traversant des plateaux. Des cours d'eau pérennes, alimentés par des sources, coulent sur les rives de la mer Morte. Plus de 300 espèces de plantes, 10 espèces de carnivores et de nombreuses espèces d'oiseaux permanents et migrateurs ont été enregistrées à ce jour. Certaines des zones montagneuses et de vallée éloignées sont difficiles à atteindre, et offrent ainsi des refuges sûrs pour les espèces rares de chats, de chèvres et d'autres animaux de montagne.

Le Wadi Mujib a toujours été une frontière importante. Selon le Pentateuque, il séparait autrefois les Moabites des Amoréens. Après la colonie hébraïque, il divisa, du moins théoriquement, Moab des tribus de Ruben et de Gad. 
La gorge de Wadi Mujib, c'est la véritable Mecque des aventuriers et des passionnés … les sensations sont impressionnantes à telle enseigne que le prince-héritier Hamzah Al Hussein confirma que c'est l’un de ses sites favoris. L’UNESCO a décerné le titre de réserve de la biosphère en 2011 au site. Mais précisons déjà qui est quoi : le Mujib, c'est le nom du fleuve et le Wadi, c'est la désignation de sa nature, "wadi" signifiant oued, c'est à dire un cours d'eau variant d'intensité puisque parfois asséché ou parfois à fort débit selon les précipitations.

Aux temps bibliques, Mujib s’appelait Arnon, terme d’origine hébraïque signifiant « bruyant », en référence au grondement de ses cascades, et c'est vrai qu'elles font grand bruit. Les montagnes de Karak et Madaba atteignent 900 m d’altitude tandis que le tronçon le plus bas du Mujib est à 416 m au-dessous du niveau de la mer : un dénivelé de 1300 m au total donc.

Comme le canyon est rempli d’eau pendant toute l’année, il faut donc rejoindre l'excursion pour le traverser en suivant le cours du fleuve ou en le remontant. Pas d'inquiétude, le canyon est large et l’eau n’y est pas tumultueuse, du moins au début. En effet, plus on monte, plus le défilé rétrécit et les rochers entravent même le chemin. Quatre parcours existent dont trois [Siq trail, Canyon trail et Malaqi trail] sont aquatiques et ne sont accessibles qu’entre avril et octobre. Le quatrième, l’Ibex trail, est terrestre et praticable toute l’année sauf pendant le ramadan.

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Personnellement, je garde un souvenir impérissable du Wadi Mujib à cause du site incroyable mais aussi parce que j'y ai laissé un genou, la quatrième cascade à escalader m'ayant été fatale. Il faut dire que tu ne peux progresser à l'interieur du canyon qu'en escaladant les cascades à force de bras en t'appuyant sur des cordes mais en te prenant, ce faisant, des litres d'eau à la seconde [ce qui donne une furieuse impression de ce qu'est une machine à laver]. Avec le bruit sourd qui est amplifié par les lieux et le peu d'adhérence sur la pierre mouillée, l'exercice est vivifiant mais parfois un peu trop physique au point qu'il arrive que l'on ne s'aperçoive plus les ornières creusées dans la roche que l'on pensait plate. On en ressort avec une belle entorse mais les bédouins savent les soigner, pour autant qu'on leur laisse le temps, au cours d'un thé à la menthe savoureux, d'expliquer comment [en appliquant les pierres chaudes qui avaient permis de faire chauffer l'eau ... véridique].

Le Wadi Mujib n'est pas un circuit, c'est une impasse. Donc, une fois arrivé en haut, il n'y a plus d'autre choix que de revenir sur ses pas et de désescalader ce que l'on vient d'escalader. Ça peut paraître agaçant mais, s'il y a assez d'eau, c'est véritablement un toboggan naturel fantastique qui s'offre à ceux qui redescendent. Sur les fesses, on est transporté par l'eau qui dévale et ne manquera pas de te faire serpenter entre les parois du canyon et pour peu que tu redescendes bien chaque cascade, le bassin d'eau plus chaude parce que baignée de soleil to'ffrira une baignade unique dans un site qui ne l'est pas moins.

Je te recommande néanmoins de te munir de chaussures de plage, c'est totalement indispensable sauf si tu veux te faire encore plus mal que je ne me le suis fait.
Voici quelques photos personnelles ...

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Tto, qui s'en souviendra